Vous trouverez ci-dessous des conseils, des repères méthodologiques illustrés d’exemples pour consolider vos connaissances, vous remettre le pied à l’étrier ou parfois, si nécessaire, découvrir des éléments importants afin que ce premier entraînement vous soit bénéfique.

Je reviens également sur notre premier corpus, centré sur ce qu’on appelle l’illusion théâtrale, ainsi que sur le sujet de dissertation, l’un ou l’autre faisant l’objet de votre premier devoir à la maison.

Bon courage !


Sur votre copie

Merci de laisser la première page vierge, comme indiqué sur la page de garde du corpus.

Si vous lisez cette instruction après avoir commencé votre travail, ce n’est pas grave, vous ne serez bien sûr pas sanctionné.


En cas de difficulté, pour demander un conseil

N’hésitez pas à me joindre par mail (mais pas lundi soir !). Je vous répondrai rapidement : une telle demande d’aide ou de précision ne doit surtout pas vous paraître honteuse ; cet accompagnement fait partie de votre formation.


Sur l’illusion théâtrale, en quelques mots

Nous reviendrons largement sur cette notion, d’ores et déjà comprise par vous, et explicable simplement : le théâtre donne l’illusion de quelque chose de réel, qu’il s’agisse des personnages ou de l’histoire. Mais le spectateur - normalement : nous reparlerons de ce que Stendhal en dit - sait que c’est factice. L’auteur et le metteur en scène, enfin, peuvent mettre en relief la théâtralité, c’est-à-dire rappeler, par des moyens divers, que nous sommes au théâtre, ou bien, tout au contraire, gommer cette théâtralité pour accentuer l’effet de vraisemblance et élever le fameux “quatrième mur” théorisé par Diderot au XVIIIe siècle..

Mais le spectateur, au théâtre, a toujours le dernier mot !


Pistes de réflexion si vous travaillez sur la question sur corpus

Voici quelques pistes pour vous poser les bonnes questions, afin de proposer des rapprochements intéressants entre les textes et des lectures pertinentes pour chacun d’entre eux, au regard de la question posée.

  • À quoi voit-on que la frontière s’efface ?
  • Comment ? Dans quels passages précisément (qui pourront être cités dans le développement de la réponse) ?
  • À quel moment de la pièce et dans quel type de scène ce jeu s’installe-t-il, d’après le peu que vous savez des textes (si ce moment et ce type sont repérables bien sûr : exposition, dénouement, moment de crise…) ? Quelle forme prend-il (monologue, dialogue…) ? Pourquoi ?
  • De quel ton (ou registre : voir ci-dessous) ces passages où vacille le “quatrième mur” relèvent-ils ? Avec quel effet sur le spectateur ?
  • Si cette frontière en effet s’estompe, pour quoi faire ? Quel effet cela produit-il sur le spectateur ? Quel éventuel lien cela crée-t-il avec lui ? Quelle image des personnages et de leur histoire cela donne-t-il ? Cela a-t-il une fonction dramaturgique (c’est-à-dire liée à la structure de la pièce, et donc au moment où a lieu ce jeu sur la théâtralité) ?

Si vous souhaitez consolider vos connaissances sur les registres (ou les tons)

Le site Magister propose une synthèse extrêmement bien faite sur les registres, dont je rappellerai simplement qu’il s’agit de catégories littéraires qui correspondent à des émotions fondamentales et / ou à des modes de représentation du monde : tragique, pathétique, comique, burlesque, satirique, ironique, polémique, épique, lyrique, épidictique (admiration, éloge)…

Que ce vocabulaire technique ne prenne pas le pas sur votre réflexion, surtout en début d'année ! L’essentiel est de s’attacher aux effets produits par le spectateur, qui peut sourire, rire, s’interroger, éprouver de la pitié à l’égard d’un personnage…


La lecture et la suggestion de plan de Ninon

Avec justesse, Ninon disait voir, en classe, des similitudes entre d’une part, les textes de Shakespeare et d’Anouilh, et d’autre part ceux de Molière et Beckett. Une telle approche permet déjà d’organiser le développement d’une réponse à la question sur corpus, en deux parties encadrées bien sûr par une introduction et une conclusion.

Je reproduis ci-dessous sa proposition, en la remerciant au passage de me l’avoir envoyée, tout en précisant que vous pouvez aussi bien vous l'approprier que proposer une autre organisation :

Il me semble que l’on peut étudier ces 4 textes en deux parties : une première avec le texte de Shakespeare et celui d’Anouilh. Dans ces textes, l’on s’adresse de manière claire et directe au spectateur.

Une seconde avec le texte de Molière et celui de Beckett où l’on peut comprendre que l’on parle et l’on s’adresse aux spectateurs mais de façon moins évidente, moins explicite.


Conseils si vous choisissez la dissertation

Je serai moins disert pour le sujet de dissertation, auquel nous n’avons pas réfléchi en classe. Je vous renvoie aux liens ci-dessous faute de mieux, mais en vous laissant quand même avec quelques éléments de réflexion.

  • Songez, dans votre dissertation (même si elle n’est qu’en partie réalisée), à ne pas trop séparer “plaisir” et “émotion”. Bien sûr, une sous-partie peut s’attacher davantage à l’une des deux notions. L’essentiel est de n’en délaisser aucune des deux dans une même partie. On ne saurait par exemple envisager une partie sur le plaisir du spectateur, une autre sur l’émotion.
  • La forme compte bien sûr beaucoup dans une dissertation. Mais si vous devez vous (ré-)approprier cet exercice, que votre effort pour produire une dissertation composée selon les règles de l’art ne phagocyte pas l’enjeu de toute dissertation : révéler, dans la démonstration rédigée par vos soins, votre capacité à réfléchir à ce qu’est la littérature et à ce qu’elle porte (et nous apporte).
  • Vous l’aurez noté, le sujet porte lui aussi sur l’illusion théâtrale. L’analyse des termes du sujet doit vous amener à vous poser, au brouillon, des questions qui le déplient : franchement, un spectateur peut-il vraiment croire vrai ce qui est représenté devant lui ? Sinon, pourquoi cette question ? Y a-t-il dans l’expérience du spectateur des moments de si grande vraisemblance qu’ils décuplent l’émotion (laquelle ?) et le plaisir qu’il éprouve ? Pourquoi ? Grâce à quoi ? Y a-t-il au contraire dans telle ou telle pièce des moments où s’exhibe la théâtralité, où tombe le “quatrième mur”, des discours des personnages adressés au public tels que l’émotion (laquelle ?) et le plaisir s’en trouvent accrus ?…

Repères méthodologiques

Je réunis ci-dessous des liens vers des fiches méthodologiques pour la question sur corpus et la dissertation, en complément de notre travail en classe, afin de vous aider à réussir votre premier devoir.

Bon courage ! Prenez plaisir à réaliser ce premier entraînement. Jouez avec les textes, dégagez la saveur de chacun d’eux, mettez un peu de lumière sur leurs zones d’ombre (celle, par exemple, de l’éventuelle folie d’Harpagon - théâtralité due à Molière ou vraie folie de son héros ? -, dont Louise soulignait à raison le caractère difficilement décidable).

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