Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu rédigé par Félicien, que je remercie ici vivement, ainsi que les habituels compléments - synthèse, questions possibles.

Mise à jour du samedi 25 mars : j'ai mis en annexe le bon fichier cette fois, et non le document vierge d'annotations que j'avais proposé par erreur.

Attention, dans les premiers éléments qui portent sur les signes avant-coureurs de l’assaut, les numéros de pages renvoient à mon édition, plus ancienne que la vôtre. Le temps m’a manqué jusqu’ici pour revoir les bons numéros de pages, qui doivent se situer à quelques pages de celles indiquées.


Synthèse

  • Ce passage s’ouvre en premier lieu sur un étonnant paragraphe, comme un îlot dans le récit, détaché de la narration, et porteur d’une morale énigmatique et imagée. Immédiatement après, le récit reprend à partir d’un mauvais réveil, écho et contrepoint du réveil doucement euphorique à la maison-forte, au début du roman ; c’est aussi un écho inversé de la rencontre avec Mona. Le sentiment de réversibilité des signes que nous avions en lisant se trouve ici pleinement vérifié : tous semblent inversés.
  • La guerre survient sous la forme d’un assaut littéralement inhumain : brutal, animal, apocalyptique, mais sans trace d’homme (comme si Grange était le dernier). L’aspirant se sent assailli en même temps que la nature, comme s’il avait fusionné avec la forêt.
  • C’est enfin un assaut irréel qui est donné à voir : Grange ne prend conscience de ce qui se passe que par petites touches (on pourrait tout à fait, en ouverture, songer à la découverte de Waterloo par Fabrice del Dongo) ; malgré la brutale apparition de la guerre, le monde est toujours voilé par une perception qui laisse libre cours à l’imaginaire. La métaphore aquatique, à la fin de l’extrait, déréalise par exemple le surgissement de l’aviation.

Rappel sur la composition de l’extrait

  • L’étonnant paragraphe au présent gnomique, qui ouvre le passage, formule une image complexe liant la violence à l’animalité des hommes, en réinvestissant la métaphore du viol du passage précédent.
  • Le réveil et la visite de la chambre de mine se font pour Grange dans une atmosphère de « château de la Belle au bois dormant ».
  • La guerre survient mais demeure irréelle : en témoignent les passages sur la fuite sous la mitraille et sur l’aviation comme un banc de poissons.

Complément

Si vous souhaitez en savoir plus, sous trouverez sur cette page des documents sur l’invasion allemande en mai 1940, en Ardenne, avec une section dévolue à la bataille de Monthermé, modèle de la ville de Moriarmé.


Questions possibles

  • Quelle image de l’assaut ce passage offre-t-il ? (bien penser au fait que la vision de l’assaut que construit le lecteur n’est pas exactement celle de Grange, même si le point de vue interne nous rend tributaire de sa vision à lui)
  • Quelle vision Grange a-t-il de l’assaut ? (variante moins intéressante que la première question, je pense)
  • En quoi et pourquoi ce texte résonne-t-il avec la découverte de la maison-forte par Grange ?
  • Qu’est-ce qui confère à ce déclenchement de la guerre une dimension apocalyptique ?
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