Comme promis, si cela peut vous donner des idées, vous indiquer une marche à suivre, une structure à imiter, je vous propose de retrouver ci-dessous les propositions de plans de vos camarades.

Je rappelle que lundi, vous me rendez une ébauche de dissertation, à savoir une introduction et une partie complète. Inutile d’indiquer le plan après votre devoir : l’annonce de plan en introduction me renseignera.

Enfin, vous trouverez aussi, dans la rubrique "À lire aussi", des liens vers des conseils méthodologiques.

Bonne lecture et bon courage !

J’en profite pour remercier Léa, Rachel et Félicien, et saluer l’intérêt de leur travail.

Rappel des sujets

1. Selon vous, le maître au théâtre reste-t-il toujours le maître ?
2. Au théâtre, la relation maître-serviteur a-t-elle uniquement pour but de faire rire ?
3. Pourquoi le couple du maître et du serviteur est-il un tandem privilégié au théâtre ?


Plan de Léa (sujet 1)

I. Les maîtres restent les maîtres en raison de leur statut social, de leur noblesse et de leur retenue.
II. Ils sont petit à petit désavoués car ils n’ont pas le contrôle de l’action.

Observations

Ce plan se tient tout à fait, avec quelques légers ajustements.
La locution "petit à petit" est juste : elle montre que le verbe "rester", très important dans le sujet, a bien été pris en compte. On ne se demande pas si le maître au théâtre est toujours le maître (ce serait un autre sujet), mais si dans la dynamique de la pièce, son pouvoir est déstabilisé, voire renversé. Dans le même ordre d’idées, en II, on pourra remplacer "ils n’ont pas" par "ils perdent", plus dynamique.

Sur la forme, on gagnera à modaliser le propos (pour mémoire, la modalisation consiste à indiquer, par différents procédés, le statut que l’on donne à son propos : s’il est vrai, probable, possible, général, ponctuellement vrai, etc.).

Sur le fond, le mot "noblesse" est à reconsidérer dans la première partie : il est intéressant de par sa polysémie (noblesse sur le plan social, noblesse symbolique ou noblesse d’âme). Mais pour ce qui est de son sens premier, il peut poser problème : tous les maîtres ne sont pas des aristocrates, tant s’en faut : songez aux maîtres bourgeois des comédies de Molière. Le terme "retenue" pourrait poser difficulté lui aussi : peut-être peut-on le remplacer par "maîtrise de soi".

Cela peut donner :
I. Souvent, les maîtres restent les maîtres en raison de leur statut social et de leur maîtrise d'eux-mêmes.
II. Mais dans de nombreuses pièces, ils sont petit à petit désavoués car ils perdent le contrôle de l’action.


Plan de Rachel (sujet 1)

I. L’égalité n’est pas acceptée par les maîtres.
II. Les rôles sont inversés, mais les maîtres rappellent à qui appartient le pouvoir.

Observations

Le plan fonctionne, à une réserve près : la formulation de la première partie gagnera à être davantage fondée sur les termes de la question. La formulation de la seconde partie est pertinente telle quelle ; je propose de la lier à la première et de la dynamiser par un "Si" introductif (qui efface donc le "mais" qui suit).

L’intérêt de ce plan est qu’il s’achève sur l’idée que les maîtres conservent, in fine, leur pouvoir - ce qui est souvent le cas.

Nous pourrions le retravailler de la sorte :
I. Les maîtres cessent parfois de dominer et ne l'acceptent pas.
II. Si (ou Mais si) les rôles sont inversés, les maîtres rappellent souvent à qui appartient le pouvoir.


Plan de Félicien (sujet 2)

I. La relation maître-serviteur est porteuse de comique.
1. Le maître est ridiculisé.
2. Les rôles sont inversés.

II. Mais c’est aussi une relation qui fait réfléchir.
1. C’est une remise en question du / des maître(s).
2. Elle rend les serviteurs plus forts et plus humains.

III. Le théâtre est le lieu d’une confrontation constante.
1. La relation maître-serviteur offre une confrontation de points de vue.
2. Le théâtre est un lieu qui met en scène des rapports de force.

Observations

Suivant en cela ce que je vous conseillais cette semaine, j’ai parfois reformulé en phrases complètes les intitulés de parties de Félicien. Par exemple, "Le théâtre : une confrontation constante" en III donne "Le théâtre est le lieu d’une confrontation constante". Pensez le plan sous forme de phrases, quitte à avoir l’impression, au brouillon, que vous perdez un peu de temps. Vous en gagnerez en réalité, et vous disposerez d’une part de phrases charnières très lisibles pour le correcteur (le "squelette" de votre copie apparaîtra plus clairement s’il a été pensé ainsi), et d’autre part d’une annonce de plan prête à l’emploi, au prix d’éventuels ajustements syntaxiques et lexicaux.

Le plan de Félicien pourrait déjà très bien fonctionner avec ses deux premières parties. Mais la troisième offre un dépassement des termes de la question (sans sortir du cadre du sujet cependant).

Seul élément à retravailler probablement - mais peut-être n’ai-je plus à présent le souvenir précis de ce que votre camarade entendait exactement développer ici - : la seconde sous-partie sur les rapports de force. Par ailleurs, je remplacerais, en II, 2, l’adjectif "forts" par "étoffés" ou "denses", l’idée étant bien qu’en effet, l’inversion des rôles leste souvent (pas toujours) le serviteur d’une densité de caractère nouvelle. Ruy Blas en est le parfait exemple.

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