Voici un exemple de ce que vous pouviez faire le 16 décembre : un paragraphe argumenté illustré par une scène de Phèdre. Ce n’est pas un modèle, mais une suggestion.

Revoyez la structure du paragraphe et la manière dont l’exemple étaye l’argument en étant progressivement déployé.


Le théâtre est particulièrement à même de révéler la complexité de l’âme humaine. En effet, par leur parole et leur attitude, les personnages se livrent les uns aux autres, ou au moins, au spectateur. Par exemple, dans Phèdre, Racine explore ce qu’il y a de plus tortueux et de plus profond en l’homme grâce à l’amour de cette dernière pour Hippolyte. À l’acte II, la reine, qui a jusque-là et en vain usé de nombreuses stratégies pour se défaire de son amour pour son beau-fils, doit aller à sa rencontre pour protéger l’enfant qu’elle a eu avec Thésée. Mais la vue d’Hippolyte et l’évocation de Thésée, que l’on dit mort, conduisent Phèdre à avouer son amour. Or elle formule un aveu indirect, peu clair, à l’image du labyrinthe qui enfermait le Minotaure et dans lequel elle aurait aimé se trouver elle-même avec le jeune homme. Ni tout à fait mensonge, ni tout à fait aveu, sa tirade exprime donc ce que l’âme humaine a de plus complexe : les désirs, les efforts pour les dominer, les taire ou les suggérer sans choquer.

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