Rappel du sujet

Le héros de roman doit-il éprouver des sentiments passionnés pour intéresser le lecteur ?

(DST n°2, 12 novembre 2015)

Éléments de corrigé

Introduction

Amorce pour amener le sujet, qui s'appuie sur la notion de personnage Comme le suggère le mot “personnage”, le héros de roman ressemble à une “personne”. Ainsi se voit-il prêter des sentiments, parfois très forts, par le romancier. Il convient donc de s’interroger sur le rôle joué par ces sentiments auprès du lecteur. Énoncé du sujet. Surtout pas de guillemets ! Le héros de roman doit-il éprouver des sentiments passionnés pour intéresser le lecteur ? Explicitation, problématisation du sujet : en deux ou trois phrases, on tente d'éclairer les enjeux du sujet, et au minimum, les présupposés de la question Une telle question présuppose que l’on attend généralement d’un héros de roman qu’il éprouve des sentiments très forts. Elle incite à examiner les différents sentiments ressentis par ces personnages à part que sont les héros : leur nature, leur intensité, leur singularité, et les effets qu’ils produisent sur le lecteur. Elle laisse également ouverte la possibilité qu’un héros nous intéresse, même s’il n’éprouve aucun sentiment passionné. Annonce du plan En premier lieu, nous verrons comment un héros de roman qui éprouve des sentiments passionnés peut susciter notre intérêt. Puis nous nous demanderons si un héros dépourvu de tels sentiments demeure intéressant. Enfin, nous serons amenés à mettre au jour les ressorts qui peuvent rendre un personnage passionnant, quels que soient les sentiments que lui prête le romancier.

Remarque sur la troisième partie
Répétons-le, cette dernière partie n’est pas obligatoire. Elle permet de dépasser l’alternative sentiments passionnés / absence de sentiments passionnés, tout en restant dans le sujet.

Conclusion

Bilan de chaque partie En conclusion, nous avons vu qu’un héros de roman aux prises avec des sentiments passionnés était particulièrement propre à susciter notre intérêt : les émotions qui l’animent contribuent à l’illusion romanesque, le distinguent des autres personnages et favorisent l’identification du lecteur. Néanmoins, qu’un héros en soit dépourvu peut également se révéler passionnant : son apathie affective l’humanise et donne à voir une part du mystère de l’hommme. En réalité, en dehors des sentiments que lui prête le romancier, le héros de roman dispose de nombreux atouts pour nous séduire. Bilan synthétique : réponse à la question posée en introduction Il n’est donc pas impératif qu’il éprouve des sentiments passionnés pour nous intéresser. Ouverture : pensez à une notion présente dans le sujet, ici l’intérêt du lecteur, et ouvrez la perspective Le plaisir et l’intérêt de lire un roman résident peut-être d’ailleurs dans la nature paradoxale du héros, création et créature à la fois proche et infiniment différente du lecteur que nous sommes.

Squelette de la première partie

Je rappelle que vous serez vraiment efficaces en préparant au brouillon les phrases charnières : introduction de chaque partie avec l’idée directrice, première phrase de chaque paragraphe énonçant un argument. En les recopiant au propre, vous n’aurez que quelques ajustements à faire : évitement des répétitions, insertion de liens logiques. Votre devoir sera d’autant plus clair que vous aurez pensé ces phrases à l’avance. Et cela vous obligera à énoncer les arguments au début de chaque paragraphe, alors que les arguments sont souvent induits : ils sont le produit d’une réflexion sur les exemples.

Idée directrice du I
Examinons en premier lieu les raisons pour lesquelles le héros de roman, lorsqu’il éprouve des sentiments passionnés, est particulièrement à même d’intéresser le lecteur : idéalement, facultativement, annonce des sous-parties de tels sentiments favorisent l’illusion référentielle, lui confèrent sa singularité et permettent au lecteur de s’identifier à lui.

Argument du I, 1
Premièrement, un héros traversé de sentiments passionnés donne vraiment l’air d’exister et de ressembler à une personne.

Argument du I, 2
De surcroît, les sentiments qui l’animent font vraiment de lui le héros du roman, en le distinguant des autres protagonistes.

Argument du I, 3
Enfin, découvrir des sentiments passionnés chez le héros favorise l’identification avec lui.

Sous-partie rédigée

Argument du I, 1 Premièrement, un héros traversé de sentiments passionnés donne vraiment l’air d’exister et de ressembler à une personne. Développement de l’argument Ses sentiments lui donnent une certaine épaisseur psychologique qui le rapprochent de l’être humain, bien qu’il soit un être de papier. Dès lors, quand ils sont passionnés, portés à incandescence, les sentiments animent le personnage dans l’imagination du lecteur. Développement d’un exemple précis Il en va ainsi de l’effet produit sur le lecteur par Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir. Dans la première partie du roman, un sentiment de devoir, fait d’orgueil et d’aspiration à un idéal hérité du modèle chevaleresque, le pousse à séduire Madame de Rênal, sans qu’il soit pour lui question d’amour encore. C’est l’ambition qui le dévore et le rend d’autant plus intéressant que ce sentiment étouffe sa sensibilité : il interprète plus ou moins bien les réactions de la mère de ses élèves. C’est seulement après que l’amour le gagne. Cette succession de sentiments exacerbés, cet entremêlement de passions parfois contradictoires le rendent vraisemblable et très humain. Conclusion du paragraphe Les sentiments passionnés donnent donc de la chair au personnage et favorisent ainsi l’illusion référentielle.
Idée directrice du I, 2 De surcroît, de tels sentiments font du héros un personnage à part. …

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