Mise à jour lundi 14 septembre à 18h Des conseils pour bâtir le plan de votre dissertation.

Raisonnement concessif et plan dialectique

Vous êtes habitués aux sujets de dissertation qui appellent un raisonnement concessif en deux parties, ou un plan dit dialectique en trois parties. Par exemple, le sujet suivant peut donner lieu à un plan en deux ou trois parties :

Le héros de roman doit-il nécessairement être extraordinaire ?

Plan 1 : plan concessif : thèse, antithèse

  • On s’attend à ce qu’un héros soit un personnage héroïque,
  • même si en réalité "le premier homme qui passe est un héros suffisant" (Zola).

Plan 2 : plan dialectique : thèse, antithèse, dépassement dans un troisième temps

  • On s’attend à ce qu’un héros soit un personnage héroïque,
  • même si en réalité "le premier homme qui passe est un héros suffisant" (Zola).
  • de sorte que la notion de héros de roman, différente de celle de personnage extraordinaire, doit être redéfinie.

Plan thématique

Certains sujets de dissertation n’appellent pas, en revanche, une discussion de type "pour / contre", mais un plan dit thématique : vous étudiez la question sous plusieurs angles.

Il convient de réfléchir par strates, d’envisager le sujet sous toutes ses facettes. Chaque partie correspondra alors à un champ de réflexion.

Exemple de sujet (objet d’étude : La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation...)

Comment la littérature permet-elle de faire réfléchir l’homme à sa condition ?

Initié par l’adverbe interrogatif "comment", ce sujet appelle des réponses qui sont autant de moyens. On pourrait le reformuler ainsi : De quels moyens dispose la littérature pour faire réfléchir l’homme à sa condition ?

1. La littérature de fiction enrichit notre existence avec d’autres vies.

Roman, théâtre, émotions suscitées par l’écriture poétique : la littérature donne à voir d’autres vies, fictives ou non, qui peuvent susciter une forme d’identification au personnage, et qui nous font découvrir une autre vision du monde que la nôtre, une autre histoire, parfois un autre monde et une autre humanité possible.

2. La littérature nous donne un accès privilégié à une autre conscience, celle de l’écrivain.

Nous pénétrons la conscience d’un auteur, qu’il soit contemporain ou non, quel que soit le type d’œuvre, en particulier avec les genres de l’autobiographie : des Essais de Montaigne aux récits d’Annie Ernaux, ces genres nous permettent d’adopter une vision riche et authentique de l’existence et du monde, de suivre parfois les méandres d’une réflexion personnelle éloignée de la nôtre, d’explorer la conscience mise à nu d’un poète (cf. Mon cœur mis à nu de Baudelaire).

3. La littérature, véritable dialogue à distance avec le lecteur, offre une infinité de modalités de réflexion.

Les textes ayant une dimension ou une visée argumentative produisent des effets très variés sur le lecteur, pour nous sensibiliser et nous faire réfléchir : l’implicite d’une fable, l’émotion suscitée par le lyrisme d’un poème, la compassion produite par le tragique...

Plan analytique

Sujet

Le théâtre est-il toujours un lieu de conflit ?

Le plan analytique est une variante, en quelque sorte, du plan thématique. Au diable les étiquettes : il s’agit d’examiner une notion et ses implications. Ici, par exemple, on va envisager les formes de conflit au théâtre, pour déployer tous les sens du terme, avant d’analyser la fonction (ou le rôle) du conflit dans une pièce, puis sa portée (c’est-à-dire ce qu’il signifie).

Exemple de plan

1. Au théâtre, les conflits représentés revêtent un certain nombre de formes, qu’il convient en premier lieu d’examiner.

(Que sont ces conflits ?)

2. Le conflit joue par ailleurs différents rôles dans une pièce de théâtre, qu’il nous faut interroger.

(Quel rôle jouent-ils dans une pièce?)

3. Enfin, les conflits et leur résolution sur la scène sont porteurs de significations diverses.

(Quel sens ont-ils?)

Même plan avec les arguments autour desquels former les sous-parties

1. Au théâtre, les conflits représentés revêtent un certain nombre de formes, qu’il convient en premier lieu d’examiner.

Conflits politiques, sociaux, amoureux, intérieurs...


2. Le conflit joue par ailleurs différents rôles dans une pièce de théâtre, qu’il nous faut interroger.

Rôle dans l’intrigue, effets comiques, effets tragiques...


3. Enfin, les conflits et leur résolution sur la scène sont porteurs de significations diverses.

Critique d’un défaut universel (l’hypocrisie vaincue dans Le Tartuffe), éloge de la ruse ou célébration de la folie joyeuse dans Le Bourgeois gentilhomme, éloge d’un idéal épris de justice dans Antigone, triomphe de l’intelligence sur les inégalités dans Le Mariage de Figaro, triomphe de l’amour fraternel malgré la persistance des haines recuites et des jalousies familiales dans Le retour au désert, mise en lumière dans le dénouement de Phèdre de l’effet dévastateur des passions...

Attention toutefois : n’ayez pas l’obsession du type de plan.

Cela a déjà été dit de nombreuses fois, ne gaspillez pas votre temps, en devoir comme en examen, à chercher le "type de plan" à adopter. Un plan est pertinent dès lors qu’il permet de traiter les aspects essentiels du sujet selon une logique progressive, avec deux ou trois parties relativement équilibrées entre elles.

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