Je reviens ici en quelques mots et quelques pistes sur l’extrait de Phèdre que vous aviez à commenter dans le cadre de votre second DST de français.


Les compétences évaluées dans le DST

Ce sont celles qui sont évaluées au Bac ; je les explique ci-dessous, dans la perspective qui était celle du commentaire de l’extrait de Phèdre.

Bien entendu, le niveau attendu en fin de Première n’est pas exigé aujourd’hui, mais c’est bien l’acquisition des mêmes compétences, aujourd’hui en cours, qui est mesurée.

Lire, analyser, interpréter

Savoir rendre compte du sens du texte, au travers d’un projet de lecture pertinent et d’interprétations elles aussi pertinentes.

Mobiliser sa culture littéraire

Savoir exploiter les connaissances dont vous disposez, qui seraient nécessaires pour étayer votre interprétation du texte à commenter. Ici, il fallait mobiliser votre culture littéraire sur les points suivants : le théâtre, la tragédie, l’écriture versifiée, les figures de style et tous les autres éléments relatifs à l’écriture de ce texte en particulier - vous étiez aidés par la page de conseils.

Construire un jugement argumenté

Savoir convaincre de la pertinence du projet de lecture, savoir organiser le devoir, de la structure d’ensemble à la structure de chaque section du devoir (introduction, parties et sous-parties, triptyque sens-forme-citations).

Maîtriser la langue

Savoir orthographier, recourir à un vocabulaire précis et pertinent, rédiger dans une langue syntaxiquement correcte, assurer la cohérence et la progression du propos.


Pistes de corrigé

Projets de lecture possibles

Projet A

Nous verrons en quoi, dans cette scène tragique, Phèdre cède involontairement à sa passion et avoue son amour à Hippolyte.

Projet B

(formulation plus générale, qui se situe au niveau du dramaturge)

Nous verrons en quoi Racine propose ici une scène dans laquelle la folie amoureuse pousse tragiquement le personnage à un aveu involontaire et fatal.

Annonces de plans possibles

Plan en deux parties

En premier lieu, nous examinerons comment “la folle ardeur” de Phèdre se déclare malgré elle, avant d’étudier la confusion qui s’empare d’elle.

Plan en trois parties

En premier lieu, nous nous interrogerons sur le rôle de l’ombre portée de Thésée sur cete scène. Puis nous examinerons l’expression de la passion amoureuse de Phèdre, avant de voir en quoi elle l’engage dans une folie que métaphorise l’image finale du labyrinthe.

Exemples de remarques qui conjuguent interprétation, analyse littéraire et citations

Exemple 1 : l’expression de l’amour de Phèdre (une remarque de sens, une analyse littéraire, une citation)

L’amour de Phèdre s’exprime avec une force grandissante, comme si le fait de s’adresser à Hippolyte le faisait croître, ou donnait plus d’élan à la reine, même si c’est encore le nom de Thésée qu’elle prononce. Ainsi, les verbes se succèdent sur le mode de la gradation au vers 17 :
“Oui, Prince, je languis, je brûle pour Thésée”.

Exemple 2 : la superposition des personnages de Thésée et d’Hippolyte, révélatrice de l’amour de Phèdre et des raisons qui, probablement, en sont à l’origine

La déclaration de Phèdre n’en est pas vraiment une ; c’est plutôt un aveu involontaire. Mais en s’efforçant de dissimuler ses sentiments derrière le paravent de ceux qu’elle dit éprouver pour son époux, Phèdre superpose progressivement les figures du père et du fils. Le spectateur comprend alors qu’Hippolyte est aimé comme un Thésée sans défauts. C’est ce que souligne l’inflexion du discours de Phèdre aux vers 18 à 21, par le jeu des termes d’opposition et les adjectifs “fier”, “farouche”, “charmant” et “jeune” qui caractérisent Hippolyte :
“Je l’aime, non point tel que l’ont vu les enfers,
Volage adorateur de mille objets divers (…)
Mais fidèle, mais fier, et même un peu farouche,
Charmant, jeune (…)”

Ce sont là des exemples destinés à vous rappeler le fondement de tout commentaire : il s'agit d'expliquer le sens d'un texte (c'est l'interprétation), et la façon dont ce sens se construit en observant les choix d'écriture (c'est l'analyse littéraire).

Ces remarques ne seraient bien sûr pas isolées, mais intégrées dans une sous-partie donnée.

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