Pour vous aider à progresser en dissertation, et dans la perspective du prochain DST, le 30 janvier, voici un exemple de dissertation en partie rédigé et expliqué.

Attention toutefois : le DST du 30 portera sur la poésie.

Sujet

Les personnages de roman doivent-ils nécessairement être des personnages extraordinaires ?

Éléments de corrigé

Introduction (A)

Amorce pour amener le sujet, à partir d'une expression de la langue courante Il arrive qu’on dise d’une personne qu’elle est un véritable “personnage de roman”, tant sa vie paraît extraordinaire. Une telle expression est révélatrice de la façon dont nous concevons généralement les personnages romanesques.Énoncé du sujet, avec un "mais" que l'amorce nous oblige à ajouter, et qui fluidifie le propos. Le sujet est énoncé quasiment tel quel, hors cet ajout. Mais les personnages de roman doivent-ils nécessairement être des personnages extraordinaires ? Explicitation, problématisation des enjeux du sujet Cette question invite à interroger la représentation traditionnelle des héros, qui voudrait que ces derniers soient toujours hors du commun ; l’adverbe “nécessairement” insiste sur la prédominance de ce modèle. Elle appelle de ce fait à examiner à la fois les caractéristiques qui fondent les personnages et les attentes du lecteur.Annonce du plan Nous nous interrogerons en premier lieu sur ce qui fait le succès des personnages extraordinaires, avant de voir l’intérêt que peuvent présenter les personnages banals. Enfin, nous tenterons de réfléchir à ce que seraient des personnages réussis, quel que soit le caractère que leur prête le romancier.

Introduction (B)

Amorce pour amener le sujet, plus cultivée “Le premier homme qui passe est un héros suffisant”, écrit Émile Zola. Chef de file du Naturalisme, le célèbre romancier campe justement ses héros avec réalisme dans la société du XIXe siècle. Or s’il éprouve le besoin d’asserter ce propos, c’est bien que sa vision va à rebours de la conception la plus courante du personnage. Énoncé du sujet, avec un "mais" initial rendu nécessaire par l'amorce. Surtout pas de guillemets ! Mais les personnages de roman doivent-ils nécessairement être des personnages extraordinaires ? Explicitation, problématisation des enjeux du sujet : en deux ou trois phrases, on tente d'éclairer les enjeux du sujet, et au minimum, les présupposés de la question Cette question invite à interroger la représentation traditionnelle des héros, qui voudrait que ces derniers soient toujours hors du commun ; l’adverbe “nécessairement” insiste sur la prédominance de ce modèle. Elle appelle de ce fait à examiner à la fois les caractéristiques qui fondent les personnages et les attentes du lecteur. Annonce du plan Nous nous interrogerons en premier lieu sur ce qui fait le succès des personnages extraordinaires, avant de voir l’intérêt que peuvent présenter les personnages banals. Enfin, nous tenterons de réfléchir à ce que seraient des personnages réussis, quel que soit le caractère que leur prête le romancier.

Remarque sur la troisième partie
Répétons-le, cette dernière partie n’est pas obligatoire. Elle permet de dépasser l’alternative personnages extraordinaires / personnages banals, tout en restant dans le sujet.

Conclusion (A)

Bilan des différentes partiesEn conclusion, nous avons vu que les personnages extraordinaires répondent à l’horizon d’attente du lecteur de roman de manières diverses. Les personnages banals, quant à eux, déçoivent cet horizon d’attente, mais renouvellent de ce fait l’intérêt et le plaisir de la lecture. En définitive, la réussite d’un personnage réside surtout dans son achèvement, son accomplissement, plus que dans son caractère. Réponse à la question posée dans le sujet ; bilan synthétique Ainsi, il n’est pas nécessaire que les personnages de roman soient extraordinaires. Ouverture Mais quelle que soit leur nature, les personnages contribuent toujours à faire de la lecture un moment particulier qui nous permet d’échapper à l’ordinaire.

Conclusion (B, autre ouverture)

Bilan des différentes partiesEn conclusion, nous avons vu que les personnages extraordinaires répondent à l’horizon d’attente du lecteur de roman de manières diverses. Les personnages banals, quant à eux, déçoivent cet horizon d’attente, mais renouvellent de ce fait l’intérêt et le plaisir de la lecture. En définitive, la réussite d’un personnage réside surtout dans son achèvement, son accomplissement, plus que dans son caractère. Réponse à la question posée dans le sujet ; bilan synthétique Ainsi, il n’est pas nécessaire que les personnages de roman soient extraordinaires. Ouverture Emma Bovary en témoigne exemplairement : son histoire serait terriblement banale si son suicide tragique ne lui conférait la grandeur d’une Phèdre ; la trivialité même du roman de sa vie lui a attaché d’innombrables lectrices qui se sont reconnues en elle, faisant de ce personnage un véritable mythe moderne.

Remarque sur cette ouverture
Il va de soi que l’on n’utilisera un exemple de personnage romanesque en ouverture qu’à trois conditions :

  • ne pas avoir exploité cet exemple dans le corps du devoir ;
  • le traiter brièvement ;
  • choisir un exemple qui embrasse la totalité du devoir (Emma Bovary est à la fois ordinaire et extraordinaire ; elle accède au rang de mythe et dépasse son statut de personnage romanesque).

Squelette de la première partie

Je rappelle que vous serez vraiment efficaces en préparant au brouillon les phrases charnières : introduction de chaque partie avec l’idée directrice, première phrase de chaque paragraphe énonçant un argument. En les recopiant au propre, vous n’aurez que quelques ajustements à faire : évitement des répétitions, insertion de liens logiques. Votre devoir sera d’autant plus clair que vous aurez pensé ces phrases à l’avance. Et cela vous obligera à énoncer les arguments au début de chaque paragraphe, alors que les arguments sont souvent induits : ils sont le produit d’une réflexion sur les exemples.

Idée directrice du I
Examinons en premier lieu l’intérêt que suscitent les personnages de roman extraordinaires. Idéalement, facultativement, annonce des sous-partiesIls forcent l’admiration du lecteur, répondent aussi à notre soif d’idéal et les plus monstrueux d’entre eux possèdent une vertu cathartique.

Argument du I, 1
Premièrement, les personnages de roman, héritiers de l’épopée, peuvent susciter l’admiration du lecteur de par leur dimension extraordinaire.

On pourrait imaginer ici faire le lien entre une caractéristique typique du héros épique, comme la ruse chez Ulysse, et l’intelligence d’un héros de roman policier. Je pense en particulier à Sherlock Holmes, dont la perspicacité extraordinaire est mise en relief par le contrepoint que forme avec lui le personnage-narrateur du docteur Watson.

Argument du I, 2
Par ailleurs, le caractère exceptionnel des personnages de roman répond à une soif d’idéal du lecteur.

Argument du I, 3
Enfin, un personnage monstrueusement extraordinaire a pour le lecteur une portée cathartique.

On pourrait développer ici un exemple comme celui de Jean-Baptiste Grenouille dans Le parfum de Süskind.

Sous-partie rédigée

Argument du I, 2
Par ailleurs, le caractère exceptionnel des personnages de roman répond à une soif d’idéal du lecteur. En effet, par extraordinaire, on peut entendre qu’un personnage dépasse la mesure du réel, et qu’il peut ainsi accomplir ce dont le lecteur rêve, mais est dans l’incapacité de faire. Quand on développe un argument, on doit revenir autant que possible aux mots-clés du sujet. Plusieurs personnages des Misérables de Victor Hugo illustrent ce propos, en particulier Gavroche, le “gamin fée”, et Jean Valjean. Ce dernier, autour duquel tout le roman est construit, est présenté comme extraordinairement fort. Mais c’est surtout le miracle de sa conversion au Bien qui lui confère toute son envergure. Il devient un défenseur de la justice, notamment en adoptant Cosette, et même un emblème de la lutte contre l’injustice. Il incarne la réparation de toutes les misères que l’écrivain appelle de ses vœux : avec l’extraordinaire histoire de Jean Valjean, le roman a un temps d’avance sur la société.

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