Voici notre programme de lectures pour les semaines à venir : finir Dom Juan bien sûr, mais aussi étoffer votre culture théâtrale avec un éventail de lectures possibles. Enfin, vous le savez, plusieurs romans vous attendent et vous seront présentés en Café littéraire lundi 16 octobre.

Pour le théâtre, choisissez une à deux pièces parmi celles proposées ci-dessous et lisez-les (impérativement) d’ici lundi 6 novembre.


Notre programme de lectures

Jusqu’aux vacances de la Toussaint : le théâtre

  • Dom Juan : si vous ne l’avez pas déjà lue en entier.
  • Une à deux pièces de théâtre d’ici la fin des vacances.

Aller directement aux pièces de théâtre conseillées


De la Toussaint à Noël : votre roman de la rentrée littéraire ; Gracq ; un roman sur le héros et ses paradoxes

  • Dans le cadre de notre Prix littéraire, six romans au moins seront à lire à partir de la semaine du 16 octobre, jusqu’à la fin des vacances de Noël parmi la sélection qui vous sera proposée par Mme Beaubatie, Mme Clouet d’Orval et moi-même. J’insiste en premier lieu sur Mercy Mary Patty dans la mesure où nous irons à la rencontre de Lola Lafon mercredi 8 novembre.

Les voici :

1L1 romans de la rentrée littéraire, par pgdanset
  • En cours, nous étudierons Un balcon en forêt : au retour des vacances de la Toussaint, nous entamerons la lecture et l’étude de ce roman de Julien Gracq.
  • Enfin, au cours de la même période, je vous proposerai la lecture d’un roman sur le héros et ses paradoxes, qui complètera la lecture du Balconde Gracq.

Théâtre : lectures conseillées

Votre objectif

À l’oral comme à l’écrit du Bac, vous devez somme toute montrer :

  • que vous connaissez le théâtre classique, c’est-à-dire ce qui a été travaillé en Seconde : la comédie et la tragédie ;
  • que vous avez une bonne connaissance de la manière dont les formes du théâtre classique ont été renouvelées par la suite ;
  • que vous avez une bonne connaissance également des principes de l’écriture théâtrale, du texte à la mise en scène.

Je vous demande pour cela de lire une à deux pièces en plus de Dom Juan.

En premier lieu, faites le point sur vos connaissances. Si vous jugez nécessaire d’étoffer votre culture classique, lisez une pièce du XVIIe siècle parmi celles proposées ci-dessous de préférence. Si vous avez un autre choix en tête, faites-m’en part.

Choisissez ensuite une (ou deux) pièce(s) qui vous permettront de découvrir ou de redécouvrir l’évolution des formes théâtrales, du XVIIe siècle à nos jours, en puisant dans les propositions ci-dessous : XVIIIe siècle avec Marivaux et Beaumarchais, XIXe siècle avec Hugo et Musset, XXe siècle.

XVIIe : si vous souhaitez enrichir votre culture classique

Puisant dans le fonds antique comme dans le théâtre médiéval, le théâtre classique, de Corneille à Racine, en passant par Molière, est dans une très large mesure la matrice de la création théâtrale française d’aujourd’hui.

Corneille

Pierre Corneille participe pleinement à la codification des règles théâtrales au long du siècle, alors que son Cid (1637) est remanié de nombreuses fois. La pièce a connu un immense succès, mais les doctes ont reproché à Corneille ses irrégularités et son invraisemblance. C’est que le théâtre de Corneille prend racine dans le mouvement baroque, alors que peu à peu s’édifient de nouveaux codes d’écriture qui annoncent le Classicisme des années 1660-1680. Le dramaturge réécrit Le Cid jusqu’en 1660 ; alors que le sous-titre original était “tragi-comédie”, l’édition de 1660 porte la mention suivante : “tragédie”.

Lectures conseillées :
  • Le Cid
  • L’illusion comique (une pièce qui donne à réfléchir sur l’art et le pouvoir du théâtre)
  • Cinna, entre autres tragédies.

Molière

Pour l’auteur de Dom Juan, je vous renvoie à notre cours. Gardons à l’esprit qu’il a longtemps, si ce n’est toujours eu les yeux rivés sur le grand genre de son époque qu’était la tragédie, et que ses comédies, certes marquées par une dimension farcesque pour beaucoup d’entre elles, ont élevé le genre jusqu’au rang de la tragédie, par le choix des sujets, leur résonance particulière avec la société du XVIIe siècle, et la densité de personnages universels comme Arnolphe, le Tartuffe, Dom Juan ou encore Alceste.

Lectures conseillées :
  • Le Tartuffe
  • Le Misanthrope

En folio, les deux pièces sont notamment disponibles dans une édition qui les réunit à Dom Juan et dont les préfaces sont lumineuses.

Racine

Avec Racine, la tragédie atteint son plus haut degré de perfection formelle (ce qui ne signifie pas que ses pièces soient supérieures à celles de son grand prédécesseur et rival, Corneille).

Lectures conseillées
  • Phèdre (son chef-d’œuvre, mais qui peut être difficile d’accès)
  • peut-être plus accessibles : Andromaque, Britannicus, Bajazet

XVIIIe : pour découvrir comment évolue la comédie

Marivaux et Beaumarchais, héritiers novateurs

Le rire demeure au service d’un regard critique sur les hommes et sur la société ; l’intrigue de la plupart des comédies reprend des trames connues (mariage empêché, ruse des jeunes amants). Mais Marivaux comme Beaumarchais, les deux grandes figures du siècle s’agissant de la comédie, créent un théâtre singulier, qui renouvelle le genre. Marivaux met notamment l’accent sur la naissance des sentiments, et leur révélation par le biais de la parole théâtrale, avec des pièces dynamiques et une écriture enlevée. Avec Figaro, Beaumarchais invente un valet malin, intelligent et porteur d’une parole subversive à l’encontre de la société ; les deux pièces ci-dessous sont composées autour de ce personnage, et relèvent d’un théâtre à la fois vif, critique et drôle.

Lectures conseillées
  • Le Jeu de l’amour et du hasard, La double inconstance, L’esquive de Marivaux
  • Le Barbier de Séville, Le Mariage de Figaro de Beaumarchais

XIXe : le drame romantique, affranchi du Classicisme

Étoffer vos connaissances sur le théâtre du XIXe vous amènera à envisager essentiellement deux genres : le drame romantique (et à son côté la comédie romantique) et toute une veine comique, avec le vaudeville et le théâtre de boulevard. Je laisse de côté ce second volet, et vous invite à profiter de la scène parisienne pour voir des pièces de Labiche, Feydeau ou encore Courteline. Nous irons d’ailleurs voir une pièce de Feydeau.

Le drame romantique

Affranchi des règles du Classicisme, le drame romantique mêle les registres : on y rit, on s’y émeut, on y pleure au gré des aventures quasi romanesques des personnages, dans des pièces qui font voler en éclat la fameuse règle des trois unités qui corsetait le théâtre sans plus être féconde. Hugo théorise et réalise cette alchimie nouvelle ; Musset est un autre éminent représentant de ce genre finalement éphémère.

Lectures conseillées
  • Lorenzaccio de Musset : comment Lorenzo projette l’assassinat d’Alexandre de Médicis, tyran de Florence. Une pièce en prose vraiment faite pour être lue (dans un fauteuil, comme écrirait Musset), avec un héros fascinant : tourmenté, rusé, archétype du héros romantique, avec une dimension presque “hamletienne”. Du même auteur, la comédie romantique et assez cruelle On ne badine pas avec l’amour.
  • Ruy Blas de Hugo : un drame romantique qui selon le principe cher à Hugo mêle les registres : tragique et comique, sublime et grotesque s’entrecroisent dans cette pièce qui voit un valet, Ruy Blas, s’élever grâce à son intelligence et au masque. Don Salluste, aristocrate en disgrâce, compte piéger la reine grâce à un valet déguisé en noble. Mais Ruy Blas s’élève réellement au-dessus de sa condition grâce à son esprit et séduit la reine. Autre grand drame romantique de Hugo : Hernani.

XXe : les mythes antiques revisités, le théâtre de l’absurde, le théâtre contemporain

Vous choisirez parmi les lectures ci-dessous si vous souhaitez découvrir un théâtre qui renouvelle les formes classiques.

La relecture des mythes antiques

Ces pièces vous permettront de découvrir comment sont réactualisés les mythes antiques pour interroger le XXe siècle.

  • La guerre de Troie n’aura pas lieu de Giraudoux (intéressante sur le plan de l’argumentation, notamment pour l’objet d’étude “La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation).
  • Antigone d’Anouilh (seulement si vous ne la connaissez pas déjà ; attention, cette pièce est souvent lue en 3ème : au Bac, il faudra être capable de parler d’autres pièces en plus de celles-là).
  • La machine infernale de Cocteau, une très originale réécriture du mythe d’Œdipe.

Les années 50 : un nouveau théâtre, placé sous le signe de l’absurde et de la dérision

  • Ionesco : La Cantatrice chauve, La leçon, Les chaises, Rhinocéros. Eugène Ionesco fait éclater les formes du théâtre : personnages désindividualisés, conversations vides de sens, intrigues absurdes (La leçon) ou inexistantes (La cantatrice chauve). Le comique naît de situations de communication délirantes, absurdes, qui sont aussi une manière d’interroger les limites du langage.
  • Beckett : En attendant Godot, Fin de partie. L’œuvre de Beckett est peut-être plus empreinte de métaphysique et de pessimisme que celle de Ionesco ; elle est moins immédiatement comique, car le rire surgit vraiment sur un fond tragique.

Autres pièces du XXe… un peu à la diable

  • Camus : Caligula ou Les Justes. J’aime personnellement beaucoup le théâtre de Camus, même si je préfère son œuvre romanesque.
  • Huis clos de Sartre.
  • Six personnages en quête d’auteur de Pirandello est une pièce vraiment originale, en ce qu’elle joue beaucoup de la théâtralité et d’un va-et-vient entre réalité et fiction : six personnages ont vécu une histoire et souhaitent la voir mise en scène. Ils s’adressent pour cela à un Directeur, dont ils remettent les choix en question, ne se reconnaissant pas dans son interprétation.

Auteurs contemporains

  • Koltès, Combat de nègre et de chiens, Le Retour au désert (entre autres pièces : la seconde, plus comique, est plus facile à lire ; avoir lu Koltès vous donnera un aperçu intéressant du théâtre contemporain, enfin, ici, de la fin du “siècle dernier”). Autres pièces que je ferai circuler en classe : Dans la solitude des champs de coton, Quai Ouest. Vous apprécierez sans doute ce théâtre qui met en scène l’incommunicabilité entre les êtres, la question de la solitude, dans une langue très poétique tout en étant simple.
  • Lagarce, Juste la fin du monde, Dernier remords avant l’oubli : nous l’avons découvert ou redécouvert en classe. Théâtre là aussi très poétique, même s’il se prête plus à la diction qu’à la lecture silencieuse, me semble-t-il.
  • Pommerat, Cendrillon : une réécriture du fameux conte, très contemporaine et vraiment passionnante. Écrite à contre-courant de la tradition, la pièce met en scène la délivrance de Sandra, appelée Cendrier par ses belles-sœurs. Souffrant de ne pas réussir à penser à sa mère défunte aussi souvent qu’elle croit devoir le faire, Sandra s’enferme dans le malheur, au point de réclamer, comme par masochisme, de faire tout le ménage de la maison. Du même auteur : Le petit chaperon rouge, Pinocchio.

Théâtre (rideau)

ImprimerIMPRIMER

À lire aussi