Écrire la vie - Annie Ernaux - 2011

Les motivations pour écrire La place

"Ce récit est né de la douleur d’avoir perdu mon père, j’ai voulu chercher à le comprendre, et donc écrire un roman sur son parcours de paysan devenu petit commerçant, sur son mode de vie. J’ai eu beaucoup de mal à écrire ce livre : j’ai commencé par lui donner la forme d’un roman, ce qui ne me convenait pas, j’ai donc décidé de raconter sa vie en relatant des faits précis, des paroles entendues."

Le choix d’une écriture plate

"L’écriture «plate», celle que j’utilisais pour écrire à mes parents lorsque j’étais jeune, s’est imposée à moi : concise, sans effet de style, sans humour. J’ai cherché à écrire de la façon la plus objective possible, sans expression des sentiments, sans complicité avec le lecteur. Cette écriture resssemble à la langue de l’univers qui a été le mien jusqu’à dix-huit ans, un monde ouvrier et paysan. Je cherche également à trouver les mots et les phrases les plus justes pour faire exister les choses, je vise en somme une écriture du réel."

(extraits de l’édition Belin-Gallimard)

"Écrire la vie"

Sous ce titre a été réunie dans la collection Quarto de chez Gallimard la majeure partie des livres d’Annie Ernaux en 2011. Voici ce qu’elle écrit à propos de la démarche qui les sous-tend.

« Écrire la vie. Non pas ma vie, ni sa vie, ni même une vie. La vie, avec ses contenus qui sont les mêmes pour tous mais que l’on éprouve de façon individuelle : le corps, l’éducation, l’appartenance et la condition sexuelles, la trajectoire sociale, l’existence des autres, la maladie, le deuil. Je n ai pas cherché à m’écrire, à faire œuvre de ma vie : je me suis servie d’elle, des événements, généralement ordinaires, qui l’ont traversée, des situations et des sentiments qu’il m’a été donné de connaître, comme d’une matière à explorer pour saisir et mettre au jour quelque chose de l’ordre d’une vérité sensible. »

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