Je vous propose ici un corrigé qui exploite presque entièrement les propositions de Lola, Jeanne et Basile. J’en profite pour les remercier ici de leur contribution.

J’ajoute un conseil simple à mettre en œuvre pour trouver des arguments en DST.


Rappel sur l’exercice à faire pour mardi 17 : rédaction d’une partie de dissertation

Rappel du sujet : La littérature n’est-elle qu’un divertissement ?

Variante donnée dans l’un des deux groupes :

Pensez-vous que la littérature ne soit qu’un divertissement ?


Proposition de corrigé

Attention : je ne peux pas proposer d'alinéas, contrairement à ce que vous devez faire sur votre copie. Je suis obligé ici de faire des sauts de ligne. Sur un document manuscrit, vous ferez cinq alinéas : phrase introductive, sous-parties 1, 2 et 3, phrase conclusive. Pas de saut de ligne au sein d'une même partie de dissertation.


En première analyse, il convient d’examiner en quoi la littérature est un divertissement.

Si la littérature peut être considérée comme un divertissement, c’est en premier lieu pour le plaisir qu’elle procure au lecteur. L’une des sources de ce plaisir repose sur l’identification du lecteur ou, au théâtre, du spectateur au personnage. Ainsi, dans Cendrillon de Joël Pommerat, une jeune fille nommée Sandra se laisse exploiter par sa belle-mère et ses deux belles-sœurs. Le père de Sandra demeure quant à lui désemparé face à la situation. Sandra finit par se révolter, ce que le spectateur pouvait espérer d’elle, après s’être attaché et identifié à elle. Le ton et les manières soudain mûrs de la jeune fille favorisent cette identification, ce plaisir, et donc, ce divertissement.

En outre, la littérature divertit en ce qu’elle permet de se détourner et de se libérer provisoirement des contraintes de la réalité quotidienne. Certains romans permettent au lecteur de laisser libre cours à son imaginaire. C’est notamment le cas de L’homme qui rétrécit de Richard Matheson. Les angoisses du héros prennent d’autant plus d’ampleur que sa taille se réduit et que l’auteur joue avec la réalité. Au premier chapitre, le personnage est oblité de fuir une araignée pour atteindre une petite malle remplie de miettes de biscuit. Le travail d’imagination du lecteur, qui suit le héros dans sa vie déroutante, est alors vraiment source d’évasion loin de la réalité.

Enfin, la littérature est un divertissement dans la mesure où elle permet au lecteur, en particulier dans le roman et le théâtre, de vivre des émotions variées et réelles par le truchement de personnages fictifs. Certaines scènes, particulièrement fortes, produisent un tel effet sur le lecteur. Ainsi de l’épisode du meurtre de Camille par Laurent, son meilleur ami, et Thérèse, sa femme, dans Thérèse Raquin d’Émile Zola. Camille noie Laurent tandis que Thérèse, figée, observe la scène. La description du meurtre suscite le dégoût et l’effroi, même si les personnages de Camille et Thérèse demeurent bouleversants de vérité. Les personnages et leurs actions sont bien ici la source d’émotions riches et diverses pour le lecteur.

Ainsi, la littérature est bel et bien un divertissement : l’identification aux héros, les plaisirs de l’évasion ou encore les émotions qui naissent à la lecture sont autant de possibilités de se divertir. La phrase conclusive reprend les apports des trois sous-parties en proposant une formulation nouvelle et concise qui évite toute répétition.


Comment trouver des arguments ?

Plusieurs façons de faire existent.

1. On l’a vu : l’analyse des mots-clés du sujet oriente la réflexion vers plusieurs directions (ici, plaisir, évasion, émotions). Mais pour le DST du jeudi 19, vous aurez une idée directrice de partie déjà imposée.

2. On peut se demander “pour quelle raison” on peut dire que la littérature est un divertissement. Ainsi, l’une des raisons, c’est qu’un roman permet au lecteur de s’identifier au héros, ce qui est une source de plaisir et de divertissement.

2 bis. On peut aussi se demander “comment” ou “par quel moyen” la littérature divertit le lecteur. On trouvera, entre autres, des arguments comme ci-dessus, liés à ce qui fait la littérature (des personnages, des histoires, des univers…).

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