Exemple retenu : la tirade de Phèdre à l’acte I, scène 3.


Introduction

Lorsqu’en 1687 Racine publie ses œuvres complètes, il donne à la dernière de ses grandes tragédies le titre que nous lui connaissons en ne gardant que le seul nom de Phèdre. C’est qu’Hippolyte, le héros éponyme de la pièce d’Euripide, victime de l’amour maudit que lui porte sa belle-mère, n’a pas l’éclat de la reine, amoureuse à en mourir et à faire mourir autrui. À l’Acte I, scène 3, la servante Œnone, inquiète pour sa maîtresse, la presse de questions et parvient avec le spectateur à connaître la vérité sur le mal qui la ronge. Nous verrons en quoi ce premier aveu de Phèdre, tendu vers un effort de justification, révèle la naissance et la puissance d’un amour tragique. C’est un récit proche du plaidoyer, qui met en scène la fulgurance du sentiment amoureux, de sorte que se dégage de cette tirade une vision pessimiste de l’amour.


Conclusion

En conclusion, c’est bien à la fois un aveu et un plaidoyer pro domo que prononce Phèdre, qui a tout tenté, en vain, pour se déprendre de son amour pour Hippolyte. Le sentiment amoureux est dépeint dans toute sa fulgurance, avec les tourments qu’il inflige. La noire vision qu’en donne Racine est celle d’une condamnation sans issue de celui qui aime : en effet, le motif du sacrifice, qui donne au texte sa cohésion, suggère que tout amour est tragique. Ainsi, l’héroïne apparaît d’emblée comme “ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente”. Dès lors, le “ressort” de la tragédie est “bandé”, comme le dit dans Antigone le Chœur réinventé par Anouilh : d’aveu en aveu, le nœud coulant de cet amour tragique emportera Phèdre et Hippolyte vers la mort.


Introduction décryptée

Amorce Lorsqu’en 1687 Racine publie ses œuvres complètes, il donne à la dernière de ses grandes tragédies le titre que nous lui connaissons en ne gardant que le seul nom de Phèdre. C’est qu’Hippolyte, le héros éponyme de la pièce d’Euripide, victime de l’amour maudit que lui porte sa belle-mère, n’a pas l’éclat de la reine, amoureuse à en mourir et à faire mourir autrui. Présentation de l'extrait à commenter À l’Acte I, scène 3, la servante Œnone, inquiète pour sa maîtresse, la presse de questions et parvient avec le spectateur à connaître la vérité sur le mal qui la ronge. Projet de lecture Nous verrons en quoi ce premier aveu de Phèdre, tendu vers un effort de justification, révèle la naissance et la puissance d’un amour tragique. Annonce du plan C’est un récit proche du plaidoyer, qui met en scène la fulgurance du sentiment amoureux, de sorte que se dégage de cette tirade une vision pessimiste de l’amour.


Conclusion décryptée

Bilan du I En conclusion, c’est bien à la fois un aveu et un plaidoyer pro domo que prononce Phèdre, qui a tout tenté, en vain, pour se déprendre de son amour pour Hippolyte. Bilan du II Le sentiment amoureux est dépeint dans toute sa fulgurance, avec les tourments qu’il inflige. Bilan du III La noire vision qu’en donne Racine est celle d’une condamnation sans issue de celui qui aime : en effet, le motif du sacrifice, qui donne au texte sa cohésion, suggère que tout amour est tragique. Retour au projet de lecture Ainsi, l’héroïne apparaît d’emblée comme “ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente”. Ouverture / prolongement / rapprochement Dès lors, le “ressort” de la tragédie est “bandé”, comme le dit dans Antigone le Chœur réinventé par Anouilh : d’aveu en aveu, le nœud coulant de cet amour tragique emportera Phèdre et Hippolyte vers la mort.

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