Voici quelques propositions de lectures : choisissez et procurez-vous au moins l’une de ces œuvres.

Un conte philosophique de Voltaire… (lecture vivement recommandée)

  • Un conte philosophique de Voltaire, par exemple La Princesse de Babylone ou L’Ingénu : ces deux contes philosophiques existent d’ailleurs dans un même volume publié chez Garnier-Flammarion. Découvrez la légèreté et l’ironie de Voltaire dans l’un de ces deux récits, emblématiques du genre qu’il invente alors, le conte philosophique. Autre et plus fameux conte de Voltaire encore : Candide ou l’Optimisme.

Lire un conte de Voltaire, c'est découvrir la force de son ironie, c'est comprendre comment il a tenté d'éveiller les consciences pour les sensibiliser aux problèmes de son temps. C'est, bien entendu, étoffer votre culture littéraire et générale.

et / ou une œuvre en lien avec les Lumières

  • Sang négrier, nouvelle parue dans le recueil Voyages en terres inconnues de Laurent Gaudé. L’histoire d’esclaves qui s’échappent d’un bateau négrier à l’époque du sinistre commerce triangulaire. Je vous le conseille, mais la lecture est nécessairement brève ; je vous invite donc à assortir cet ouvrage d’un autre livre parmi ceux proposés ci-dessous.
  • Le diable s’habille en Voltaire de Frédéric Lenormand (série Voltaire mène l’enquête) : roman policier et conte voltairien à la fois, ce livre vous permettra de vous immerger dans le Paris du XVIIIe, d’en saisir les contradictions, au fil d’une lecture légère et plaisante.
  • Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Dans Candide, le héros éponyme découvre un pays utopique, l’Eldorado ; Huxley, au XXe siècle, invente quant à lui une contre-utopie, l’une des plus célèbres de la littérature, avec Fahrenheit 451 de Ray Bradbury (autre lecture possible, même si ce livre est souvent lu avant le lycée).
  • Tout va pour le mieux ! d’Alain Monnier : il s’agit d’une réécriture de Candide, transposée à notre époque. Autre lecture amusante, mais qui a plus de saveur quand on a déjà lu un conte de Voltaire.

Lenormand-Voltaire_mene_l__enquete.jpg

Ou le Prix du meilleur roman de la 1ère L en 2016 : Debout-payé de Gauz

Vous retrouverez dans ce roman paru en 2014 toute l’ingéniosité du regard neuf sur la France, à la manière (mais très revisitée) d’un Montesquieu.

Quatrième de couverture

Debout-payé est le roman familial d’Ossiri, étudiant ivoirien sans papier atterri en France dans les années 1990 pour démarrer une carrière de vigile. C’est l’histoire d’un immigré, de l’enfer qu’il vit pour se loger et pour travailler, et du regard qu’il pose sur notre pays. C’est aussi un chant en l’honneur d’une famille où, de père en fils, on devient vigile à Paris, et plus globalement en l’honneur de la communauté africaine, avec ses travers et sa générosité. Gauz distingue trois époques mythiques du métier de vigile, et aussi des relations entre la France et l’Afrique : l’âge de bronze dans les années 1960 (la Françafrique triomphante), l’âge d’or dans les années 1990, et l’âge de plomb, après les événements du 11-Septembre.

Cette épopée est ponctuée par des interludes : les choses vues, entendues et pensées lorsque Gauz travaillait comme vigile au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-élysées. L’auteur est caustique, tant à l’endroit des patrons que des client(e)s, avec une fibre sociale et un regard très aigu sur les dérives du monde marchand contemporain, saisies dans ce qu’elles ont de plus anodin –; mais aussi de plus universel.

Un portrait saisissant de la société française, drôle, riche, sans concession, et un témoignage inédit de ce que voient vraiment les vigiles sous leur carapace.

Gauz-Debout-paye.jpg

ImprimerIMPRIMER