En guise de prolongement à notre travail sur la Renaissance humaniste, que nous achèverons avec la lecture de Montaigne, je vous propose de découvrir, en vidéo, le célèbre tableau de Hans Holbein le jeune (1497-1543), Les Ambassadeurs (1533).

Texte complété le mercredi 3 mai 2017.


En quelques mots

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Hans Holbein représente ici deux courtisans français : Jean de Dinteville, à gauche, est ambassadeur à la cour d’Henri VIII. Georges de Selves est évêque de Lavaur (dans le Tarn). Ce double portrait en pied commémore leurs retrouvailles à Londres en 1533. Ils entreprennent alors d’empêcher la séparation de Rome et de l’église protestante.

Au centre du tableau toutefois, l’œil est attiré non par les personnages mais par de nombreux objets qui semblent faire l’éloge de l’invention humaine, dans un inventaire pictural qui n’est pas sans rappeler la fameuse lettre sur l’éducation, adressée par Gargantua à son fils Pantagruel dans le roman éponyme de Rabelais.

Mais différents symboles soulignent a contrario la fragilité des hommes et du monde, dans un contexte de schisme religieux : la corde cassée du luth est une allégorie traditionnelle de la mort, par exemple. Plus spectaculaire est l’anamorphose, c’est-à-dire la déformation subie par le crâne, symbole de vanité, qui apparaît au premier plan dans sa forme originale si l’on observe le tableau de côté.

Ainsi ce tableau est-il devenu un emblème de la Renaissance humaniste : l'appétit de savoirs, saisi dans un moment lié à la fracture confessionnelle qui menace, apparaît comme un idéal, mais aussi comme une marque de l'orgueil des hommes, qui ne doit pas faire oublier la précarité de la condition humaine.

En vidéo

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