Notre séance de demi-groupe est placée sous le patronage de Baudelaire et sous le signe de l’invention.


Consignes

  • Choisissez et faites l’un des exercices indiqués ci-dessous.
  • Après la séance, vous recopierez votre texte en cliquant sur “Ajouter un commentaire” en bas de cette page.
  • Au début de votre commentaire, vous indiquerez de quel exercice il s’agit (piste 1, 2, 3…)

Pistes d’écriture

Pour chacune de ces pistes, vous avez le droit de considérer les "Tableaux parisiens" et plus largement Les Fleurs du Mal comme un matériau en partie utilisable. Vous pouvez très bien reprendre ou réécrire, par exemple, une "attaque" comme celles, fameuses, que je reproduis ci-dessous.

Fourmillante cité, cité pleine de rêves…

Voici le soir charmant, ami du criminel…

La rue assourdissante autour de moi hurlait.


1

Écrivez un quatrain d’alexandrins qui mette en scène Paris et qui pastiche les vers de Baudelaire dans les “Tableaux parisiens”.

Le pastiche n'est pas obligatoirement parodique ; c'est avant tout un exercice de style fondé sur l'imitation.


2

Écrivez un court poème en prose qui fasse l’éloge de la rue, comme Baudelaire faisait celui des “Fenêtres” dans le poème éponyme.


3

Réécrivez “À une passante” en changeant de point de vue : votre sonnet, intitulé par exemple “À un extravagant”, sera écrit par la passante qui croise Baudelaire.

Il est éventuellement possible d’écrire, comme Jacques Roubaud, un sonnet en prose, avec quatre paragraphes ; les deux derniers, analogues aux tercets du sonnet traditionnel, seront plus brefs que les deux premiers.


4

(Autre réécriture de “À une passante”)

Dans un poème en vers ou en prose, faites le récit lyrique et désenchanté d’une apparition.

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Commentaires

1. Le lundi 27 février 2017, 19:13 par Pierre-Louis Serre

Titre : Ô cruelle beauté

Je ne pouvais m'empêcher de regarder,
La partition qu'elle me donnait à imaginer.
Il n'y avait nul autre mélodie,
Que celle de cette fille éblouie.

Vêtue d'une robe bleue,
A l'image de ses rêveries qu'elle laissait flânées,
Elle berçait par sa beauté le lieu.
Elle était une noble statue, agile et appréciée.

Une fausse note...et la lumière revint !
Le lieu se réveillait dans un monde qui soudain,
Fut confronté à la dur réalité,
Et ailleurs bien loin d'ici, à la fugitive beauté.

Les personnes observaient avec compassion,
La mélodie endiablée d'un amour si prompt,
Cédant à une jeunesse effrontée,
Et au fracas sourd d'une note faussement jouée.

2. Le lundi 27 février 2017, 19:51 par Sophie

Voilà mon quatrain d'alexandrin, respectant la consigne n°1 :
Les pavés frémissants sous les pinceaux habiles,
Couvrent les amoureux d'une douceur futile,
Où chaque pas prolonge les mystères égarés,
Comme autant de secrets à vouloir dévoiler.

3. Le lundi 27 février 2017, 20:07 par M. Danset

Râââh j'aime beaucoup !!!

4. Le lundi 27 février 2017, 20:08 par M. Danset

Promis je ferai plus constructif la prochaine fois.

5. Le lundi 27 février 2017, 20:47 par Félicien

Bon, on dirait peut-étre plus du Edgar Poe— avec le génie en moins bien sûr !— ; mais vu que Baudelaire a traduit du Edgar Poe ça coincide toujours avec la consigne n°2

J’ai laissé ouvert les volets afin de me réveiller plus tôt, mais jusqu’à présent je n’ai pu ni m’abandonner au sommeil, ni demeurer tout à fait éveillé. J’ai regardé les toits d’en face, j’ai aperçu de mon lit des coulées de blancheur noirâtre, j’ai vu le rouge des tuiles noyé d’une couleur sans couleur, des arbres tordus, des gouffres repus de catins, des masses squelettiques cliquetantes comme mon horloge : ma si lente horloge ! Le son refoulé—gorgé longuement retenu—a éclaté en sanglots comme des pleureuses.
Il pleut.
Longtemps, dans la clarté lunaire, le vent agitait quelque chose de vague, qui faisait de l’ombre en bougeant. Le halo s’éteignait, il réapparaissait, puis s’éteignait. Il semblait parfois se convulsait. Cette lueur mouvait comme un mollusque, laissant des filets de bave, elle semblait s’agripper péniblement à ma porte, sale et visqueuse. « Tu es venu rejoindre ton semblable ? » lui demandais-je. Ma seule réponse fut l’écho traversant les pavés. Exaspéré comme un ivrogne, je renouvelais mon amère question. « Tu es venu rejoindre ton semblable ? » lui demandais-je. Ma seule réponse fut l’écho traversant les pavés. Alors bouillonnant avec un bruit d’orage, je fis claquer ma mâchoire et crisper mes chairs. « Débris d’humanité ! Retourne chez toi, maudit seras-tu dans la ville et maudit seras-tu dans les champs ! Maudit seront le fruit de ton ventre, et le fruit de ton sol ! Maudit seras-tu quand tu entreras, et maudit seras-tu quand tu sortiras ! » Ma seule réponse fut l’écho traversant les pavés. C’est là que je le sus, une glace surplombait ; entre des portes enflées : cette immonde lueur c’était mon reflet.

6. Le lundi 27 février 2017, 20:53 par Félicien Rioufol

Il est plus proche de la consigne n°4 en fait.

7. Le mardi 28 février 2017, 18:32 par Louis Vergnenaigre

Voici ce que j'avais pu écrire pendant l'heure de travail. C'est incomplet, ça ne rime pas vraiment et c'est à améliorer, mais c'est tout ce que j'ai pu écrire en une heure. Je pense que mon travail correspond à la consigne 3.

« La rue assourdissante autour de nous hurlait
Tremblant, maigre, ébahi, faiblesse puérile
Un homme reste, lesté des obsessions futiles
d'Aphrodite. Il fixe, crispé, la Muse des Dieux »

8. Le mardi 28 février 2017, 18:54 par Léo

Voici mon premier quatrain et la moitié du deuxième à partir de la consigne 4

Il erre, il la trouve, elle le tient,
Arpentant les rues, elle domine
Cette douleur intense le contient
Doucement, fragilement, il s'incline

Elle est l'éclat et la lumière
Elle marche vers la fin de ses rêves

9. Le mardi 28 février 2017, 21:50 par Lise Mompied - -Thicoïpé

Voilà l'essai du pastiche, la consigne 1:

Grave, et venant d'un pâle horizon
Où le vent mélancolique siffle et chante,
Le corbeau, ailes repliées et apaisantes
Admire, du haut de Paris, les toits enivrants.

Le tableau d'un vieux faubourg aux vacants sujets,
S'ouvre sur les ruelles d'une ville cloîtrée
Où passage et turbulences sont emmêlées
Et où calme et immensité sont oubliées.

Seul, au-dessus de la fourmillante cité,
Le corbeau perce les mystères de la vieille capitale
Qui, victime d'un complot infâme, reste inchangée,
Dans mon pauvre coeur aux humeurs fatales.

10. Le mardi 28 février 2017, 21:56 par Lise Mompied - -Thicoïpé

Excusez-moi, j'ai oublié un mot dans le premier vers du premier quatrain. Voilà le véritable pastiche.

Grave, et venant d'un pâle horizon grisonnant
Où le vent mélancolique siffle et chante,
Le corbeau, ailes repliées et apaisantes
Admire, du haut de Paris, les toits enivrants.

Le tableau d'un vieux faubourg aux vacants sujets,
S'ouvre sur les ruelles d'une ville cloîtrée
Où passage et turbulences sont emmêlées
Et où calme et immensité sont oubliées.

Seul, au-dessus de la fourmillante cité,
Le corbeau perce les mystères de la capitale
Qui, victime d'un complot infâme, reste inchangée,
Dans mon pauvre coeur aux humeurs fatales.

11. Le mardi 28 février 2017, 21:57 par Lise Mompied - -Thicoïpé

Excusez-moi, j'ai oublié un mot dans le premier vers du premier quatrain. Voilà le véritable pastiche.

Grave, et venant d'un pâle horizon grisonnant
Où le vent mélancolique siffle et chante,
Le corbeau, ailes repliées et apaisantes
Admire, du haut de Paris, les toits enivrants.

Le tableau d'un vieux faubourg aux vacants sujets,
S'ouvre sur les ruelles d'une ville cloîtrée
Où passage et turbulences sont emmêlées
Et où calme et immensité sont oubliées.

Seul, au-dessus de la fourmillante cité,
Le corbeau perce les mystères de la capitale
Qui, victime d'un complot infâme, reste inchangée,
Dans mon pauvre coeur aux humeurs fatales.

12. Le dimanche 5 mars 2017, 10:25 par Léa G

Pasticher Baudelaire...

La nuit tombe sur un crâne savamment torturé,
L'eau vient mouiller les draps devenus familiers.
La lueur de la Lune éclaire le visage
D'une perle déchue enfermée dans sa cage.

Enfant ? dit le poète, dis quels sont tes tourments ;
Un bruit envahit la pièce, un silence, lourd, pesant.
Enfant ? dit le poète, mais l'enfant n'entends plus.
Ses forces s'amenuisent, son regard s'est perdu.

Des yeux mi-clos le fixent, mais elle est déjà loin.
Ses traits changent, Morphée lui prend la main et, la Nuit
Revêt son manteau froid sur un corps endormi.
Son Soleil s'est noyé et la pâleur l'emplit.

13. Le dimanche 5 mars 2017, 21:41 par Selma Landqvist

Je pense que le premier texte se rapproche plus de la consigne n°4, et le deuxième de la n°2.
Texte 1
Je partirai vers six heures, lorsque tout dormira encore. Je baignerai mes petits pieds nus dans la terre grasse, tout en me laissant plonger dans la laideur de l’herbe décomposée. Envahit de gouttelettes fades, mon jardin s’offrira à moi. Alors, j’ouvrirai le portail et me mêlerai à la foule indiscernable de personnes pressées, me bousculant, me poussant dans tous les sens. Je hurlerai, très fort, dans cette masse. Je n’aurais pas dû y aller, penserai-je alors très fort. Je m’efforcerai d’avancer parmi ces silhouettes, tout s’accélèrera, le fluide de la foule m’emportera. Sentant un souffle caresser lentement ma joue, je lèverai mon regard et apercevrai, un instant, le visage innocent d’une jeune fille. Le temps s’enfuit, tout s’arrête, comme si le brouillard qui l’entoure la rendait invisible. Je tends ma main, tente de l’atteindre. Mais le brouillard s’épaissit, elle disparaît, emportée par les vagues, me laissant seule, abandonnée. Mes oreilles saignent, le brouhaha de la foule m’atteint, brouhaha insupportable, tous crient maintenant, et marchent, encore, encore, sans s’arrêter.

Texte 2
La silhouette meurtrie des immeubles de banlieue défilent derrière la vitre sale du train. Bientôt la lumière se fait rare pour laisser place à la pénombre et un bruit assourdissant vient taper nos oreilles. La vitre nous apparaît plus clairement. On distingue à présent chaque rayure, chaque saleté, tous ces détails qui étaient à l’instant masqués par les bâtiments délabrés. Nos regards se perdent de nouveau devant cette vitre. Encore ce bruit assourdissant. En face de nous, deux reflets apparaissent et disparaissent au rythme de la lumière. Ils restent immobiles, se laissent bercer par les secousses du train qui ne cesse d’avancer. Ils vont, sans but, vers un destin macabre.

14. Le dimanche 5 mars 2017, 21:59 par Anaïs de Foucauld

Réécriture de "À une passante" en changeant de point de vue (exercice 3):

La rue assourdissante autour de moi hurlait
Courbé, mince, dans une profonde réflexion,
Assis, yeux entrouverts, se posant des questions,
Cet homme n'avait rien d'exceptionnel, je partais

Mais un détail me retint. En ouvrant ses yeux
J'aperçus une couleur d'un bleu profond, vide
Je m'arrêtais. Mon teint devint livide
Et son teint à lui? En un mot: cadavéreux

Comme retenue par une force invisible
Je guette, obéissant à mes humeurs fatales
Cet etre hostile mais pas indifférent aux cibles

Épris de ce mouvement de danse orientale
Il se mit à peindre le croquis de cette femme.
Je partis pour de bon, éteignant cette flamme.

15. Le dimanche 5 mars 2017, 22:48 par Laura

La rue assourdissante autour de moi hurlait, les pas saccadés des passants m’étouffaient. La posture droite, la tête penchée, le regard vide sur cette boité éclairée, ce petit soldat attendais surement un nouvel ordre afin de savoir quoi faire, quoi penser. Pareil à ses camarades, son uniforme était impeccable, aucunes marque ne manquait a l’appel. Un sentiment de mépris m’envahit. Tous avaient été recrutés pour la même mission (je ne suis vraiment pas sûre de cette phrase, mais je ne trouve pas d’autres termes pour exprimer ma pensée). Mais moi, en fais je partie ?

16. Le lundi 6 mars 2017, 18:38 par laura

J'ai essayé de faire la consigne n°4, je ne sais pas je l'ai bien respectée (surtout au niveau du lyrisme, qui n'est pas présent). Mon idée était de faire un récit d'une rencontre avec quelqu'un de banal et extrêmement influencé par notre société de consommation, je ne sais pas si le message est clair dans le travail que j'ai rendu.

PS : *le regard vide sur cette petite boîte ( et non boité)

17. Le mercredi 8 mars 2017, 20:34 par Eden

J'ai choisi de travailler sur un poème en prose sur le mode des Fenêtres (je l'envoie très en retard...)

La station avale les promeneurs dans un fracas de paroles et de métal. Un grand Paris se dévoile sous la lumière blafarde. Le souffle chaud du souterrain enveloppe les pensées et endigue les élans. Et cependant chacun accourt ; les trajectoires s'interrompent dans une danse de regards et de pas, illusoires. Et le soir venu, qu'elle est triste la station dépeuplée ! Voilà que les corridors qui abritaient tous ces corps il y a une heure encore ne retentissent plus que du bruit infernal des escalators.
Alors seulement, tout s'éteint ; quand même la station néonesque vainc la nuit, mon cœur n'est pas dupe, et s'exile en mélancolie.

18. Le mercredi 8 mars 2017, 21:15 par Eden
  • même quand la station (et non quand même)

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