Il vous reste trois mois et demi avant le Bac ; je vous propose à partir de maintenant de faire au moins un entraînement “presse-citron” hebdomadaire qui vous préparera à l’oral, à l’écrit ou aux deux épreuves à la fois. Évidemment, ce travail doit être complété par un entraînement régulier aux épreuves (travail sur les textes, réalisation de devoirs à partir de sujets de Bac).

Votre travail devra être posté sur Lettrines via les commentaires. J’apporterai des éléments de correction à chaque fois, et des conseils relatifs à vos travaux.

Voici le premier de ces entraînements : bon courage !


Consignes

  • Choisissez et faites l’un des exercices indiqués ci-dessous d’ici lundi 6 mars au soir.
  • Cliquez sur “Ajouter un commentaire” en bas de cette page, et recopiez votre texte.
  • Au début de votre commentaire, indiquez de quel exercice il s’agit (Exercice A, B, C…)
  • Dans votre propos, liez toujours fond et forme. Certaines des pistes proposées sont fondées sur l’un ou l’autre de ces aspects ; ce sont donc des pistes de départ, qui doivent vous amener, si elles portent sur le fond, à articuler votre réponse avec la forme, et réciproquement.
  • Évidemment, abstenez-vous de lire les travaux des autres avant de poster le vôtre !

Exercices

A

  • Relisez le corpus intitulé “Paysages et pouvoirs de la poésie”.
  • Rédigez un paragraphe qui présentera l’intérêt de ce corpus selon vous.

Pistes : la diversité formelle du corpus ; l’harmonie du monde en question ; les “pouvoirs” ou les “fonctions” de la poésie (célébrer… ; dénoncer… ; dévoiler… ; reconstituer une unité perdue…).


B

  • Relisez le corpus intitulé “Paysages et pouvoirs de la poésie”.
  • Quelle vision de la guerre s’exprime à travers “Le dormeur du val” et le fragment 141 des Feuillets d’Hypnos ? Répondez en rédigeant un paragraphe, éventuellement deux. L’essentiel est de répondre à cette question en comparant ces deux textes grâce à deux ou trois éléments saillants, comme si vous rédigiez une “mini-question sur corpus”.

C

  • Relisez le corpus intitulé “Paysages et pouvoirs de la poésie”.
  • Comment Blaise Cendrars donne-t-il à voir et à entendre la modernité du monde ? Répondez en rédigeant un paragraphe ; vous citerez le poème de façon précise.

Pistes : le travail sur les sonorités ; le vers libre et son “élasticité” ; le train, machine vivante et infernale ; la déformation du paysage.

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    Commentaires

    1. Le dimanche 5 mars 2017, 08:34 par Pierre-Louis Serre

    Exercice C :

    Dans La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France (1913), le train semble être l'origine d'émotions contrastées entre Blaise,excité par la nouveauté d'un monde en plein changement, et Jeanne, apeurée tel une enfant ayant perdu ses quelques repères. Ainsi le train avance façe à ces innovations naissantes de l'industrialisation, visant à consolider les émotions de l'un et de l'autre.
    D'une part, des vers 15 à 19, Blaise dépeint ces nouvelles structures, qui semblent être, au delà du nouveau paysage, une composition où tout se lie pour ensuite se déstructurer. « Les poteaux grimaçants » étranglent « les fils télégraphique » qui eux même pendent le long « des gars lézardées ». Le monde est ainsi décrit comme « un accordéon » qui « s'étire s'allonge et se retire » témoignant du renouvellement infini. De surcroît, il nous est donnée à voir un monde effrayant de par les poteaux personnifiés faisant des grimaces où tout semble nous échapper.
    D'autre part, des vers 20 à 27, l'industrialisation nous est donné à entendre qui plus est. Le poème se déstructure et semble prendre la forme d'une musicalité infernale d'un train qui ne s'arrête plus. En témoigne l’absence de ponctuation, des vers 23 à 25, où le lecteur, en les lisant, peut se sentir poursuivre par « les locomotives en furie » symbolisées par « les chiens de malheur » et « les démons ». Le rejet de « Ferrailles » se lie au « faux accord » de l'ère industrielle. Dans les derniers vers (28 à 30) les mots rebondissent et se répondent : le « broun-roun-oun » n'est exprimé que par des sons, des « chocs » et des « rebondissements » qui ne sont pas sans rappelés la musique d'un train en marche.

    2. Le dimanche 5 mars 2017, 19:40 par Lise Mompied - -Thicoïpé

    Voilà les paragraphes qui répondent normalement à la consigne C.

    Le poème de Blaise Cendrars " La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France" est publié en 1913. Le voyage que Blaise Cendrars nous donne à découvrir est irrégulier. On peut l'apercevoir grâce aux vers qui se suivent et qui n'ont pas le même nombre de syllabes. Ils ne riment pas entre eux et chaque strophe ne contient pas le même nombre de vers: la deuxième strophe a sept vers alors que la troisième n'en a que deux. Le champs lexical est également choisi de sorte qu'en lisant le poème, on sente le train accélérer et continuer sa course folle et irrégulière. D'abord, "dans les déchirures du ciel, les locomotives en furie s'enfuient" ( vers 20), ensuite "les roues" sont " vertigineuses" ( vers 23), puis on entend "les chiens de malheurs qui aboient à nos trousses" ( vers 24) et enfin, " les démons qui se déchaînent. ( vers 25).
    Dans ce poème, le déroutant voyage dans le train est au coeur des réactions des personnages que Blaise Cendrars décrit. On pourrait alors penser qu'il retrace un trajet qu'il avait lui-même vécu aux côtés d'une jeune fille, une traversée jusqu'en Russie. Il se décrit donc, dans ce poème, accompagné de la jeune Jehanne de France. Ces personnages ne vivent pas de la même manière ce nouveau cheminement vers l'horizon naissant. En effet, Jehanne est désorientée et envahie par la mélancolie. Elle ne cesse de penser au Paris, qu'elle est en train de quitter, en répétant la phrase " Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre ? "
    vers 1. Blaise, quand à lui, tente d'oublier Paris. Au vers 5, il l'exprime pour la première fois, en se disant qu'il quitte un Paris qui n'existe plus: " Paris a disparu et son énorme flambée" .

    3. Le lundi 6 mars 2017, 18:27 par Felicien

    Sujet B
    « Le Dormeur du Val » et le « fragment 141 » des Feuillet d’Hypnos sont deux textes évoquant la guerre face à la nature. Ces deux textes proposent deux musicalités profondément différentes. Dans « Le Dormeur du Val », Rimbaud multiplie les effets rythmiques brisés, les rejets pour rendre compte d'une vie interrompue. Ces deux textes proposent deux musicalités profondément différentes. Il utilise de nombreuses assonances et allitérations. Dans le dernier ver, il appuie la brutalité avec une assonances en « ou » qui forment un hiatus et l’alternance des allitérations en « t » et en « d » « Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit ». Ainsi, par les seules sonorités, Rimbaud rend compte d’une guerre désaccordée et discordante. Dans le « fragment 141 », René Char insuffle de l’équilibre à son texte en utilisant un rythme ternaire. Les sonorités tendent vers l’harmonie. Plusieurs phrases commencent de manière abrupte, par exemple « graine de luzerne », avec des sonorités brutale en « g » et en « z », mais s’ensuit « sur la fossette d’un visage caressé » une allitération en « f » et « s » qui rend compte d’une légèreté. Ou encore « qui pense que le cuir de sa ceinture va céder », nous passons de la violente altération en « que » à l’allitération en « se », donnant l’impression d’une plongée vers l ‘harmonie. Chez René Char, la nature forme un tout contre la menace de fragmentation que représente la guerre, l’harmonie est possible.

    Les deux auteurs présentent un rapport entre la guerre et la nature différent. Dans « Le Dormeur du Val », la nature est un endroit idyllique, un « trou » en dehors du temps et propice au rêve. Le rejet, "D'argent" met l'accent sur la richesse des jeux d'eau et de lumière. L'apparition du soleil et de l'eau symbolise la vie. Cependant, cette nature idyllique ne s’harmonise pas avec l’homme : la vie qui transparaît dans la nature s’oppose au soldat mort, le mouvement de la nature contraste avec l’inertie du soldat ; le soleil et la lumière qui inondent le tableau s’opposent au « froid » du corps, l’unité de l’écosystème naturel s’oppose à la défragmentation du soldat « bouche », « tête », « nuque », « pieds », « poitrine » et « narine ». Rimbaud adopte une stratégie de dénonciation où il présente un monde idyllique corrompu par l’Homme.
     Le « Feuillet 141 » présente également un texte avec de nombreuses oppositions (« fusée engourdie » ou encore « pesanteur bien répartie »), cependant chez René Char le contraste entre la nature et la guerre est synonyme d’équilibre, il permet un monde cohérent où la laideur fait écho avec la beauté. Le bonheur provient d’une victoire sur la douleur : sans la terreur, il n’existerait pas la contre-terreur—qui est une impression de force et d’harmonie— ; sans l’angoisse permanente que provoque la guerre—suggérer par le présent— il n’y aurait pas de présent perpétuel, pas d’amorfati ; sans l’oppression que provoque la guerre, René Char ne chercherait pas à capter l’essence de la nature, et ne saisirait pas tous ces mouvements de vies minuscules.

    Chez Rimbaud, le soldat est anonyme, ainsi, il est transcendé en figure intemporelle de l’homme victime de la barbarie humaine. Rimbaud a donc une vision tragique du monde et de l’homme : il n’est pas possible de résister ou de changer la nature humaine, ainsi, il prône l’indignation face à la guerre et la révolte existentielle et esthétique : il faut fuir l’homme, s’affranchir de toute entrave pour s’accomplir dans l’ailleurs. Cependant, René Char, lui propose une solution. Lorsqu’il évoque « l’incendie de la lune qui ne sera jamais un incendie », il présente une lune intime « qui ne sera jamais un incendie », non pas une lune emphatique et démesurée ; il prend à contrepied le romantisme. Il faut, selon lui, pour résister utiliser une écriture sobre— comme en témoigne sa prose—, non une écriture transcendante et enflammée comme les auteurs romantiques. C’est l’attention au détail les plus infimes de la nature qui permet de résister face à la guerre.

    4. Le lundi 6 mars 2017, 18:33 par Felicien

    @Felicien :
    Excusez moi, j'ai mis deux fois "Ces deux textes proposent deux musicalités profondément différentes.", je ne sais pas pourquoi. Il faut uniquement prendre en compte le premier.

    5. Le lundi 6 mars 2017, 19:51 par Rachel
    1. Presse citron


    *paysages et pouvoirs de la poésie *
    Ce corpus est une incitation à la rêverie voir flânerie.
    On nous peint une nature idyllique, sans tache. Mais aussi une réalité beaucoup plus pur beaucoup plus crue. Un des buts de la poésie est
    De faire voyager le lecteur dans des contrées ,reculées ou même imaginaire .
    Ce corpus est ponctuée par une illustration d'un paysage déstructuré, des harmonies initiative et englober par la contre terreur. La place de la nature et diversités est importante , elle nous donne un aperçu de la l'état psychique du poète et nous renseigne aussi sur sa façon de contempler son environnement.Le rapports à l'enfance est évoqué et est un moyen plus vaste de faire voyager le lecteur. L'enfant qui , nouveau dans la société dévore des yeux son paysage environnent peut être ébahi devant un milieu inconnu . La peur de l'inconnu chez l'enfant et chez tout autre être humain nous est décrite comme destructrice comme dans " Le Dormeur du Val"ou familière comme dans " Pour fêter une enfance ".
    Enfant par la guerre , le trouble ,la nostalgie ce corpus peut nous incité à une certaine tolérance envers autrui en gardant une mentalité enfantine qui est d'accepter l'autre sans aucune sélection.

    6. Le lundi 6 mars 2017, 20:07 par Jeanne

    Ce corpus intitulé « Paysages et pouvoirs de la poésie » invite au voyage, à une balade entre souvenirs et réalité sincère. Les mondes de ces poètes sont sans cesse remis en question, cherchant à atteindre la réponse ultime, défiant leurs environnements et les évènements qui jaillissent dans leurs vies. Sur six textes proposés, cinq ont pour sujet la guerre, ces guerres qui menacent le monde, détruisant ainsi la sphère qui entoure ces artistes qui, grâce à de multiples formes, allant du sonnet avec le « Dormeur du Val » de Rimbaud aux notes poétiques de René Char avec les Feuillets d’Hypnos, peuvent livrer leurs ressentis et leurs angoisses.
    La poésie prône un monde plus beau et plus harmonieux malgré toute l’atrocité du thème abordé : dans l’extrait de La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, Blaise Cendrars décrit « La pluie qui tombe ; La tourbe qui se gonfle ; La Sibérie qui tourne » soit un paysage froid et morose, mais qui une fois passé sous la plume de l’artiste, apparaît comme une convocation à l’inconnu et à l’abandon de ses habitudes, même au fin fond de la Russie.
    Ces poèmes dévoilent aussi la part cachée de ces auteurs, qui se remémorent de lointains souvenirs et les utilisent comme outil de création, tel que Saint-John Perse dans « Pour fêter une enfance-II », qui donne un nouveau souffle à son enfance en utilisant le verset.
    Ce corpus est donc une ode à la vie, célébrant la nature et les paysages et dénonçant l'atrocité de la guerre et de la réalité grâce à la forme littéraire la plus subtile, la poésie.

    7. Le lundi 6 mars 2017, 20:09 par Jeanne


    *** pardonnez moi, j'ai oublié de préciser que j'ai réalisé l'exercice A

    8. Le lundi 6 mars 2017, 20:20 par Louis Vergnenaigre

    Voici mon paragraphe, en guise de réponse à l'exercice B :

    A travers les poèmes du Dormeur du Val de Rimbaud (1870) et le fragment 141 des Feuillets d'Hypnos de René Char (1948) s'expriment des visions de la guerre. Arthur Rimbaud dénonce l'absurdité de la guerre à travers une description verdoyante d'une Nature symbole de vie, en opposition au «soldat jeune, bouche ouverte, tête nue» (l5) , que l'on découvre mort dans la chute du poème «Il a deux trous rouges au côté droit.» (l14). Dans le fragment 141, René Char évoque la «contre-terreur» qu'il décrit longuement avec entre autres des descriptions puissantes et évocatrices de la nature. Ces deux textes ont pour point commun un rapport à la nature qui souligne le propos du poète. Pour Rimbaud, cette rivière qui «chante» et qui «accroche», et ce «petit val qui mousse de rayons» est un symbole de vie et d'innocence, deux éléments que la guerre a arraché au «Dormeur du Val». Pour Char, la nature permet d'insuffler toute sa vitalité à la contre-terreur : «La contre-terreur, ... c'est le fugace bruissement des feuilles contre un essaim de fusées engourdies ..., c'est cette circulation ouatée d'animaux et d'insectes» Ces évocations d'une vie grouillante font opposition totale à la «terreur» de la barbarie nazie que combat Char dans la Résistance, et irriguent la force qui anime ses «compagnons».

    9. Le lundi 6 mars 2017, 20:33 par Léo Teyant

    Voici mon paragraphe qui répond à la consigne C

    Blaise Cendrars nous offre une vision sur la modernité du monde et sur celle du voyage à travers deux personnages, Jehanne et lui-même.
    En premier lieu le rythme irrégulier des vers et des sonorités révèle le caractère saccadé du train, innovation majeure lors de l’écriture de ce poème en 1913, le monde est alors comparé à un « accordéon » qui « s'étire s'allonge et se retire » vers 19, un lieu que l'on peut maintenant découvrir entièrement grâce aux innovations de celui-ci. Mais cette modernité semble aussi avoir de lourdes répercussions sur les paysages, en effet alors que dans le premier vers Paris est décrit comme une maison accueillante « son énorme flambée »vers 4, faisant allusion à la cheminée des maisons familiales, les horizons du voyages apparaissent comme ternies par les innovations. Vers 11, les horizons sont dites « plombés » et du vers 16 au vers 18 tout semble très disharmonieux, les gares sont « lézardées », on trouve même le champ lexical du meurtre « elles pendent », « qui gesticulent et les étranglent ». Le paysage est comme assassiné par la modernité.
    En outre le vers répété trois fois dans le texte « Dis, Blaise, somme-nous bien loin de Montmartre ? » prononcé par Jehanne, est le seul élément régulier du poème. Mais nous pouvons voir cela comme une insistance due à une lassitude que le poète exprime à travers ce personnage féminin. Blaise Cendrars serait las des innovations techniques et de la modernité croissante du monde.

    10. Le lundi 6 mars 2017, 20:38 par Léa G

    Consigne C

    La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France de Blaise Cendrars (1913) est une ouverture sur la modernité. Cette modernité peut s'expliquer en trois points.
    Tout d'abord, elle est visible par la forme du poème. Blaise Cendrars utilise le vers libre qui apparaît à la fin du XIXe siècle. Ce poème datant de 1913, son utilisation en poésie est encore nouvelle et c'est pour l'époque, une preuve de modernité. Les vers sont irréguliers et même "élastiques", n'ont aucune structure prédéfinie et les rimes ne suivent aucune routine.
    Ensuite, nous rentrons dans le poème et ce qui frappe dès le premier vers, "Blaise, dis, somme-nous bien loin de Montmartre ?", c'est ce décalage temporel qu'installe le poète. Il part. Pour lui, Paris est un autre temps, il s'accroche au passé. "Tu roules depuis sept jours" (vers 2), "la Butte qui t'as nourrie du Sacré Cœur contre lequel tu t'es blottie" (vers 3), "Paris a disparu" (vers 4). Ces vers ont une dominante passée dans leur sens et mettent en relief l'idée d'un voyage. Ce voyage est un nouveau départ et par extension le symbole du changement comme le dit le poète : "Nous sommes loin" (vers 2), "Tu es loin" (vers 3).
    Enfin, se dessine l'allégorie de cette modernité que tient à exprimer Cendrars : le train. Le train chemine, roule, avance, va vers l'avenir, le changement, la modernité. Tout en roulant sur ses "roues vertigineuses" (vers 23), il déstructure le paysage qui appartient au passé et en fait quelque chose de nouveau : " Le monde s'allonge et se retire comme un accordéon" (vers 19). Ce train présent dans les mots se manifeste également dans les sonorités. En effet, les sons ou, i, f et ch constituent une harmonie imitative d'un train en marche.
    Ainsi, à travers sa forme, son message et son allégorie, le poème de Blaise Cendrars est empreint de modernité.

    11. Le lundi 6 mars 2017, 20:42 par Maya

    Consigne B
    Arthur Rimbaud avec son poème « Le Dormeur du Val » illustre une vision plutôt pessimiste de la guerre. En effet, dans les trois premiers quatrains la beauté de la nature, de la vie et de l’homme sont évoqués : « montagne fière », « petit val qui mousse de rayons », « un soldat jeune ». A la fin du poème on apprends alors que je jeune soldat ne dort pas; il est mort. Cette chute symbolise la brutalité de la guerre qui comme la fin du poème arrive sans prévenir et bouleverse tout violemment.
    Le fragment 141 des Feuillets d’Hypnos évoque la contre terreur non pas d’une manière simplement pessimiste mais le poète transmet au lecteur sont ressentis quant à l’atmosphère de cette phase de la guerre par une énumération de situations qu’il compare à la contre terreur « c’est le fugace froissement des feuilles comme un essaim de fusées engourdis » par exemple. On ressent alors une atmosphère tendue et pesante avec un champs lexical adapté : « brouillard », « engourdies », « pesanteur ». La guerre est alors illustrée comme difficile et violente pour le poète.

    12. Le lundi 6 mars 2017, 21:32 par Selma

    Voici mon texte rédigé en réponse à l'exercice A.

    Les textes rassemblés dans ce corpus, « Le Dormeur du Val » de Rimbaud, « La prose du Transsibérien » de Cendrars, « Pour fêter une enfance » de Saint-John Perse et « Feuillet 141 » de René Char tentent de rendre compte d’une harmonie, nuancée chez chacun. En effet, celle-ci présente une dualité, qui participe aussi à une tentative de décrire le monde tel qu’il est, dans toute son ambivalence. Dans ce corpus, la cohésion du monde passe par l’enrichissement de plusieurs sensations suscitées soit par la guerre, le voyage ou encore l’enfance.
    Chez René Char, la guerre prête à la contemplation d'un monde à la fois minuscule et immense, permettant de résister contre l’angoisse et la terreur. Une tension se crée ainsi entre la pesanteur et la légèreté, rendant compte de la dualité du monde. De même, chez Rimbaud, le désastre que provoque la guerre existe, mais n’est révélé qu’à la fin. Ainsi, la poésie du paysage, de la nature qui entoure le jeune homme nous envahissent en premier, mais la fin du poème rappelle aussi l’ambivalence de ce monde qui ne peut qu’être harmonie, étant aussi fait aussi d’absurdité, que représente ici la mort. Chez Blaise Cendrars, le voyage, synonyme d’épanouissement afin d’oublier le paysage extérieur créé par l’homme, où lézardent des gares, fils télégraphiques et poteaux grimaçants. Cependant, cette échappatoire est contrebalancée par l’angoisse, l’inquiétude face à un avenir incertain où ressurgit la nostalgie du passé et de l’environnement natal. Enfin, Saint John Perse décide de retourner en enfance, et adopte un regard nouveau : celui du poète enfant qui s’éveille au monde en saisissant tout ce qu’il voit sans les trier de façon logique, créant une impression de jaillissement de plusieurs souvenirs. Cependant, cette vision montre aussi l’impossibilité d’un retour à cette enfance, rendant compte de la beauté d’un monde où les sensations prédominent.
    Ainsi, en saisissant différentes sensations liées à la guerre, le voyage ou l’enfance, les narrateurs de ces textes rendent compte d’une beauté qui présente néanmoins une dualité, permettant de créer un monde harmonieux.

    13. Le lundi 6 mars 2017, 22:04 par Sophie

    Consigne B
    Je ne veux pas faire mon Félicien, mais mon paragraphe n’est vraiment pas bon. Je n’ai pas réussi à me détacher de ce que l’on avait pu dire sur ces deux poèmes, ce qui donne un texte assez ennuyeux à lire puisque l’on a déjà évoqué les éléments dont je parle.

    René Char et Arthur Rimbaud font tous les deux dans leur poème l’éloge de la nature en mettant en exergue ce qu’elle a de plus beau et de plus fugace. On remarque ainsi le « bruissement des feuilles » (vers 2) du fragment 141, ou « Accrochant follement aux herbes des haillons d’argent » (vers 2) du « Dormeur du val ». Rimbaud cherche à dénoncer la cruauté que déchaine la guerre, et la déshumanisation qu’elle opère, tandis que René Char tente de pointer du doigt la force du monde qui l’entoure, permettant de ne pas céder à la « contre-terreur ». Ce même détour offre un contraste saisissant entre cette nature enjolivée et le sentiment de dégoût que l’on peut ressentir.
    Rimbaud puise dans son intimité pour tenter de comprendre et décrire la violence dans « Le dormeur du val ». René Char semble réaliser ce même travail afin de transmettre dans ce poème en prose, un nouveau souffle permettant d’apporter courage et force aux Hommes en temps de guerre, mais aussi lors des instants de faiblesse quotidiens. Le travail des poètes sur eux-mêmes se ressent également dans la représentation de la nature qu’ils nous donnent à lire. Contre l’absurdité qu’est la guerre, les poètes retournent aux origines que sont les éléments naturels et la figure maternelle. Rimbaud les mélange et les confond, apportant à son sonnet un peu de tendresse comme au vers 11 « Nature, berce le chaudement, il a froid ».
    Afin d’évoquer la guerre, les deux poètes font un détour par la nature. C’est une façon de montrer l’harmonie de celle-ci chez René Char, et l’antagonisme du monde chez Rimbaud.

    14. Le lundi 6 mars 2017, 22:14 par Maxime L.

    Consigne B
    Ce corpus soumis à notre analyse comprend deux poèmes: "Le Dormeur du Val" d'Arthur Rimbaud (1870) et le fragment 141 des "Feuillets d'Hypnos" de René Char (1946). Nous verrons que ces deux poèmes portent un regard similaire sur la mort en temps de guerre, malgré leurs différents contextes d'écriture durant ces guerres.

    Dans ces deux poèmes, il s'agit de montrer de manière indirecte l'horreur la guerre. On peut aisément remarquer que ces deux poèmes usent de formes d'écritures différentes. D'une part, Rimbaud dans le "Dormeur du Val", a recours au vers et plus précisément au sonnet, une forme très employée en son temps. Cela lui permet, notamment avec des effets de rimes, d'accentuer l'idée d'harmonie qui se dégage du paysage d'écrit, tel que des rimes en -ue et -eu dans le deuxième quatrain. René Char, quant à lui, utilise la prose, beaucoup plus courante à son époque. Elle lui permet d'évoquer des images naturelles et poétiques, en forme de longues énumérations, tel que les graines de Luzerne ou la Lune.

    De plus, on peut observer que l'évocation de la mort (rattaché à la guerre) passe par un effet de rupture : le cadre harmonieux et naturel que nous venons d'évoquer, rend par contraste la chute des deux poèmes de manière efficace. Chez Rimbaud, une longue association est construite entre un cadre naturel idéal et un sommeil paisible : on insiste sur le sommeil du soldat comme aux vers 6,7,9,10 et 13. Cela rend le surgissement de la mort encore plus violent, avec la paraphrase qui conclut le poème en surprenant le lecteur. En revanche, chez René Char, l'effet de memento mori est atténué par l'amorce du poème, "la contre-terreur" (René Char donne le ton), ainsi que par le réseau d'opposition, tel que "un essaim de fusées engourdies" qui crée une tension entre la circulation et le ralentissement (peut également évoquer les balles perdues).

    En conclusion, à travers "Le Dormeur du Val" et le fragment 141 des "Feuillets d'Hypnos", s'exprime la vision de la guerre où la mort devient un phénomène banal. Cela contribue à la portée universelle qu'on ces deux poèmes.

    15. Le lundi 6 mars 2017, 22:51 par Laura

    Exercice B :

    « Le dormeur du val » et le frugalement 141 des feuillets d’Hypnos expriment tous les deux une vision de la guerre à la fois similaire, de pars le fait que la nature est fortement inclue dans leurs visions de la guerre, et a la fois différente. Dans le poème de Rimbaud le vocabulaire de la guerre n’est évoqué qu’a partir du second quatrain : « un soldat »(v.5), mais aucune menace c’est présente. Tandis que Char lui instaure dès le début un sentiment d’insécurité avec le mot « contre-terreur » (l .1). La mort est évoquée dans les deux poèmes, de façon très différente. Chez Rimbaud, elle arrive par surprise, le lecteur est étonné devant cette chute brutale du poème où l’on découvre que le personnage qui est décrit depuis presque le début est en fait un soldat mort par balle : « il a deux trous rouge au coté droit » (v.14). Tandis que Char lui évoque la mort de façon plus posée : «  qu’importe alors l’heure et le lieu où le diable nous a fixé rendez-vous! » (l.8/9), c’est a dire qu’à l’inverse de Rimbaud il en parle comme pour se prévenir et se dire que cela peut arriver auquel cas il ne sera pas surpris. La vision de la guerre exprimée par Rimbaud semble défaitiste du fait qu’il ne crois pas en l’être humain, dans son poème. Au début, il décrit la nature, sa déception laisse transparaître une sorte de paradis, il fait l’éloge de la nature, mais peut a peut avec l’apparition de l’homme et de ses ressentis la nature disparais et le paradis du début n’est plus présent. René Char lui aussi fait un éloge de la nature, mais a une toute autre échelle, il pense l’inverse de Rimbaud. Il fait l’éloge de tout ce qui est petit et tout ce qui est très grand (comme la lune), A l’inverse de Rimbaud, Char pense qu’après la guerre tout ce dont il a fait l’éloge continuera a vivre. Char ne pense donc pas que la guerre détruise tout sur son passage au contraire de Rimbaud qui lui pense que la guerre détruit ce qui n’appartient pas a l’homme et qui n’a pas été crée par lui.

    16. Le lundi 6 mars 2017, 22:59 par Myriam

    Consigne B:
    Le fragment 141 des Feuillets d'Hypnos, de René Char et Le Dormeur du Val de Rimbaud sont deux textes comprenant de nombreuses similitudes. En effet, ces textes décrivent tous deux premièrement l'harmonie de la nature avec une ambiguïté néanmoins, et c'est seulement ensuite qu'ils laissent apparaître l'horreur de la guerre. Le champ lexical de la nature est très présent, que ce soit par le « trou de verdure » , « la rivière », « la montagne fière » le « cresson bleu » et les glaïeuls de Rimbaud ou bien par le « bruisssement des feuilles », l'évocation des animaux et insectes, « l'écorce tendre » ou encore la  « graine de luzerne » évoqués par René Char. Une première sensation de quiétude, surprenante pour des textes portant sur un tel sujet, se dégage de ce champ lexical, renforcée par de nombreux éléments. Chez Rimbaud, c'est l'évocation de la lumière qui renforcera cette sensation de calme apparent, faisant du Val un endroit presque trop lumineux et chatoyant pour être vrai : « où le soleil, de la montagne fière, luit », « son lit vert où la lumière pleut », et à la toute fin « il dort dans le soleil », mais dans les feuillets d'Hypnos le décor est plus sombre et c'est l'engourdissement de la nature pendant la nuit qui nous est décrit. Tout semble comme enrobé dans une quiétude presque artificielle « un essaim de fusées engourdies », « cette pesanteur bien répartie, cette circulation ouatéee ». Néanmoins, la guerre, la mort surtout, se dévêt de son camouflage à la fin des deux textes, laissant apparaître le « buste aux couleurs vives qui s'est plié en souriant », peut-être une représentation d'un soldat heureux de mourir au combat, le « compagnon accroupi qui pense que le cuir de sa ceinture va céder... » et les « deux trous rouges au côté droit » du dormeur du Val.

    17. Le mardi 7 mars 2017, 00:01 par Emmanuelle

    A
    Le corpus ‘Paysages et pouvoirs de la poésie’ est le recueil de quatre textes: le « Dormeur du Val » d’Arthur Rimbaud, La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de Blaise Cendrars, « Pour fêter une enfance » de Saint-John Perse et le feuillet 141 de Feuillets d’Hypnos de René Char.

    Deux des textes du corpus pourtant écrits à des périodes différentes, se retrouvent plongés dans des contextes de guerre, d’une violence assez similaire. Alors qu’Arthur Rimbaud dépeint la défaite mais aussi la désillusion de la guerre franco-prussienne (1870), René Char relate sous forme d’un carnet de bord, le mouvement de résistance dans lequel il est engagé afin de libérer la France de l’ennemi allemand (1941-1944).
    De plus une attention toute particulière est accordée à la forme; la versification du sonnet classique qu’empreinte Arthur Rimbaud, témoigne son goût de l’harmonie et reconstitue en seulement quatorze vers une unité perdue. De même, Saint-John Perse, parvient à reconstituer dans ce poème en prose, ses souvenirs d’enfance qui semblent ne former qu’un seul et même souffle.
    A la lecture du feuillet 141 des Feuillets d’Hypnos, le lecteur se voit sollicité au niveau sensoriel: « le fugace bruissement des feuilles » destiné à notre ouïe, « c’est un buste aux couleurs vives » pour ce qui est de la vue. De même, Blaise Cendrars véhicule cette idée de mouvement du corps par le biais du voyage.
    Rimbaud propose quant à lieu une exposition successive d’images: c’est d’abord « un trou de verdure » (v1) puis « un petit val qui mousse de rayons » (v4), pour finir sur la représentation d’« un soldat jeune » (v5) qui « a deux trous rouges au côté droit » (v14).

    Enfin, ces quatre poèmes se rejoignent étroitement sur l’aspect esthétique et intime. Ils permettent la mise en mouvement d’un paysage, lui attribuant des « pouvoirs » et une fonction toute particulière d’un texte à l’autre. Vient alors se crée un lien triangulaire étroit entre le lecteur, le poète et le paysage que ce dernier investi.

    18. Le mardi 7 mars 2017, 18:13 par Christée

    Exercice B

    Le "Dormeur du Val" d'Arthur Rimbaud et le fragment 141 des Feuillets d'Hypnos de René Char sont très différents et possède aussi des similitudes.
    Dans le "Dormeur du Val", Rimbaud se sert de la nature pour souligner l'horreur et le le côté morbide de la guerre. Le "petit val qui mousse de rayons" est décrit comme un endroit calme et apaisant, le jeune soldat est privé de ce repos car la guerre lui a retiré la vie, mettant ainsi en évidence la cruauté de la guerre tandis que dans les Feuillets d'Hypnos la nature fait partie de la guerre et n'est pas en opposition avec elle.
    Le point commun de ces deux poèmes est que la est suggérée dès le début mais n'arrive réellement qu'à la fin. Chez René Char elle apparait avec le sentiment d'angoisse qu'installe "contre-terreur", sentiment prolongé au long t=du poème par une atmosphère pesante "engourdie", "pesanteur", "circulation ouatée". Puis elle est brusquement révélée au lecteur avec le "buste aux couleurs vives qui s'est plié en souriant". Chez Rimbaut la présence de la mort est plus implicite, elle est présente uniquement grâce à des mots qui contrastent avec la description idyllique du val : "trou", "bouche ouverte", "lit vert", "glaïeuls". Elle est ensuite plus explicite avec "enfant malade" et "il a froid" et enfin explicitée clairement par la dernière strophe, elle conclue le poème par "il a deux trous rouge au côté droit". En revanche chez René Char, elle est atténuée par la phrase "Qu'importe alors l'heure et le lieu où le diable nous a donné rendez-vous !". Cette dernière phrase est porteuse d'espoir et s'élève en quelque sorte au dessus de la mort puisqu'elle dit explicitement que la mort importe peu.

    19. Le mardi 7 mars 2017, 20:11 par Anaïs

    Veuillez encore m'excuser pour ce retard; voici ma réponse a l'exercice B

    Le corpus soumis à notre analyse contient deux textes: "Le dormeur du val" (1870) d'Arthur Rimbaud et l'extrait 141 de "Feuillets d'Hypnos" (1948) de René Char. Nous étudierons ici la vision très différentes que ces deux auteurs ont de la guerre.
    Nous pouvons tout d'abord évoquer la déstructuration du paysage très présente chez Char tout comme chez Rimbaud. Ainsi cet "essaim de fusées engourdis" (l.2) ou bien ces "herbes de haillons" (v.2) accentue l'horreur de la guerre. De plus cette contre-terreur qu'évoque René Char à travers tout son poème en prose, sous forme d'énumération, nous donne son ressenti face à cette guerre qui touche même les plus petits "c'est cette circulation ouatée d'animaux et d'insectes tirant mille traits sur l'écorce tendre de la nuit". Tandis qu'Arthur Rimbaud nous fait part du destin tragique d'un "soldat jeune" dont nous apprenons la mort à la fin, en tant que chute : "Il a deux trous au côté droit". Cette fin sinistre apparaît ici pour nous ramener à la réalité de ce qu'est vraiment la guerre : une horreur.

    20. Le mardi 7 mars 2017, 22:48 par Anaïs

    Veuillez encore m'excuser pour ce retard; voici ma réponse a l'exercice B

    Le corpus soumis à notre analyse contient deux textes: "Le dormeur du val" (1870) d'Arthur Rimbaud et l'extrait 141 de "Feuillets d'Hypnos" (1948) de René Char. Nous étudierons ici la vision très différentes que ces deux auteurs ont de la guerre.
    Nous pouvons tout d'abord évoquer la déstructuration du paysage très présente chez Char tout comme chez Rimbaud. Ainsi cet "essaim de fusées engourdis" (l.2) ou bien ces "herbes de haillons" (v.2) accentue l'horreur de la guerre. De plus cette contre-terreur qu'évoque René Char à travers tout son poème en prose, sous forme d'énumération, nous donne son ressenti face à cette guerre qui touche même les plus petits "c'est cette circulation ouatée d'animaux et d'insectes tirant mille traits sur l'écorce tendre de la nuit". Tandis qu'Arthur Rimbaud nous fait part du destin tragique d'un "soldat jeune" dont nous apprenons la mort à la fin, en tant que chute : "Il a deux trous au côté droit". Cette fin sinistre apparaît ici pour nous ramener à la réalité de ce qu'est vraiment la guerre : une horreur.

    21. Le mercredi 8 mars 2017, 12:19 par sophie hautrive

    Sujet B
    Le « mini-corpus » nous propose de nous interroger sur Le Dormeur Du Val de Rimbaud et sur le Fragment 141 des Feuillets d’Hypnos de René Char, à travers la question suivante : quelle vision de la guerre s’exprime à travers ces deux textes ?
    En premier lieu, la mort, renvoyant inévitablement à la guerre dans les deux textes (Rimbaud écrit Le Dormeur Du Val pendant la guerre franco-prussienne de 1870, Char rédige les Feuillets d’Hypnos pendant la Seconde Guerre Mondiale), est suggérée par des indices implicites (dort, pâle, froid, brouillard, pesanteur, ombre,…) tout au long des deux poèmes, et finie par être brutalement énoncée à la fin des deux textes (« Il a deux trous rouge au côté droit » et « Qu’importent alors l’heure et le lieu où le diable nous a fixé rendez-vous ! »), comme pour ramener le lecteur à la sombre réalité de la guerre et de ses conséquences, après l’avoir introduit dans un monde de nature idéalisée.
    En second lieu, ces deux poèmes traitent la guerre comme l’entité la plus dénaturée qui soit, afin de l’opposer à une nature qu’ils idéalisent. Luxuriante et lumineuse chez Rimbaud, sublime dans ce qu’elle a de plus ténue chez Char, la nature est mobilisée par les deux auteurs comme un mur tenace pour résister contre la guerre.

    22. Le mercredi 8 mars 2017, 22:10 par Balthazar B

    Voici ma version du travail exigé par la consigne A, qui s'excuse platement pour un retard aussi conséquent.

    Ce corpus poétique qui nous est présenté illustre le thème "Paysage et pouvoir" au travers de six textes. "Le Dormeur du Val" de Rimbault, un extrait de "La prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France" de Blaise Cendrars, "Pour fêter une enfance-II" de Saint John Perse, ainsi que trois extraits des "Feuillets d'Hypnos" de René Char, soit le 141, le 237 et le 178.
    Ces poèmes ont en commun la particularité de n'être révélateur de l'état d'esprit de l'auteur ou de son personnage que par la simple description de son environnement ou bien de la manière dont il se le remémore. Nous pensons bien évidemment au texte de Saint John Perse qui comme à l'image d'un enfant construit son texte par associations d'idées, fragments colorés de demeure guadeloupéenne de son enfance.

    Tous se voient dotés d'une évolution, ou encore d'une chute soudaine, telle celle de l'œuvre de Rimbault,la mort d'un soldat trop jeune pour rendre l'âme dans un décor aussi angélique, qui néanmoins sous un œil affûté pouvait se laisser pressentir. Cette "évolution" se distingue par exemple dans le premier poème en prose de René Char, qui au premier lieu engourdi se voit atribuer une énergie montante le long de la progression du texte tel un crescendo.

    Afin d'imerger le lecteur dans leurs histoires, lui faire vivre pleinement ce voyage mystérieux, oppressant et poétique, les auteurs jouent sur l'aspect très sensoriels de leurs textes. Prenons l'extrait de ce Transsibérien filant vers les grands froids, jusque dans la forme, le choix des sonorités, la structure du poème, l'ensemble fais naître une réelle plongée dans l'univers de l'artiste torturé par ces roues infernales, ces fils télégraphiques aux figures diaboliques et ces démons imprégnés d'inquiétudes.
    Cachant d'évidents idéaux derrière une plume à succès, ces auteurs, parviennent à transcrire et transmettre subtilement des leçons de vies et témoignages aux moyens de diverses procédés littéraires, relevant à la fois de la forme mais également du contenus.

    Ils réussissent à dénoncer, dévoiler vies et sentiments et inculquer certaines valeurs telle que celle de la "contre-terreur".