Nous avons commencé à lire un corpus dont l’élément le plus manifestement fédérateur est l’importance accordée au paysage, comme s’il s’agissait d’entrer au pays de l’écriture poétique.

L’enjeu était aussi de redonner quelques repères méthodologiques pour la question sur corpus.


Quelques-unes des questions que vous avez élaborées

  • Comment la nature dans ce corpus permet-elle aux poètes d’exprimer leur sensibilité ?
  • (variante) Comment la personnification de la nature dans ce corpus permet-elle aux poètes d’exprimer leur sensibilité ?
  • En quoi la nature révèle-t-elle la sensibilité de chaque poète ?
  • Comment les poètes proposent-ils ici des univers paradoxaux ?

Termes mis de côté, pour la réflexion ultérieure :

  • mort
  • nature
  • expérience du poète
  • univers

Des interprétations du poème de Cendrars, formulées en cours

  • une introspection au cours du voyage, avec les questions enfantines et sans réponse réelle de la jeune femme, et la vision du poète, dans laquelle la métaphore progressivement gagne sur le réel, comme si le poète se laissait envahir par le paysage ;
  • un étrange sentiment de fuite, de poursuite, mais aussi, et a contrario, une avancée ferme vers un horizon plombé (la mort ?) ;
  • un voyage entre deux paysages, deux pays, l’un rassurant, l’autre inquiétant, mais synonyme de mouvement et de vie.

Rappelez-vous, ces interprétations reposaient notamment sur les analyses suivantes :

  • la variation des vers sur le plan de la longueur, entre rythme saccadé et refrain régulier de la voix de la jeune femme,
  • le sens littéral et métaphorique de certains vers, comme celui-ci : “Tout est un faux accord”,
  • le travail sur les sons : allitérations, onomatopée (“le broun-roun-roun des roues”,
  • la place croissante des images : métaphore, comparaison, personnification (notamment celle qui personnifie et rend aussitôt monstrueux l’homme-poteau qui grimace…

Première synthèse, après avoir découvert le corpus

La relecture des deux premiers poèmes du corpus (« Le dormeur du val » et La prose du Transsibérien…) nous a permis de mettre en évidence les points suivants :

  • le rôle ambivalent et révélateur de la nature (un lieu féérique qui se révèle être une tombe chez Rimbaud ; un monde fascinant mais hanté par des images de cauchemar chez Cendrars) ;
  • le motif de la mort présent dans les deux poèmes : dissimulée dans le paysage vivant et luxuriant du “val” chez Rimbaud ; à l’horizon de la vie palpitante dans le train chez Cendrars ;
  • la tension entre harmonie et dysharmonie dans les deux poèmes, perceptible notamment dans le travail sur le rythme, tantôt harmonieux, tantôt saccadé : “faux accord” ou accordéon manipulé par une “main sadique” chez Cendrars.
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