Voici des propositions de devoirs facultatifs : dissertations ou commentaires littéraires. Comme il s’agit de s’entraîner, je rappelle que votre future note ne pourra pas faire baisser votre moyenne.

À rendre mardi 9 janvier.


Dissertations

Pour cet exercice en particulier, je rappelle l'importance des étapes suivantes, dans l'introduction, après l'amorce : énoncez bien le sujet tel quel (avec un "mais" éventuel" de transition, selon l'amorce choisie), puis expliquez-le, explicitez-le, avant, enfin, d'annoncer votre plan.

Cette explicitation s'appuie sur l'analyse que vous aurez conduite au brouillon et pour laquelle je fournis quelques pistes ci-dessous.

Sujet 1

Le terme de divertissement vous paraît-il satisfaisant pour définir le spectacle théâtral ?

Pensez à profiter du dictionnaire pour la pleine compréhension du terme "divertissement".


Sujet 2

Le goût de la mesure est-il ce qui caractérise le mieux le théâtre classique ?

Vous n'aurez pas un sujet aussi resserré au Baccalauréat, mais puisque nous avons fini de travailler sur Molière et Racine, c'est l'occasion de revenir à ce que vous avez saisi du Classicisme au théâtre. Réfléchissez bien à toutes les significations du terme "mesure", déployez-en les sens au théâtre, sous tous les angles (impératif de vraisemblance, principe de bienséance, forme d'écriture, richesse ou simplicité de l'intrigue, système de personnages, composition des pièces, actions des personnages, effets comiques, tragiques...).


Commentaires littéraires

Comme nous venons d’achever de découvrir l’exercice, je vous propose de nouveau des scènes de Phèdre que vous connaissez. Vous avez parfaitement le droit de reprendre l’un des plans envisagés en cours.

À toutes fins utiles, je vous propose ci-dessous de relire ce que nous avons vu ensemble et qui forme un embryon de commentaire pour la tirade de Phèdre à l’Acte I, scène 3.


II, 5 : l’aveu à Hippolyte

Du vers 634 au vers 662.


IV, 2 : la confrontation entre Hippolyte et Thésée

Du vers 1044 au vers 1080.


V, 6 : le récit de Théramène

Du vers 1508 au vers 1570.

Cela fait un long texte, plus long que la trentaine ou la quarantaine de lignes d'un texte donné à commenter au Baccalauréat, mais il s'agit ici de conserver la cohérence de l'extrait ; la tirade est déjà amputée de ses premiers vers.


Exemple vu en classe : Acte I, scène 3 : la tirade de Phèdre (l’aveu à Œnone)

Plan

I. Un récit proche du plaidoyer : la vaine tentative pour se défaire de l’amour
II. Parce que cet amour est une maladie fulgurante. Ici, on peut imaginer deux sous-parties : l'une, sur l'amour perçu comme une maladie, l'autre sur le coup de foudre proprement dit.
III. Cette tirade est porteuse d’une vision très pessimiste de l’amour, vécu comme une condamnation tragique de l’être au sacrifice.


Introduction

Je précise que sur Lettrines, je ne peux pas reproduire aisément les alinéas nécessaires dans votre copie.

Lorsqu’en 1687 Racine publie ses œuvres complètes, il donne à la dernière de ses grandes tragédies le titre que nous lui connaissons en ne gardant que le seul nom de Phèdre. C’est qu’Hippolyte, le héros éponyme de la pièce d’Euripide, victime de l’amour maudit que lui porte sa belle-mère, n’a pas l’éclat de la reine, amoureuse à en mourir et à faire mourir autrui. À l’Acte I, scène 3, la servante Œnone, inquiète pour sa maîtresse, la presse de questions et parvient avec le spectateur à connaître la vérité sur le mal qui la ronge. Nous verrons en quoi ce premier aveu de Phèdre, tendu vers un effort de justification, révèle la naissance et la puissance d’un amour tragique. C’est un récit proche du plaidoyer, qui met en scène la fulgurance du sentiment amoureux, de sorte que se dégage de cette tirade une vision pessimiste de l’amour.


Conclusion

En conclusion, c’est bien à la fois un aveu et un plaidoyer pro domo que prononce Phèdre, qui a tout tenté, en vain, pour se déprendre de son amour pour Hippolyte. Le sentiment amoureux est dépeint dans toute sa fulgurance, avec les tourments qu’il inflige. La noire vision qu’en donne Racine est celle d’une condamnation sans issue de celui qui aime : en effet, le motif du sacrifice, qui donne au texte sa cohésion, suggère que tout amour est tragique. Ainsi, l’héroïne apparaît d’emblée comme “ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente”. Dès lors, le “ressort” de la tragédie est “bandé”, comme le dit dans Antigone le Chœur réinventé par Anouilh : d’aveu en aveu, le nœud coulant de cet amour tragique emportera Phèdre et Hippolyte vers la mort.


Début du II et première sous-partie sur la fulgurance de l’amour de Phèdre (version A travaillée en demi-groupe).

Je précise que sur Lettrines, je ne peux pas reproduire aisément les alinéas nécessaires dans votre copie.

Si Phèdre tente ainsi de se défendre, c’est parce que cet amour lui est venu à la manière d’une maladie fulgurante.
En premier lieu, Phèdre raconte la naissance d’un amour fulgurant. En effet, les verbes qu’elle emploie sont tous les trois au passé simple, qui suggère la soudaineté de cet amour : “Je le vis, je rougis, je pâlis (…)” (v. 273). De surcroît, les trois phrases, séparées uniquement par des virgules, sont très brèves : elles ne comptent chacune que trois syllabes, et mettent ainsi en relief le coup de foudre qu’a vécu Phèdre. La naissance de cet amour est d’ailleurs racontée en un seul vers, ce qui en souligne encore la fulgurance. Le sens même du verbe rougir, dans “je rougis”, évoque le caractère incontrôlable du sentiment que Phèdre sent poindre en elle.
Cet amour lui apparaît aussi comme une maladie. … (seconde sous-partie)


Début du II et première sous-partie sur la fulgurance de l’amour de Phèdre (version B travaillée en demi-groupe).

Si Phèdre tente ainsi de se défendre, c’est parce que cet amour lui est venu à la manière d’une maladie fulgurante.
En premier lieu, Phèdre raconte un coup de foudre. En effet, elle emploie le passé simple de manière privilégiée, avec trois verbes brefs, eux-mêmes pivots de trois segments phrastiques très courts, au vers 273 : “Je le vis, je rougis, je pâlis (…)”. Cet amour naît rapidement, comme en témoigne la succession des verbes voir, rougir et pâlir. Par ailleurs, l’antithèse entre “je rougis” et “je pâlis” suggère un passage d’une émotion à une autre presque instantané. Enfin, la reine raconte comme elle s’est sentie prisonnière de l’image d’Hippolyte. En effet, le vers s’ouvre et se referme sur la vue : “Je le vis (…), je pâlis à sa vue”. Le sens même des verbes, rougir et pâlir, met en évidence le caractère incontrôlable des émotions que Phèdre a éprouvées.
Cet amour lui apparaît aussi comme une maladie. … (seconde sous-partie)

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