Voici votre second entraînement, qui porte sur Un balcon en forêt. Je ferai en sorte que ces entraînements successifs revisistent notre année.

À faire pour mardi 14 mars au soir.


Consignes

  • Choisissez et faites l’un des exercices indiqués ci-dessous.
  • Cliquez sur “Ajouter un commentaire” en bas de cette page, et recopiez votre texte.
  • Au début de votre commentaire, indiquez de quel exercice il s’agit (Exercice A, B, C…)
  • Dans votre propos, liez toujours fond et forme. Certaines des pistes proposées sont fondées sur l’un ou l’autre de ces aspects ; ce sont donc des pistes de départ, qui doivent vous amener, si elles portent sur le fond, à articuler votre réponse avec la forme, et réciproquement.
  • Évidemment, abstenez-vous de lire les travaux des autres avant de poster le vôtre !

Exercices

Pour chacun de ces exercices, rédigez un paragraphe ou deux.

A

Diriez-vous que le roman de J. Gracq, Un Balcon en forêt, est un roman poétique ?


B

Quel rôle Mona joue-t-elle dans le roman ?


C

Comment interprétez-vous le geste final de Grange, dans la dernière page ?


D

Réécrivez, en quelques lignes, la rencontre de Grange et de Mona, mais cette fois en adoptant le point de vue de Mona (pour nous en tenir à des exercices relativement brefs, je ne vous demande pas de refaire toute la page, mais de vous concentrer sur quelques moments de cette étrange course-poursuite).

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    Commentaires

    1. Le dimanche 12 mars 2017, 13:43 par Anaïs

    Exercice B:
    Dans ce roman, nous pouvons penser que Mona joue un rôle mineur mais représenté comme l'emblème du mythe de la femme-enfant, nous pourrons voir qu'elle joue un rôle plus important que nous pouvons le penser en commençant par sa mystérieuse rencontre avec Grange dans la forêt où elle apparaît comme objet de trouble et de désir mais aussi comme un guide aiguillant Grange à travers la forêt. Apparenté au départ à "une écolière en chemin vers sa maison" ou à "une gamine en chemin pour l'école buissonnière", elle est ensuite décrite comme une femme: "Les paroles étaient d'une enfant, mais leur audace n'était pas toute naïve", "quand elle se mettait à courir, les hanches étaient presque d'une femme". Mais Mona sert aussi de guide personnel; sa compagnie permet à Grange de s'isoler du reste du monde et de se recentrer sur lui même. C'est elle qui donne corps à l'existence de Grange notamment par sa présence auprès de lui dans ce monde confus qu'est la "drôle de guerre". Calés au milieu du récit, les passages consacrés à Mona rythment les mois qui s'écoulent lentement et ce n'est qu'après son départ que le temps va s'emballer. Oscillant entre rêve et réalité, présence et absence, séduction et protection, l'image de ce personnage reste trouble mais nous comprenons à la fin qu'elle est figure d'équilibre dans le roman mais aussi figure d'équilibre dans la vie de Grange.

    2. Le dimanche 12 mars 2017, 13:45 par Pierre-Louis

    Exercice A :
    Pouvons-nous définir le roman de Julien Gracq comme un roman poétique ? Ainsi nous vient la question : qu'est-ce que la poésie ? Pour cela, nous nous en tiendrons aux quelques mots de Jean l'Anselme : «La poésie, on ne sait pas ce que c'est, mais on la reconnaît quand on la rencontre. », ce qui laisse supposer que la poésie se découvre au travers de nos sentiments, suscitant un certain éveil poétique. Le personnage du roman, Grange, semble ainsi s'apparenter à ce trait. Nous présenterons donc notre réflexion à deux niveaux : d'une part sur Grange, le poète de la forêt ; d'autre part sur le monde poétique auquel Grange est confronté.
    Alors que le protagoniste s'approprie la maison forte et la forêt qui l'entoure, il s'avère d'ores et déjà qu'une relation intime se crée. L'âme du personnage s'associe à celle d'un lieu perçue comme un entre-deux, une rêverie, un « demi-sommeil » lui permettant de replonger dans les douceurs de son enfance. C'est ici que les traits poétiques font leurs apparitions. Les sentiments de Grange se lie au lieu qui l'enveloppe. Les descriptions de la maison en sont imprégnés : «  maisonnette de Mère Grand », « une atmosphère de grasse matinée »... En guise de « comparaison », bien que ce ne soit pas là l'idée du travail, beaucoup de poésies reprennent cet attribut. En témoigne notamment le recueil Dix-neuf poèmes élastiques de Blaise Cendras, où les sentiments du poète se peignent à travers deux aspects : la forme éclatée de sa poésie reflétant la forme de la ville et la musicalité et le rythme, illustrant son excitation. En somme, les sentiments du personnage mise en scène sont dépeint au travers du monde qui l'entoure.
    Par ailleurs, la rencontre avec Mona semble être l'un des passages le plus emblématique du regard poétique que porte J.Gracq à la fois sur son personnage et sur la forêt. C'est en rencontrant cette « fille de la pluie » que Grange accède « peu à peu à la pente de sa rêverie préférée ». Une pente qui s’en doute l'amène dans les hauteurs de son éveil. La figure féminine qu'incarne Mona, n'est pas sans rappeler, celles que l'on peut croiser dans plusieurs poésies ; de la passante de Baudelaire à la femme tant aimée de Verlaine dans son poème Melancholia. Elles sont toujours porteuses d'une émotion à l'égard du poète, que ce soit la mélancolie pour Verlaine où l'agréable pour Baudelaire. De surcroît, le poète prend du recul : Verlaine parle d'un temps regrettée, d'un jardin intact dans sa mémoire ; la passante de Baudelaire suscite la réflexion de ce dernier ; et enfin dans le roman, Mona permet à Grange d’accéder à se balcon qu'il désire tant.

    3. Le lundi 13 mars 2017, 18:07 par Jeanne

    Exercice B

    Dans le récit de Julien Gracq Un balcon en forêt, Mona est une femme que Grange, le personnage principal, rencontre dans les bois et dont il tombe amoureux. Leur rencontre est très étrange tout comme leur relation. La première fois qu’ils se rencontrent, Mona est décrite comme une enfant sautant de flaques en flaques, cherchant à s’élever vers les arbres, elle fait figure de créature de la forêt, tel un elfe ou un esprit. A travers cette fille ou femme, nous ne savons pas réellement, Grange trouve sa voie. Lui qui se réfugie dans la nature afin de s’y trouver, c’est aussi en Mona qu’il va se dévoiler. Il a sans doute eu une enfance difficile ou effacée, qu’il tente de se remémorer, mais en vain. Lors de sa rencontre avec elle, il va retrouver sa part d’enfance perdue, oubliée. Tout va alors s’éclairer et grâce à cette femme-enfant, le quotidien va lui sembler plus agréable, jusqu’à parfois oublier cette lourde ambiance que crée la guerre. Mona va rythmer la vie de l’aspirant et va créer un équilibre au sein du livre et au sein du protagoniste.

    4. Le lundi 13 mars 2017, 19:27 par Lise Mompied - -Thicoïpé

    Exercice D:
    Elle le sentait, quelqu'un l'observait. Là où ses petits pieds butaient sur des cailloux grisonnant ; sous la pluie fine créant des flaques où se reflétaient son portrait, la jeune fille, cachée sous un long manteau à capuche, pataugeait dans les petites flaques qui se dessinaient au fur et à mesure qu'elle avançait. Elle percevait une présence, de plus en plus proche. Elle mimait un arrêt pour casser une branche et se retournait, jetant un oeil par dessus sa petite épaule mais ne discernait aucune silhouette. Cependant, elle le savait, un inconnu s'approchait, il l'épiait. Mais elle repartait gaiement, sautillant entre les cailloux qui la gênait et éjectant les quelques flaques qui se dressaient sur son passage. Elle pensait alors qu'il n'était qu'une illusion ou bien même un farfadet se cachant pour l'observer, elle et ses sifflotements, dans la grande forêt qui les capturait dans leur incessant balancement de va et vient.

    5. Le lundi 13 mars 2017, 20:08 par Eden

    Exercice B

    Mona peut être considérée en un sens comme le double féminin de Grange. En effet, elle aussi goûte aux longues promenades solitaires en forêt et s'adonne à la contemplation. Son prénom semble d'ailleurs venir de monos, "seul" en grec. Il évoque également le verbe moneo, "conduire" en latin, ce qui rappelle la rencontre entre Grange et Mona, alors qu'il la suivait. Néanmoins, son rôle de "guide" est plus large que ce parcours physique. Elle est effectivement la seule personne qui retient l'attention de Grange, qui le fascine.Elle trouve aisément sa place dans la nature alors même que les autres hommes en sont arrachés. Elle est tantôt considérée comme un animal sauvage, "un poulain échappé", tantôt comme un esprit de la forêt, une "fadette" (p.49) ; ses pleurs se transforment en "ondée d'avril" p.149. Tout son être ne fait qu'un avec l'environnement auquel Grange se lie. Elle devient ainsi une forme de refuge pour Grange. Il retrouve d'ailleurs en elle la voie de l'enfance, une idée à laquelle il songe déjà quand il pense que "la moitié de sa vie va lui être rendue" p.15. Il voit en elle l'insouciante enfant, la "petite fille" p.50. En outre, il perçoit également la sensualité de la femme, sa "bouche pulpeuses, aux lèvres lourdes, qui savait déjà chercher son bien" p.56. Il y voit enfin le réconfort d'une mère, la chaleur d'un nouveau foyer. Cette confusion entre les différents statuts de la femme est figurée par l'apparition de Mona sous la pluie, alors que Grange a des difficultés à l'apercevoir. Cependant, malgré sa désorientation manifeste, elle provoque également chez lui une lucidité poétique incroyable ; elle fait jaillir l'embellie gracquienne par la pensée et le désir de Grange, stimulant ainsi l'imaginaire du personnage et le ramenant à ces rêveries. Nous pourrions conclure par les mots de Grange lui-même : " Tu es un paradis !" p.61.

    6. Le lundi 13 mars 2017, 21:13 par Felicien Rioufol

    Lors de leur première rencontre, Grange attribue de nombreuses formes à Mona : elle est une enfant « petite fille », une femme, ou encore une sorcière « fadette ». Mona est une femme insaisissable, ses traits sont troubles, ils déforment la perception de Grange, et sollicitent ainsi son imaginaire. Un rapport dialectique naît entre les deux personnages : Mona par son physique altère les perceptions de Grange ; Grange par sa perception altère le physique de Mona.
    Gaston Bachelard écrit dans son essai L’eau et les Rêves « un fantôme que l'on décrit avec complaisance est un fantôme qui cesse d’agir » et « Il y aura toujours plus de choses dans un coffret fermé que dans un coffret ouvert. La vérification fait mourir les images. Toujours, imaginer sera plus grand que vivre. » Mona est cette être indescriptible, ce coffret qui par son aspect impénétrable stimule l’imaginaire de Grange et provoque son fantasme.

    « plaqués partout contre les meubles comme une lessive qui s'envole sur un roncier, mais au milieu du cyclone, il y avait cette bouche qui se pendait à la sienne, ingénument, goulûment ; il s'était trouvé en elle, sans même y penser "tu es un paradis !" fit-il avec une espèce de stupéfaction paisible ; et il s’étonnait lui-même de ce qu’il disait. Quand elle eut cherché la lampe du bout de ses doigts allongés, la chambre sembla s’enfoncer dans un étang d’eau calme »
    Dans cet extrait, il n’y a plus d’individus, Grange n’est désigné que par d’abstraits pronoms « il », « lui », Mona est fragmentée, elle est désignée par « bouche », « doigts » : leur accoutrement et leur enveloppe corporelle sont pris par une « lessive », par un « cyclone » et leur corps se mêlent. De plus, Mona est la contraction de mono qui signifie d’un seul tenant. Ainsi, le corps de Grange se dissout dans le corps de Mona et ils fusionnent pour ne former qu’un. Les apparences, les corps, les grades militaires ne sont que des persistances esthétiques dissoutes par Mona.

    Comme vue précédemment Mona ressembla à une jeune fille « écolière en chemin vers sa maison », elle rappelle au personnage de Grange son enfance, et le monde du conte— le personnage s’apparente au petit chaperon rouge « longue pèlerine à capuchon », « bottes », « petite sorcière de la forêt ». Grange fantasme en elle cette enfance qu’il semble ne pas avoir vécue, cette « moitié de sa vie » qui— il l’espère— lui sera « rendue ». Mais le personnage de Mona s’apparente également à une femme « hanche de femme » qui mit en rapport avec le conte rappelle la figure maternelle— en générale les contes sont lues par une mère ou une grande mère. Ainsi, la quête de Grange est la recherche d’une mère : une mère qu’il parviendra à retrouver dans la nature et en Mona. Mona représente un refuge, un foyer maternel : « paille douce de cheveux blonds », « crépitement » ; qui rappelle une grange, soit le personnage de Grange lui-même et sa recherche d’un foyer.

    Grange parviendra à trouver le bonheur en Mona, ensemble le temps se dilatera ; après sa disparition tout s’accélérera violemment vers une fin tragique.

    P.S : Bon, excusez-moi, je cite tout le temps Bachelard— et tout le temps les mêmes phrases en plus ! Enfin, je les trouve assez parlantes mise en liens avec le roman de Julien Gracq.

    7. Le mardi 14 mars 2017, 17:52 par sophie hautrive

    Sujet C:
    A la toute fin du roman Un Balcon En Forêt de Julien Gracq, Grange, le personnage principal, retourne dans la maison à présent déserte de Mona pour soigner sa blessure et finalement s'y en dormir. A cet période de l'histoire/Histoire, la "drôle de guerre" vient de prendre fin: en effet, les Allemands on franchit la frontière belge et commence l'invasion de la France. Sachant que le personnage de Mona fut l'éveil sexuel de Grange, perçue à la fois comme une petite fille, une femme et une mère, le fait qu'il retourner chez elle à la toute fin du roman pour s'y endormir fait penser à la figure du petit garçon qui retourne à la maison maternelle après une longue journée de jeu/d'aventure/découverte... Paradoxalement, Grange va se coucher au moment où la véritable aventure pourrait put débuter pour lui, car la guerre est "inaugurée", et l'ennemi est enfin arrivé.

    De plus, la fin du roman fait résonner son incipit: au début du roman, le soldat Grange pénètre dans le paysage de la Meuse comme s'il entrait dans son lit: tout le roman peut ainsi être remis en perspective comme une aventure, qui serait en fait cette période brumeuse d'entre-deux où Grange cherche le sommeil, sommeil qu'il finit par trouver dans la chambre déserte de Mona.

    8. Le mardi 14 mars 2017, 18:26 par Sophie Y

    Exercice A
    Pour répondre à cette question, il semble intéressant de se pencher sur la signification du terme « poétique ». Selon la définition du Larousse, le sens premier est : ce qui est relatif à la poésie. La poésie est l’art d’évoquer et de suggérer les sensations, les impressions, les émotions les plus vives par l’union des sons, des rythmes, des harmonies, en particulier par les vers.
    Le second sens de « poétique » peut-être plus prosaïque permettra éventuellement de répondre à la question posée. Ainsi dans le dictionnaire, on trouve également cette définition : qui est capable d’émouvoir la sensibilité, l’imagination par ses caractères originaux, son charme.
    Un balcon en forêt plonge le lecteur dans un univers flottant, le monde de Grange semble irréel. Le récit se déroule lors qu’un période historique assez déroutante ; la France est en guerre mais ne se bat pas.
    Julien Gracq use d’un vocabulaire fin et permet au récit de rendre compte des mouvements de Grange, de la forêt et de cette maison-forte. Les moindres bruits et les pensées de Grange sont décrits et contés avec soin, le roman s’articule autour des ronrons habituels.
    La relation qu’entretient Grange avec la forêt, qui semble dans le récit être une personne à part entière, est révélatrice de la poésie qui émane de ce texte. Le protagoniste a une facilité à se lier aux différents éléments qui l’entourent. De surcroît, les sensations, l’affection qu’éprouve le protagoniste pour la nature et les paysages sont autant de motifs que l’on peut retrouver dans la poésie.
    La capacité qu’a Grange de s’isoler dans son intériorité et d’arrêter le temps, bien que le monde défile autour de lui, est révélatrice ; Grange semble être sortie d’un poème. Il se retrouve dans un lieu dont il ne connait rien, mais qu’il ne cherche pas à découvrir.
    Ainsi, Un balcon en forêt peut-être perçu comme un récit poétique, Grange parvient à émouvoir le lecteur grâce à la douceur et la sensibilité qu’il incarne.

    9. Le mardi 14 mars 2017, 20:23 par Selma Landqvist

    Exercice C
    Tout au long du récit, figé dans le temps de la « drôle de guerre », Grange est plongé dans un « demi-sommeil », suspendu dans une rêverie dont il ne semble se réveiller qu’à partir de l’assaut des allemands le 10 mai, marquant un retour à la réalité. Blessé, Grange décide alors de retourner dans la maison de Mona et s’endort dans son lit, illustrant la fin du livre.

    Ce geste s’inscrit tout d’abord dans la continuité du livre, symbolise un retour au sommeil, à la rêverie auquel Grange aspire depuis le début du récit, jusqu’à l’assaut perturbant ce calme. Le roman commence en effet avec l’éveil de Grange au nouveau monde qui l’entoure, à la forêt qui lui permet de pénétrer dans son intériorité où il se perd, songe et espère retrouver la moitié de sa vie. Suite à cet éveil, suit la « drôle de guerre » qui semble arrêtée dans le temps, comme endormie. Son geste final prolonge ainsi le sommeil présent au long du récit, mais engage aussi une ambiguïté. En effet, cette fin pourrait symboliser la mort de Grange, un retour à la tranquillité, à un sommeil éternel, où aucun retour à la réalité, donc à la guerre, ne serait possible. En s’endormant, il échapperait ainsi à la brutalité de la guerre qui se livre près de lui, une guerre qui a perturbé sa méditation.

    Grange ne décide pas non plus de s’endormir n’importe où : il retourne dans la maison de Mona, personnage énigmatique qui le suit intimement au fil du récit. Mona le trouble à la fois par son innocence de jeune fille, et par son allure de femme incarnant une figure maternelle. En allant s’endormir dans ses draps, Grange retrouverai ainsi une part de sa propre enfance, se reflétant à travers Mona, lui permettant de retrouver la « moitié de sa vie », mais également un refuge maternel, synonyme de sécurité face à la guerre qui s’éveille.

    10. Le mardi 14 mars 2017, 20:45 par Léa

    Consigne D

    Flac. Flac. Flac. Le bruit de ses bottes rebondit dans cette forêt qu'elle arbore sentier par sentier. Elle zigzague entre les arbres, l'allure désuète. Elle espère qu'il la suit. Il suit. Elle ralentit, jette un regard par dessus son épaule et repart de plus belle à sauter de flaque en flaque. Après tout, c'est une petite fille, une fadette ; une fadette aux hanches de femme. Mais ça il ne le découvre que quand il se rapproche, ou qu'elle le laisse se rapprocher. Il l'intrigue. C'est un soldat rêveur dont l'esprit vole vers les nids et elle, elle reste en contre bas, ne se place pas à la même hauteur. Elle observe son reflet dans le miroir, c'est un homme, ce n'est pas la première fois qu'elle le repère. D'habitude c'est elle qui le suit. Elle le contemple, cherche ses failles, discerne sa pensée, veut connaître ses songes. Le temps ne compte plus, tout se mise ici, dans cette forêt, entre elle et les Falizes. Dans le jeu. Après tout c'est une enfant, une enfant aux airs de femmes. Elle joue comme une fillette sur le chemin de l'école, mais soudain nous sommes dimanche. Elle joue sur me chemin de l'école buissonnière. Elle l'attire, ils s'attirent. L'attraction les rapproche, la hauteur diminue, la distance se resserre. Flac. Flac. Flac. Son clochepied rebondit dans les bois. Elle tourne au coin d'un arbre, sort de la forêt. Les voilà au milieu de la route. Elle retire son lourd capuchon. Une paille dorée lui coule derrière la nuque. Elle se retourne. Le voilà pris dans ses filets.
    "- Je vous ai attendu dans la côte. Vous ne marchiez pas vite ! "

    11. Le mardi 14 mars 2017, 21:01 par Léo Teyant

    Exercice B :

    Mona, dont la rencontre avec Grange lui éveille désir et sensualité, peut-être considérée comme un personnage secondaire. En effet elle ne se place pas en tant qu'élément majeur du récit celle-ci n'apparaissant qu'à la page 48 du livre. Pour autant son statut peut être vu différemment, comme celui qu'entretient Grange à son égard l'est peu à peu, sa silhouette est d'abord décrite comme celle d'une « petite fille dans une longue pèlerine à capuchon ». Cette description prête à penser à la silhouette du petit chaperon rouge ainsi la réelle existence de Mona en est remise en cause dans ces lignes, mais celle-ci va passer de petite fille remémorant des souvenirs d'enfance à Grange, à une jeune femme. Ainsi elle est d'autant plus réelle mais apparaît aussi comme une guide à travers la nature et à travers l'intériorité de Grange. La présence de Mona occulte aussi en partie l’atmosphère que crée cette « drôle de guerre » et permet à Grange de s'isoler et de s’évader encore plus. Nous pourrons donc considérer Mona comme le personnage symbolisant le désir, l'innocence et la nature dans ce livre.

    12. Le mardi 14 mars 2017, 21:17 par Maxime L.

    Exercice D
    Mona naviguait dans la forêt enveloppé par la brume, elle se sentait en harmonie avec les ombres de ce monde et ces perspectives limités. Comme de coutume, la pluie prenait un certain temps pour s’égoutter sur le chemin. Alors, l’averse s’accentua et c’est à ce moment-là que Mona sentit une présence derrière elle. Elle se retourna partiellement et réussi a distinguer une silhouette assez masculine. Elle se mis à patauger dans les flaques, afin de se laisser le temps de décider de l’attitude à adopter. Mona supposa que cet homme venait de la maison forte qu’elle avait aperçue quelques jours auparavant. Elle sentait qu’il avait calqué son pas sur le sien, tout en restant prudent. Elle était intéressé par la perspective de cette nouvelle rencontre, et s’amusa à varier son allure. Elle s’était même mise à siffloter et à marcher à cloche-pied. Mona sentit que le pas de cet homme devenait plus lourd, hésitant à la rejoindre. Elle se demandait si il avait réellement l’intention de l’aborder. Maintenant qu’il était un peu rapproché, elle pouvait ressentir toute l’attention et la curiosité qu’il lui était adressé. Elle alternait désormais entre les silencieux arrêts sur le bord du chemin et départs accompagnés de petits rires ponctuels. Ils conservèrent ce rythme pendant un moment. Tout à coup, Mona se campa dans une flaque et entrepris de laver ses bottes de caoutchouc. Puis, elle décida de se retourner progressivement et d’examiner celui qui arrivait à sa hauteur. Elle pu alors distinguer, malgré son regard plein d’attention, tout le questionnement intérieur qui l’animait.

    13. Le mardi 14 mars 2017, 21:18 par Louis

    Mon travail, en guise de réponse à l'exercice B :
    La rencontre de l'aspirant Grange avec Mona marque un tournant dans le récit de Julien Gracq : elle est d'abord un éveil sentimental pour Grange, mais elle influe aussi sur la temporalité du récit en dilatant le temps.
    Grange, isolé dans la forêt et dans la maison forte, n'a pour relations sociales que des conversations dénuées d'intérêt avec ses collègues. Mona est ainsi la première et unique rencontre importante de l'aspirant Grange. Tantôt décrite comme une fillette perdue, tantôt comme une «fadette» des bois, et tantôt comme une femme : cette triple description de la jeune femme mystérieuse traduit la confusion intérieure de Grange : cette apparition magique est-elle une figure qui lui rappelle son enfance, une femme pour qui il éprouverait une attirance ou une figure maternelle réconfortante, à l'image de la protection qu'offre le Toît ? En ce sens, Mona est assimilable à l'étrangeté et à l'inconstance de la «drôle de guerre» que vit l'aspirant.
    La rencontre avec Mona plonge Grange dans une réflexion intérieure par rapport à "l'mage de sa vie" p48, et cause ainsi une dilatation du temps dans le récit : le rythme est ralenti, la description de la rencontre joue avec les confusions spatio-temporelles. La suite du récit est donc la vie de Grange avec Mona, lente et suave, tiède et confortable. La présence de Mona agit comme une aura apaisante pour Grange, le plongeant dans un rêve éveillé, et son geste final dans l'excipit du Balcon peut ainsi être perçu comme un retour dans ce monde, plutôt que d'affronter l'horrible réalité de la guerre.

    14. Le mardi 14 mars 2017, 22:52 par Laura

    Exercice D :
    Elle l’avait depuis longtemps remarqué, mais il fut un moment où elle sut qu’il l’avait trouvé a son tour. Enfin elle avait réussi à captiver son attention, il était comme loup qui suivait sa proie. Elle s’arrêtait pour voir a quelle distance il était, puis elle se plaisait a sautiller, courir et se disperser pour ensuite sauter de flaques en flaques a pieds joints, afin de se faire entendre. Malgré cela son compagnon de route persistait a ne pas la rattraper d’avantage. Afin de l’attirer d’avantage elle se mettait a courir de plus en plus puis a rire. Lui, la suivait comme un animal suivant son maitre. Il était comme envouté. La crainte était facilement percevable dans les pas hésitant de l’homme. Mais que craignait il ? Etait elle quelqu’un d’étrange a voir ? se demandait elle. Puis elle s’amusa de ce fait, elle décida un moment de s’arrêter, de mettre fin a cette poursuite et de lui parler pour de bon. Mais quand devait elle le faire ? Elle s’amusait tant sous la pluie. Elle voulait lui parler, elle se savait pourtant maître de la situation mais l’homme la troublait pour une raison inconnu. Un moment elle s’arrêta, le senti se rapprocher et n’eut pas le temps de penser a quoi lui dire.
    -C’est mouillé votre forêt , ooh là là ! ce furent les premiers mots qui lui vinrent à la bouche.

    15. Le mardi 14 mars 2017, 23:52 par Myriam

    Elle avançait, seule, sautillante et sifflotante, se perdant avec délice dans les abysses trempées de la forêt. Elle s'amusait à sauter d'une flaque à l'autre, lorsqu'un bruissement puis un bruit de pas se firent entendre. Elle ne se retourna pas pourtant, continuant sa promenade contemplative parmi les arbres, et les gouttes de pluie. Bien qu'inconnue, cette nouvelle présence ne l'incommodait pas et lui semblait au contraire presque naturelle, agréable. Elle sentait cependant qu'il n'en allait pas de même pour la présence, et percevait en elle de la curiosité, ainsi qu'une légère gène, ce qui l'amusa assez. Elle commença à modifier son allure, afin de voir si les pas ralentiraient à leur tour, car elle était finalement assez intriguée, elle aussi. Les pas ralentirent. Elle se retourna furtivement - la curiosité l'emportait. Elle reconnut alors l'homme qui venait quotidiennement prendre son café à deux pas de chez elle. Cela ne la désarçonna pas pour autant, et elle reprit son jeu, tantôt accélérant la cadence, tantôt ralentissant, sautillante et sifflotante.

    16. Le mercredi 15 mars 2017, 18:56 par Christée

    Elle marchait dans la forêt comme si elle en connaissait chaque brindille et sillonnait gracieusement à travers les arbres et diverses plantes dispersées ça et là. Il pleuvait doucement mais la bruine s’était déjà rassemblée en flaque sur le sol. Elle ne put s’empêcher de briser son reflet en sautant dedans à pieds joints. Se prenant au jeu, elle sautilla bientôt de flaque en flaque sans s’occuper du froid ou de l’eau qui imprégnaient son manteau et ses chaussures. Bien qu’elle marchait seule, elle sentait depuis un moment qu’une silhouette l’observait. C’était un homme qui la suivais avec curiosité. La jeune femme n’avait pas peur, elle avait plutôt le sentiment d’être un grand mystère. Elle décida de faire comme si de rien était et continua de sauter dans les flaques en se retournant furtivement afin de voir si l’homme la suivait toujours. Et c’était le cas. De plus en plus intriguée par son inconnu, Mona décida de le laisser la rattraper. Elle était étrangement attirée et fascinée par lui et au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient, elle sentait que cette rencontre avait quelque chose de fantastique.

    17. Le samedi 18 mars 2017, 14:44 par Emmanuelle

    B- Quel rôle Mona joue-t-elle dans le roman ?

    Un Balcon en Forêt est un livre d’attente, attente pendant laquelle des rencontres et des liens se forment. Grange, personnage central du récit est dans une attente interminable de ce qui peut ou ne peut pas arriver : la guerre (« cette drôle de guerre »). Le roman raconte le quotidien d’un soldat mais que serait Un Balcon en Forêt sans la présence de Mona ?
    L'apparition du personnage crée une sorte de parenthèse qui permet d'échapper à l'enfermement causé par l'hostilité d'une telle attente. La rencontre des deux protagonistes sur le chemin marque un tournant dans le récit. En effet, l’arrivée de Mona offre à Grange la possibilité de disgresser. Ce phénomène a pour conséquence l’élargissement du cadre fictionnel. Cet amour naissant se termine par des adieux amers qui dictent les circonstances de la guerre. C’est ainsi que nous comprenons que le rôle de Mona s’avère être celui de l’intermédiaire entre le réel et l’irréel, entre éclaircie et obscurité à l’image du lieu de la rencontre : la forêt. Elle fait le lien entre les deux mondes.
    Le personnage de Mona semble donc jouir d'une extrême importance dans la trame narrative d'un balcon en forêt, et plus particulièrement dans le quotidien de Grange. De même, le rôle de ce personnage féminin est essentiel dans l'instauration d'un équilibre qui touche de très près la structure de l’oeuvre.

    18. Le lundi 20 mars 2017, 03:22 par Balthazar B.

    Je déambulais, à mon habitude sur cette route inondée par la nature. Mes pas tentaient de se faire légers, pour que chacun de mes sauts atteignent cette flaque suivante.
    La musique tonitruante de la pluie drue me cacha, au début, sa présence. Et puis d'un vif coup d'œil au dessus de mon épaule trempée je l'aperçu. A quelques dizaines de flaques de mon corps, un homme, ou du moins sa silhouette. Malgré l'épaisseur de l'averse, je sens son regard peser sur moi.
    Pour ne pas l'alerter, je reprend ma course au travers de ce bois épais et sombre poursuivit par un loup dont le régime m'étais encore inconnu. Un jeu, entre nous, se fit alors sentir. Car même s'il tente de rester discret et maintenir cette distance entre nous, son pas se hâte des qu'il sent me perdre.
    Si je l'avais rencontré en ville, je l'aurais trouvé trop âgé. Mais en présence d'arbres millénaires, je le sens comme rajeunir. Du simple jeu nous passons à la séduction, la curiosité de son œil a à présent laissé place au désir. J'ajoute, j'incorpore alors, dans mes mouvements, qu'il devait s'obstiner à trouver enfantin, une sensualité nouvelle. Son pas s'accélère, comme envoûté, attiré irremediablement par le chant d'une sirène, le désir masculin prend inconsciemment le dessus. A un instant, je me sens comme effrayée par la puissance dégagée de mon poursuivant, dans un mouvement de panique je tente la fuite. Elle me l'interdit, je suis donc pétrifiée sur ce chemin boueux de campagne. Je m'arme donc de curiosité et courage afin de faire face à mon mystérieux partenaire de danse. Le voici et me voilà, tout deux immobiles, frappés par la foudre, nous sommes restés à nous regardé sans dire un mot. Attendions nous d'être complètement imbibés d'eau ou que l'autre dise enfin "Je t'aime !" ? Je n'en ai pas la moindre idée. Ma seul certitude, c'est que quelques flaques et regards plus loin, nous consumions cette amour passionné et enragé dans un lit qui ne saurait être autre que le mien.