Tout ce qu’il vous faut pour bien préparer votre épreuve !

Billet mis à jour lundi 19 juin.

J'ai ajouté un complément que je crois intéressant sur l'éloge du tabac par Sganarelle ; je vous renvoie au lien ci-dessous.

Si nécessaire, lisez bien ce qui concerne l'erreur que j'ai commise page 40. Pas d'inquiétude à avoir si vous avez bien réimprimé la page.


Au sommaire


Erreurs à prendre en compte

Dans le descriptif

Un bug a engendré un blanc dans le premier texte de Montaigne, page 40, en bas à droite. Selma a encore une fois été plus vigilante que moi ; je ne m’en suis malheureusement pas aperçu et vous prie de m’en excuser.

Pas de panique : je vous recommande seulement, mais vivement de réimprimer la page 40 que je remets ci-dessous en téléchargement, à part. Le fichier pdf complet a été corrigé également. Par ailleurs, je vous invite, si vous tombez sur ce texte à l’oral, à prendre votre livre avec vous - il vous le faut de toute façon. Il s’agit de la page 17 dans “Des Cannibales”.

Mise à jour du jeudi 15 juin : le centre d'examen a reçu mercredi le pdf de la page corrigée et j'ai déposé ce jeudi matin le texte réimprimé sur place (dont la page en question) ; il sera remis aux examinateurs la semaine prochaine. Merci encore Selma !

Dans les lectures complémentaires

À la suite des remarques de Pierre-Louis sur deux devoirs (sur le théâtre, devoir oublié ; sur la poésie, corpus différent), je vous invite à re-télécharger les documents complémentaires des séquences I et III.


Préparation

Synthèses sur nos lectures

Retrouvez ci-dessous, dans la rubrique “À lire aussi”, toutes les synthèses et tous les compléments autour des textes lus pour la première partie de l’oral.

Je remercie beaucoup nos scribes qui, depuis le mitan de l’année, ont vaillamment pris d’assaut le clavier, bataillé dans le flux des échanges et rendu compte de nos lectures.

Attention, oyez oyez.
J’ai passé les synthèses au peigne orthographique - en espérant qu’il ne reste aucune coquille - ; en revanche, je n’ai pas eu la possibilité de relire l’ensemble de ce qui a été pris en note. Croisez toujours la synthèse proposée, vos notes personnelles et le travail du Scribe. Si vous avez le moindre doute sur un point donné, contactez-moi pour que je procède aux vérifications nécessaires.

Descriptif

En annexe, vous pouvez télécharger le descriptif complet. Attention, c’est la version imprimée, signée et tamponnée qui doit être utilisée le jour de l’oral.

Textes et documents complémentaires

Retrouvez ci-dessous tous les documents dont vous avez besoin, y compris les pdf de l’ensemble des lectures complémentaires (textes complémentaires, devoirs…).

Rappels pratiques pour le Jour J

  • Venez 30 minutes avant votre heure de convocation.
  • Attendez en silence près de la salle de passage. Les salles vous seront indiquées le jour même.

Ayez le matériel, les œuvres et les documents suivants :

  • Une montre, de quoi écrire, votre descriptif non annoté en deux exemplaires,
  • les œuvres étudiées en lecture intégrale (théoriquement en deux exemplaires… mais la plupart du temps le second n’est pas exigé) : Dom Juan, Les Fleurs du Mal, Un balcon en forêt, Gargantua, Des Cannibales et Hamlet (dans la traduction de Bonnefoy), tous sans annotation aucune,
  • vos documents complémentaires non annotés, classés par séquence, dans un lutin de préférence (c’est là plus qu’une vive recommandation : ne pas avoir ces documents ne fera vraiment pas sérieux, et vous pourrez y avoir recours pendant l’entretien).

L’oral est une rencontre…

  • Montrez-vous d’emblée prêt à travailler ; ne farfouillez pas dans vos affaires à la recherche de tel ou tel outil de travail.
  • Saluez votre correcteur (“Bonjour Madame, bonjour Monsieur” et non un sec “Bonjour !”).

Méthode de la première partie

Je rappelle que vous pouvez vous appuyer sur un exemple expliqué à partir de l’éloge de l’inconstance de Dom Juan.


Quelques questions-réponses

Comment faire quand il y a trop de choses à dire sur un texte ?

Cela vous arrivera si le texte est très riche et la question très ouverte.

Pas d’inquiétude : essayez vraiment d’articuler votre réponse sur la question. Songez ensuite que l’essentiel pour l’examinateur, c’est la prise en compte de la question et la qualité du va-et-vient entre fond et forme. Ce n’est pas grave si vous ne dites pas tout, et c’est de toute façon impossible. Enfin, je rappelle que l’examinateur est plus ou moins subtilement conduit à vous interroger sur les angles de travail que nous avons adoptés, et qui figurent sur le descriptif.

Un exemple avec “Le cygne” : si l’on vous demande en quoi ce texte contribue à faire de Baudelaire le “poète de la modernité”, vous évoquerez sans peine :

  • les bouleversements du Paris haussmannien, qui transforment et dégradent la ville,
  • les figures allégoriques de la mélancolie que sont Andromaque et le Cygne, entre majesté, ridicule et rencontre avec des personnages prosaïques (les deux dernières dimensions apportant cette touche baudelairienne de modernité),
  • le motif classique du miroir-eau, dégradé au fil du poème.

Peu de chances en revanche que vous ayez temps et intérêt pour le mouvement d’ouverture qui caractérise le poème, du “roc” des souvenirs au “cor” de l’imagination, de la mélancolie du poète vers celle de tous les exilés. C’est pourtant un aspect important du texte, mais pas de la question.

Faut-il dire les noms des personnages pour un texte théâtral ?

Plus globalement se pose la question du texte didascalique, qui fait partie du texte théâtral à commenter. Pour les noms des personnages dans Dom Juan, je suggérais à mes anciens élèves, comme plusieurs de mes collègues, de lire le nom d’un personnage à l’occasion de sa première réplique seulement. Mais même cela peut hacher la lecture. On peut donc imaginer, plus simplement, de dire les noms des personnages juste au début de la lecture, dans l’ordre dans lequel ils sont indiqués (“Dom Juan, Sganarelle, un Pauvre”).

Les didascalies, dans Dom Juan, renvoient à des gestes (“Dom Juan, apercevant Charlotte” ; “Il court au lieu du combat”) ou précisent à qui la réplique peut être adressée (“Dom Juan, faisant signe d’approcher à Sganarelle”). On peut les lire, d’un ton très neutre, pour bien le distinguer des paroles. Il faut s’imaginer qu’on est comme un metteur en scène qui indiquerait à sa troupe, par sa seule voix, la direction à prendre, l’interprétation vers laquelle tendre.

Dans l’ultime texte de l’année, de Tardieu, les didascalies jouent un autre rôle, elles sont, comme cela a été dit en cours, “littéraires” et destinées à un lecteur. Même si le reporter s’exprime “avec angoisse” et qu’au fond, sans lire cette didascalie, on pourrait faire sentir l’angoisse en lisant la réplique qui suit, la présence de cette indication participe de l’ironie du texte et mérite sans doute d’être lue - au second degré.

Sur les textes de Dom Juan et Montaigne, on peut avoir l’impression que le propos n’est pas assez centré sur le texte et sur l’analyse. Comment faire ?

Oui, certains textes nécessitent un éclairage contextuel, davantage que d’autres. C’est le cas de ces œuvres.

Il ne faut pas hésiter à faire un détour contextuel, ciblé, court, et introduit comme tel. Voici un exemple avec la scène du Pauvre.

Le nom du Pauvre dans la liste des personnages, Francisque, renvoie à l’ordre mendiant des Franciscains. Il s’agit donc pour Molière de faire du Pauvre le représentant de tous les pauvres, presque un personnage allégorique. Il peut être nécessaire de faire appel au contexte historique et religieux un instant. En effet, rappelons qu’au XVIIe, les pauvres étaient vus comme plus proches de Dieu que les autres hommes. En échange de l’aumône, ils apportaient le salut. La présence du Pauvre dans la pièce met donc en jeu l’échange entre un bien matériel et un bien spirituel. Le rattachement de cet ermite à un ordre mendiant par son nom prépare le piège que va lui tendre Dom Juan, et la réflexion ainsi offerte au spectateur.

Attention à formuler correctement la question qui vous a été posée.

Je vous invite à revoir et corriger si nécessaire votre manière de réénoncer la question posée (comme à l’écrit), pour éviter la confusion entre interrogative directe et interrogative indirecte.

Que faire avec une question qui porte sur une notion ?

Si par exemple on vous demande en quoi l’extrait de la pièce de Tardieu (dans la dernière séquence) est burlesque (ici, la notion de burlesque est un registre), le plus simple est de définir la notion après avoir réénoncé la question.

Autrement dit, vous réénoncez la question (Vous m'avez posé la question suivante : "..."), PUIS vous définissez brièvement le ton burlesque, ET ENFIN vous annoncez votre plan.

Il faut donc ajouter une brève étape à ce moment-là de l’oral - sans trop en dire toutefois. S’il est logique de définir la notion au cœur de la question, ce sont les axes du développement qui permettront de détailler ce qu’il y a de burlesque dans ce texte.

Revoir les registres (ou les tons)

Le site Magister propose une synthèse extrêmement bien faite sur les registres, dont je rappellerai simplement qu’il s’agit de catégories qui correspondent à des émotions fondamentales et / ou des modes de représentation du monde : tragique, pathétique, comique, burlesque, satirique, ironique, polémique, épique, lyrique, épidictique (admiration, éloge)…


Seconde partie : l’entretien

Je vous invite à redécouvrir les conseils donnés précédemment sur cette étape payante de l’oral si vous la préparez intelligemment.

Je propose également des exemples de réponses pour un entretien qui commencerait par la problématique de la séquence sur la poésie, en annexe ci-dessous. À vous de décliner ces réponses avec le matériau de chaque séquence.

Attention, je propose un cadre qui vise à échanger sereinement, en construisant des réponses précises et étoffées. N'en faites pas un moule, une contrainte qui étoufferait la pensée et le dialogue. J'ai utilisé la métaphore de la partie d'échecs, parce qu'il est intéressant d'avoir des "coups d'avance", mais ne faites pas de l'entretien un duel. Cela reste une rencontre ; invitez l'examinateur, par les questions qu'il pose, à entrer vraiment et avec plaisir dans votre bibliothèque personnelle, telle qu'elle a pu s'enrichir cette année.

Pour évoquer nos rencontres avec Kim Thúy, Bérengère Cournut et Sorj Chalandon

Si vous en avez l’opportunité, je vous invite bien sûr à évoquer nos rencontres avec les trois écrivains que nous avons pu découvrir en chair et en os.

Attention dès lors à ne pas verser dans l’extase - même si ces rencontres me laissent personnellement un souvenir extatique. Si en une phrase, vous pouvez expliquer que tel ou tel écrivain vous a marqué, il convient, dans cet échange, et cela vaut pour toutes les questions au fond, d’expliquer en quoi et pourquoi.

Par exemple, je vous invite à vous remémorer :

  • les réflexions sur la langue (notamment l’apprentissage du français, la limite des mots, l’importance de M. Duras) formulées par Kim Thúy, sur sa propre lecture de la réception française de ses romans (la structure fragmentaire, qu’elle ne ressent pas comme telle),
  • ou encore le propos de Bérengère Cournut sur la genèse de Née contente à Oraibi (le deuil, d’une part ; l’altérité radicale des Hopi, qui a permis ce récit de deuil et d’initiation), ou sur sa vision de la littérature,
  • ou encore, bien entendu, notre échange avec Sorj Chalandon : la question du roman et de l’autobiographie, l’écran protecteur de la fiction, le “roman d’amour” qu’il ne pensait pas avoir écrit…

N’hésitez pas à renoter vos souvenirs de ces rencontres, les propos qui vous ont éclairé sur les œuvres, comme les œuvres nous ont éclairés sur l’expérience humaine.

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