Quelques vers de Phèdre pour une analyse au cordeau. Nous y reviendrons en cours : il s’agit de ce qu’on trouvera au cœur d’un commentaire : non pas seulement la lecture du texte, mais une plongée dans la « fabrique » de ce dernier.


Si je la haïssais, je ne la fuirais pas.

Hippolyte à Théramène, Acte I, scène 1.


Tu sais combien mon âme, attentive à ta voix,
S’échauffait aux récits de ses nobles exploits,
Quand tu me dépeignais ce héros intrépide
Consolant les mortels de l’absence d’Alcide,
Les monstres étouffés, et les brigands punis,
Procuste, Cercyon, et Sciron, et Sinis,
Et les os dispersés du géant d’Épidaure,
Et la Crète fumant du sang du Minotaure.
Mais quand tu récitais des faits moins glorieux,
Sa foi partout offerte, et reçue en cent lieux ;
Hélène à ses parents dans Sparte dérobée ;
Salamine témoin des pleurs de Péribée ;
Tant d’autres, dont les noms lui sont même échappés,
Trop crédules esprits que sa flamme a trompés !
Ariane aux rochers contant ses injustices ;
Phèdre enlevée enfin sous de meilleurs auspices ;
Tu sais comme, à regret écoutant ce discours,
Je te pressais souvent d’en abréger le cours.

Hippolyte à Théramène, Acte I, scène 1.


Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue.

Phèdre à Œnone, Acte I, scène 3.

Voir travail fait en classe en annexe.


De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins.
Tes malheurs te prêtaient encore de nouveaux charmes.
J’ai langui, j’ai séché, dans les feux, dans les larmes.
Il suffit de tes yeux pour t’en persuader.

Phèdre à Hippolyte, Acte II, scène 5.


Venge-toi, punis-moi d’un odieux amour.
Digne fils du héros qui t’a donné le jour,
Délivre l’univers d’un monstre qui t’irrite.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte ?
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper.
Voilà mon cœur. C’est là que ta main doit frapper.

Phèdre à Hippolyte, Acte II, scène 5.


ImprimerIMPRIMER