Nous découvrons cette semaine un poème de Hugo dans lequel se donne à voir toute la foi du Romantisme dans l’efficacité des mots, et toute la nécessité, pour l’artiste romantique, de s’engager dans les luttes de son temps.


Synthèse à écrire

Je vous invite à rédiger votre synthèse sur notre réflexion à partir du poème de Hugo, du tableau de Delacroix, mis en perspective avec la photo du jeune Aylan. Merci de la publier en commentant ce billet, ci-dessous mardi 3 avril au plus tard.

Pour vous aider à écrire cette synthèse

Je souhaiterais que vous rédigiez cette synthèse de la façon la plus libre qui soit : autrement dit, je ne vous impose ni forme, ni question.

Si toutefois cela vous aide, vous pouvez vous emparer des questions et des conseils qui suivent. Certaines pistes vous orientent vers une approche littéraire et culturelle. D’autres sont davantage centrées sur ce qu’en tant que lycéen, bientôt adulte, et fort d’un esprit critique nourri de la tradition des Lumières, vous pouvez construire comme réflexion à partir de ces œuvres.

Il n’y a pas d’approche plus valable que les autres ; nulle n’est exclusive des autres par ailleurs.

Exemples de questions de départ

  • Hugo nous appelle-t-il à nous émouvoir ou à nous mobiliser ?
  • Montrer des victimes de la guerre ou de tout drame humanitaire est-il nécessaire ? Suffisant ? L’émotion est-elle le chemin qui conduit à la raison, à la décision ? Appuyez-vous sur l’œuvre de Hugo et de Delacroix pour réfléchir à cette question. Mettez-les en perspective avec ce que nous apprend le travail de recadrage de la photo d’Aylan Kurdi.
  • Face au drame de l’enfant grec, Hugo choisit-il vraiment entre la tristesse, la pitié et la colère ?
  • À quoi tient l’efficacité de la chute du poème de Hugo ? Qu’est-ce qui la prépare ?
  • En quoi le poème de Hugo et le tableau de Delacroix se répondent-ils ? En quoi cherchent-ils tous deux la confrontation du spectateur ou du lecteur avec son temps, le choc avec les événements ?

Il n’y a pas de réponse évidente à ces questions.

Quelque question que vous choisissiez, si vous en choisissez une pour vous lancer, efforcez-vous de construire votre propos. Par exemple, donnez-lui une progression. Partez de ce que l’on peut observer, à l’œil nu si l’on veut, qu’il s’agisse du tableau, de la photographie ou du poème ; puis, dans un second paragraphe, interprétez ce que vous avez observé. Si vous avez plusieurs éléments d’interprétation à exposer,


Scènes des massacres de Scio, par Delacroix

Contexte : la guerre d’indépendance de la Grèce, 1821-1830.

Delacroix-Scenes_des_massacres_de_Scio-1824.jpg

Scènes des massacres de Scio ; familles grecques attendant la mort ou l’esclavage

Eugène Delacroix, 1824.

« Ces horribles scènes, cette couleur violente, cette furie de brosse, soulevaient l’indignation des classiques dont la perruque frémissait et enthousiasmaient les jeunes peintres. »

Propos du poète et romancier Théophile Gautier, cité par Arlette Sérullaz dans « Delacroix et la Grèce » in La Grèce en révolte, Delacroix et les peintres français, Paris, RMN, 1996.

Voir une étude préalable réalisée par Delacroix en vue de cette œuvre, commentée sur le site du Louvre.

De la même année, ce tableau de Jean-Dominique Ingres également présenté au Salon de 1824 : Le vœu de Louis XIII

Le_Voeu_de_Louis_XIII.jpg


Autour de la photo du petit Aylan Kurdi

L’une des photos qui a fait le tour du monde ; la même photo sans le recadrage.

Europe Migrants Photo Gallery

CORRECTION Turkey Migrants

À lire dans la presse

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Commentaires

1. Le lundi 2 avril 2018, 14:56 par Inès WENG

Dans le poème d’Hugo tout comme dans les deux autres oeuvres, les violences de la guerre ne sont pas décrites, il montre les conséquences de la guerre sans nous en infliger le récit de son déroulement. Le poème commence donc par ce premier vers « les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil, ». Dans son tableau, Delacroix en fait de même, ne montrant ni le moment de la bataille ni celui de la victoire du cavalier ottoman, qu’on devine par sa posture héroïque et surplombant la scène mais également par les traces de sang au sol et cette population agonisante. Au contraire il peint les conséquences de cette guerre qui en fera des victimes, des esclaves ou des morts. Ces victimes semblent se résigner à leur sort, en effet aucun d’eux ne regarde le vainqueur, ils ne demandent ni sa clémence ni sa pitié. Mais plutôt celle du spectateur, témoins de leur souffrance. Ils attendent la mort ou l’esclavage, allongés les uns sur les autres. De plus, la vieille dame au centre du tableau regarde le ciel et semble chercher une dernière lueur d’espoir face aux malheurs qui l’accablent, elle et son peuple. Ces éléments suscitent notre pitié et notre compassion et appellent notre sens d’humanité. De même, la photo du jeune Aylan a su déclencher une réaction de la part du monde entier. La photo recadrée donne à ce drame, une part d’humanité à l’homme « découvrant » le corps, sur une plage qui semble déserte. L’homme est alors seul, face à la mort d’un innocent. Or lorsque nous regardons la photo qui n’est pas recadrée, trois autres personnes sont visibles et notre point de vue change. L’homme fait seulement son travail et n’accorde pas plus d’importance à ce bambin qu’à un autre. Le photographe a donc voulu émouvoir les spectateurs et attend une réaction de ces derniers.

On se concentre donc d’avantage sur les victimes de ces drames dans le but d’émouvoir, de mobiliser les spectateurs et les lecteurs afin de les confronter avec les évènements qui se déroulent dans leur époque. On attend une réaction.

Les victimes présentées dans ces trois oeuvres sont anonymes. Une population dans l’oeuvre de Delacroix, un enfant chez Hugo ainsi que sur la photographie du jeune Aylan. Ils symbolisent l’innocence et la pureté. Mais Hugo décrit dans son poème un enfant qui a perdu de son innocence avec cette terrible guerre qui l’entoure. Cela se manifeste par chute que constitue le dernier vers « Je veux de la poudre et des balles. ». En conséquence, la guerre touche tout le monde, vieillards, hommes, femmes et enfants et détruit l’innocence de ces derniers.

2. Le lundi 2 avril 2018, 17:40 par Weng Irène

Le poème de Victor Hugo et le tableau d’Eugène Delacroix se répondent sur de nombreux points et ont un objectif commun.

Tout d’abord, dans le tableau de Delacroix, nous pouvons observer que seules les victimes sont éclairées par la lumière, les Turcs sont, quand à eux, dans l’ombre ou au second plan. De même, le poème d’Hugo expose surtout l’enfant grec, les Turcs ne sont mentionnés que dans le premier vers : « Les Turcs sont passés par là. » Les victimes peints sur le tableau ont le même sentiment que l’enfant du poème, ils sont humiliés et aucun ne regarde les Turcs. Ces images dures heurtent les spectateurs de l’époque car ce n’est pas les sujets comme celui là qui étaient abordés dans les peintures.

Le sujet choisi oblige les lecteurs et spectateurs à s’intéresser aux faits contemporains à leur époque. Ces deux artistes exposent des réalités dans le but, peut-être, de faire agir les lecteurs et spectateurs. Ces deux œuvres suscitent l’empathie des lecteurs et spectateurs par le biais de l’image des grecs démunis, agonisants et massacrés par les Turcs, et la description de l’enfant grec innocent, blessé par le passage des Turcs. Les victimes ne cherchent plus à se battre pour leur vie. Les personnages cherchent à susciter notre pitié pour eux et notre colère envers les Turcs, pour les actes qu’ils ont commis. Dans le poème d’Hugo, le narrateur, dont on peut se mettre à la place, cherche à dissiper les chagrins de l’enfant par tous les moyens, ce qui montre que le narrateur, donc nous aussi, sommes touchés par les évènements. Et c’est à la fin du poème que l’on voit que l’enfant à un désir de vengeance, avec le vers « Je veux de la poudre et des balles ». Et en regardant bien le tableau, nous pouvons lire sur le visage de certains personnages qu’ils ont aussi ce désir de vengeance.

3. Le lundi 2 avril 2018, 17:48 par Joseph Mouscadet

Montrer des victimes de la guerre, ou de tout drame humanitaire est, selon moi, nécessaire afin de faire réagir les personnes à travers le monde. A travers toutes les époques, il y a toujours eu une part de la population ne faisant rien face aux événements tragiques. Ainsi, au travers des émotions que ces deux œuvres et cette photo véhiculent, les artistes nous incitent à réagir aux catastrophes qui nous entourent et qui arrivent, malheureusement, presque chaque jour. Ainsi, selon eux, l'émotion est le chemin qui conduit à la raison, paradoxalement au proverbe "Le cœur a ses raisons que la raison ignore." Ainsi, dans le tableau de Delacroix et dans le poème d'Hugo, des victimes d'une guerre sont mis en scène, ici des Grecs subissant l'attaque ottomane. De part leur mise en scène, leur manière "d'éclairer" les victimes et "d'assombrir" les criminels, ils nous incitent à réagir aux malheurs qui nous entourent.

4. Le lundi 2 avril 2018, 17:48 par Joseph Mouscadet

Montrer des victimes de la guerre, ou de tout drame humanitaire est, selon moi, nécessaire afin de faire réagir les personnes à travers le monde. A travers toutes les époques, il y a toujours eu une part de la population ne faisant rien face aux événements tragiques. Ainsi, au travers des émotions que ces deux œuvres et cette photo véhiculent, les artistes nous incitent à réagir aux catastrophes qui nous entourent et qui arrivent, malheureusement, presque chaque jour. Ainsi, selon eux, l'émotion est le chemin qui conduit à la raison, paradoxalement au proverbe "Le cœur a ses raisons que la raison ignore." Ainsi, dans le tableau de Delacroix et dans le poème d'Hugo, des victimes d'une guerre sont mis en scène, ici des Grecs subissant l'attaque ottomane. De part leur mise en scène, leur manière "d'éclairer" les victimes et "d'assombrir" les criminels, ils nous incitent à réagir aux malheurs qui nous entourent.

5. Le lundi 2 avril 2018, 19:16 par Pierre-Armand de Tanoüarn

Montrer des victime de drames humanitaires et je pense nécessaire pour éveiller la conscience des gens. En effet, il faut montrer par des images ou des œuvres (tableaux…) qu'il se passe quelque chose de grave dans le monde et qu'il faut s’y intéresser. Montrer la dure réalité à la population pour que le conflit ne tombe pas dans l'oubli.
L'émotion est à mon sens le chemin qui conduit à la raison. Par exemple l'œuvre de Delacroix Scènes de massacres de Scio incite à la pitié. En effet, l'artiste cherche à témoigner de la violence infligée aux Grecs par les Ottomans. Il nous la montre par la détresse des personnages au premier plan, par le chaos, le désordre qui y règne. Toutes ces émotions ne peut pas laisser de marbre le spectateur qui en imaginant l'horreur des massacres se met automatiquement à prendre la voie de la raison c'est à dire de défendre les Grecs. Nous pourrions aussi citer l'enfant de Victor Hugo où l’auteur choisit de montrer qu'un conflit change tout le monde. Il montre que l'horreur des massacres peut changer un enfant. En effet, il décrit un enfant mignon : « Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis, courbait sa tête humiliée » le fait de dire que l'enfant à des yeux bleus accentue l'effet d'un jeune qu'à le texte sur l’inconscient du lecteur. Et à la toute fin, contre toute apparence l'enfant dit : « Ami dit l'enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus, je veux de la poudre et des balles. » Là, nous comprenons que l'enfant est devenu un adulte. En prenant le lecteur par l’émotion de voir un enfant si jeune se battre pour défendre son pays Hugo sait qu’il va raisonner le peuple contre ce massacre de la population grecque qui tente de garder son territoire. Nous pouvons aussi citer la photo d'Aylan Kurdi qui a ému toute l'Europe car elle montre un homme se recueillant devant le corps d’un jeune enfant mort noyé car il voulait s'éloigner des conflits et rejoindre sa famille. L’Europe toute entière à été choquée et émue de voir une preuve flagrante que la migration fait des morts à tous les âges car il ne sont pas bien encadrés et qu'il faut changer ce mode de fonctionnement qui est de les refuser ou tout simplement de les laisser dans des conditions atroces. C'est pour toutes ces raisons que je pense que l'émotion est souvent le chemin qui conduit à la raison car sans toutes ces exemples que j'ai cité, la majorité de la population ne mesurerait pas les horreurs qui se passent ou qui se sont passées et grâce à ces artistes ou simple photographe, ils ont pu comprendre le problème.

6. Le lundi 2 avril 2018, 19:17 par Paul-Louis ROGY

A quoi tient l'efficacité de la chute du poème de Hugo? Qu'est-ce qui la prépare.?

Dans son poème "l'Enfant", Victor Hugo nous invite à visualiser la scène après le sac d'une île par les Turcs, et le comportement d'un Enfant survivant.
Tout d'abord, Hugo commence dans la première strophe par décrire ce qu'était la ville, ce qu'elle représentait, le plaisir (symbolisé ici par les vins, les palais et les filles). Il pose le décor d'une île qui autrefois était un havre magnifique réduit aujourd'hui à l'état de cendre, "en deuil".
Après cette courte introduction, il décide de s'attarder quelques instants sur la figure representative de la dévastation arbitraire turque : un enfant, au regard bleu (couleur de l'océan ou du ciel, peut-être aussi de la tristesse et couleur préférée de la plupart des gens en ce qui concerne les yeux). Cet enfant qui n'a d'autre refuge qu'une aubépine, qui n'a d'autre soutien, d'autre espoir qu'une fleur qui comme lui a été épargnée, donne le sens à l'œuvre qui en tire son nom. Car ce qui est plutôt curieux, c'est qu'il est ici question du massacre de Chio et que Victor Hugo choisit d'appeler son poème "l'Enfant", comme pour montrer que ce n'est pas le massacre qui est insensé, c'est l'enfant aux yeux bleus dont il va tenter de sécher les larmes. C'est ça la vraie tristesse dans toute guerre, la mort d'innocents. Mais nous y reviendrons plus tard.
C'est d'ailleurs l'objet de toute l'avant-dernière partie du texte (v.19-35), où un narrateur qui s'est aventuré entre les pierres anguleuses de Chio pour aller essayer de rendre le sourire à l'Enfant, lui propose tout ce dont un enfant peut rêver: un fruit, une fleur, un oiseau, qu'il embellit avec des hyperboles ("un cheval mettrait cent ans à sortir de son ombre").
L'Enfant lui répond au dernier vers qui constituerait une partie seule de son œuvre : le vers 36. Il décline toutes ses propositions futiles et lui répond ironiquement, ou plutôt gravement "De la poudre et des balles". On a là un vers difficile à commenter. Que voudrais faire cet enfant avec de la poudre et des balles ? Saurait-il même s'en servir? En aurait-il une quelconque utilité? Est-ce simplement une manière de dire qu'il ne veut pas laisser passer ce massacre sans rien faire? Voudrait-il aller plus loin? Souvaiterait-il se venger? Se défouler sur des oiseaux qui passent pour oublier? Se suicider pour fuir?
Tant de questions sont appellées après un seul vers dont toute la force réside dans l'implicite.

L'efficacité de la chute du poème se est certainement le fait qu'elle est innatendue, ou du moins, qu'elle prend le contrepied de toutes les propositions béates faites par le narrateur peut-être trop naïf. Elle est préparée tout au long du texte cette chute. Peu à peu, l'Enfant se relève de sa prostration. Peu à peu il regarde le narrateur. Et lui décoche une réponse inattendue qui résonne d'autant plus qu'elle est la réponse que l'on devrait tous faire si l'on était dans une situation similaire. Quand on est le seul survivant de son peuple, on est le seul à pouvoir le venger. C'est donc à nous de le venger. L'Enfant veut donc venger son peuple, pour que l'aubépine ne reste pas la seule survivante à un saccage turc.

Le tableau de Delacroix a peu de résonnance comparé à la photo d'Aylan Kurdi. Delacroix met en scène un massacre similaire commis par des Turcs. Sauf qu'ici, la population est mêlée. On n'a pas de concentration d'image sur un enfant qui est innocent. Bien que le peuple massacré soit certainement sans reproche aussi, la force du poème d'Hugo est qu'il nous montre le mal par la pire des extrémités : le mal qu'on fait à un enfant. En ceci, la photographie d'Aylan Kurdy maintes fois critiquée pour ses prétendues mises en scène n'a que plus d'echo avec "l'Enfant". L'Enfant nous parle d'une île des plaisirs et de joie comme le fut la ville d'Alep en Syrie qui n'est plus qu'un amas de décombre, Aylan est d'ailleurs iriginaire de Syrie, et c'est bien un enfant au milieu de ce péril qui fait les frais de conflits qui le dépasse. Sur la photographie, on le distingue d'ailleurs assez pour en faire un portrait fidèle. À l'istar d'Hugo, le photographe Demir a tenté de nous interpellé d'autant plus par la familiarité que l'on peut eprouver face à un enfant mort étendu sur une plage - bien qu'il soit rescapé dans "l'Enfant".
Commz Hugo, la photographie est conclue sur ceci: les victimes innocentes de la guerre sont les enfants, et c'est ça qui fait le plus mal, car c'est l'innocence, un enfant.

7. Le lundi 2 avril 2018, 19:50 par Tatiana Bonnet

Les trois œuvres mises à notre disposition (« L’Enfant », de Hugo ; Scènes des massacres de Scio, de Delacroix et la photo du petit Aylan Kurdi) nous permettent de nous demander comment les auteurs peuvent émouvoir et mobiliser les spectateurs en représentant des victimes de la guerre ou de tout autre drame humanitaire.

Dans son poème, Hugo, à travers le titre, veut redonner à l’enfant toute son innocence ainsi que le redéfinir. Tout au long du poème, le contexte tragique est fortement atténué. La bataille n’est d’ailleurs pas décrite. Cependant, Hugo prépare la chute durant tout le poème pour la rendre plus poignante. La dernière réplique de l’enfant au caractère déterminé fait perdre à celui-ci toute son innocence. En effet, il n’est plus un enfant.

Tout comme Hugo, Delacroix ne représente pas la bataille, il n’en montre que les conséquences. Cependant, le caractère imposant du Turc nous laisse penser que la victoire revient aux Ottomans. Les personnes exposées ne font pas partie d’une catégorie sociale précise. Cela montre que tout le monde est touché par la guerre : hommes, femmes, enfants, vieillards. Aucun ne supplie le cavalier de l’épargner, tous cherchent du regard une quelconque aide. En effet, le regard de la femme âgée au premier plan nous fait comprendre sa détresse et suscite chez le spectateur un sentiment de compassion.

De la même manière, la photo d’Aylan Kurdi a fait réagir le monde entier. La représentation du petit migrant échoué sur une plage avec un homme, tête inclinée face à lui, comme pour se recueillir émeut le spectateur et l’appelle à se mobiliser. Cependant, la photo non recadrée donne un tout autre sens à cette scène. On peut y voir deux hommes, n’attachant aucune importance à cet évènement : l’un, que l’on pensait affecté devant la mort, qui, en réalité, prend des notes, et l’autre, avec un appareil photo, repartant, ayant accompli son devoir.

Dans ces trois œuvres, notre attention est toujours pour les personnages victimes de la guerre ou d’un drame humanitaire. La façon dont l’auteur met en œuvre son ouvrage, la façon dont il place les personnages ou les mots qui les décrivent donnent un sens bien précis au tableau, à la photo ou au poème.

Ainsi, les auteurs, par la manière dont ils créent leur œuvre et la mettent en forme peuvent créer chez le spectateur un sentiment de compassion et de pitié ou, à l’inverse, ne pas prêter d’attention envers les victimes représentées.

8. Le lundi 2 avril 2018, 19:55 par Alexandra Michaut

En mettant en perspective « l’enfant » de Victor Hugo et la photographie d’Aylan Kurdi, nous pouvons constater certaines similitudes notamment dans la façon qu’ont Victor Hugo et l’auteur de la photographie recadrée de suggérer certaines émotions ou façons de penser à celui qui lit le poème ou regarde la photographie. En effet, dans « l’enfant », Hugo cherche durant tout le poème à faire croire au lecteur que la personne dont il parle est un enfant avant de nous montrer le contraire dans le dernier vers. Dans ce poème, le mot « enfant » est répété à de nombreuses reprises et ce dernier est décrit comme ayant les yeux bleus, symbole de pureté et d’innocence. Ces répétitions accentuent la brutalité du dernier vers qui dissipe l’illusion créée par Hugo, ramenant le lecteur à l’évidence que le personnage dont il est sujet dans ce poème n’est plus un enfant. On peut ainsi faire un parallèle avec la photographie d’Aylan. La version recadrée de cette dernière retire du champ les personnes apparaissant sur la photographie originale à l’exception d’une, nous tournant le dos. Ce recadrage permet de rendre la plage plus déserte et de susciter la pitié de celui qui regarde la photographie. En effet, ne voyant pas l’homme portant l’appareil photographique, ce dernier a l’impression que l’homme se tenant près du corps d’Aylan est touché par ce qu’il voit alors qu’il est en réalité probablement en train de prendre des notes. Ainsi, que ce soit Victor Hugo ou l’auteur de la photographie du petit Aylan, tous les deux cherchent à influencer la vision du lecteur ou de celui qui regarde la photographie à l’aide de divers procédés.

9. Le lundi 2 avril 2018, 20:06 par Gérald SHIMARU

Le romantisme, s’exprimant par les lettres ou la peinture, crée des émotions chez l’observateur pour le rendre conscient des crises de l’époque. Il mobilise des inconnus, ces personnages qui nous ressemblent dans leur anonymat, et nous touchent dans leurs malheurs.
Mais montrer les victimes d’un drame est-il suffisant pour en comprendre les tenants et les aboutissants ?
Dans « L’enfant », Victor Hugo nous dépeint une des innombrables victimes de la guerre. Contre toute attente, on apprend que cet enfant, qui, à première vue semble pur, n’en est plus un ; corrompu par la violence, il est devenu désireux de vengeance. C’est ce sentiment qui a causé tant de guerres. Hugo ne montre pas comment une guerre se réalise, ni ce qui pousse les hommes à tant de barbarie. Toutefois, il esquisse une explication : la haine engendre la haine, et ainsi de suite. Ainsi, de la fin des violences nous apprenons comment elles jailliront à nouveau.
Delacroix dépeint, dans son aquarelle « Scène des massacre de Scio », une boucherie faite par les turcs envers les grecs, dans un contexte proche de celui de « L’enfant » ; en effet, tout n’est plus que désolation. Il se démarque en ne faisant pas la représentation d’un grand passage de l’histoire, avec des personnages historiques. En effet, toutes les victimes grecques que l’on voit au sol, ainsi que les turcs en train de les massacrer sont de parfaits inconnus pour l'observateur. Cela a plus d’impact sur lui car il peut plus facilement se mettre à la place des victimes. L’auteur s’assure ainsi de l’indignation de l’observateur contre ceux qui perpétuent ces massacres. Mais ce tableau décrit une violence à laquelle nous sommes déjà trop habitués. Malgré notre compassion, nous ne pouvons qu’être passif de toutes ces victimes car nous ne connaissons pas ce qu’était réellement la guerre qu‘ils ont subie. Nous n’avons pas la moindre idée de qui était le responsable de cette barbarie, ni son but. Ainsi, si cette œuvre décrit avec efficacité la souffrance des innocents pendant ces hostilités, elle ne pourra pas donner une vision pleine de cette guerre.
Nous pouvons maintenant en venir à la photo d’ Aylan Kurdi. L‘image de cet enfant de trois ans, échoué sans vie sur une plage, a été très largement partagée par les médias et les réseaux sociaux. Néanmoins, la photo vue de tous avait été recadrée, pour ne laisser plus qu’un seul homme à ses côtés. Par ce recadrage, des éléments banals comme un camion et des pécheurs ne sont plus visibles. L’effet voulu devait être le renforcement du côté tragique de la scène, pour ne laisser que l’enfant sur une terre qui semble déserte, coupé même après la mort du reste du monde, ainsi que l’homme qui semble se recueillir près de lui. Tout comme dans « L’enfant » vu précédemment, il a tout perdu. Cette image laisse comprendre que son embarcation devait être dangereuse et qu’il n’avait pas le moindre équipement pour flotter. Voir cette photo sans le contexte ne nous permet pas de comprendre pleinement ce drame, car la mort en mer n’est pas extrêmement surprenant, bien que le fait que ce ne soit qu’un bambin nous touche. Elle ne dénoncera pas vraiment ce qui se cache derrière cette mort, c’est à dire le commerce criminel des hommes qui abusent des migrants pour les faire traverser dans des conditions aussi inhumaines que dangereuses. Ainsi, bien que cette photo nous fait comprendre que la mort en mer, d’enfants parfois est une réalité, on ne saura pas quels en sont les responsables.
En conclusion, les victimes font partie intégrante d’une tragédie, et en disent beaucoup sur leur réalisation. Toutefois, elles seules ne suffisent pas à comprendre quelle est l’origine d'un drame.

10. Le lundi 2 avril 2018, 20:14 par Adèle Kohler

(Pas de question en particulier)

La photographie d’Aylan, petit garçon mort noyé et retrouvé sur une plage, le poème « L’enfant » de Victor Hugo et le tableau « Massacres de Scio » de Delacroix ; tous ont en commun l’onde de choc et la vague de sentiments qu’ils provoquent chez leurs spectateurs ou lecteur. Lorsque Hugo décrit l’enfant grec, aux yeux bleus et aux cheveux blonds et bouclés, faisant de lui un symbole de pureté ce n’est que pour donner plus de force et d’intensité à son dernier vers. Emu par ce jeune garçon qu’il croit attristé de la guerre, Hugo s’efforce de lui redonner le sourire en lui proposant toutes sortes de cadeaux (fleur, fruits, oiseaux). La réponse de l’enfant qui n’en est plus un, « je veux de la poudre et des balles », sonne la fin du poème et laisse le lecteur dans un désarroi complet et dans un mélange de colère, d’incompréhension et de tristesse. Delacroix peint les victimes du massacre de Scio, en les représentant comme résignées et vaincues. Elles sont effondrées les unes sur les autres et sont de tout âge et de tout sexe : on peut voir un très jeune enfant couché sur une femme qu’on imagine être sa mère en bas à droite, une autre femme plus âgée au milieu ou encore, à coté d’elle un couple. Le peintre choisit de ne pas centrer son tableau sur la violence des combats en elle même mais des conséquences qu’elle a. L’impuissance des spectateurs et d’autant plus fracassante. Enfin la photographie d’Aylan a fait le tour du monde et des journaux, ému des milliers de personnes, enflammé Twitter et Facebook. Le recadrage de cette photo, enlevant ainsi un photographe concentré sur son appareil et le fond de la plage, ne laisse voir qu’un garde côte penché sur le corps sans vie du bambin et prête à penser qu’il est en train de s’émouvoir sur cet enfant. La réalité est qu’il est surement en train de prendre en note ce qu’il a sous les yeux. Cette photo nous choque tous, par l’horreur de la situation mais aussi parce qu’elle donne des noms aux chiffres des graphiques, un âge aux victimes, concrétise ce ce que nous lisons malheureusement souvent dans les articles de la presse, qui sont parfois si atroces et insoutenables qu’ils nous semblent irréels. Cette photo a eu un écho incroyable et pourtant Aylan n’est pas le premier et ne sera pas le dernier à mourir de cette façon, si triste soit elle.
Cependant on peut s’interroger sur notre place dans tout ça. L’enfant de Hugo, Aylan, les victimes de Scio n’ont pas besoin de notre pitié, de nos cadeaux, de nos messages prônant la paix dans le monde sur les divers réseaux sociaux ; ils ont besoin que l’on se mobilise, et si l’émotion est une étape, nécessaire, vers l’action et la mobilisation elle ne peut pas être une finalité. On peut écrire des poèmes, peindre des tableaux, faire des photographies, mais des enfants continueront à réclamer des balles, à mourir sur une plage à cause de guerres dont ils ne sont pas responsables, et les massacres à faire des victimes anonymes et innocentes.

11. Le lundi 2 avril 2018, 20:28 par Solveig COULAUD

Un des aspects que ces textes ont en commun est la mise en scène de l'événement et du sentiment. Dans un contexte graphique, la photo d'Aylan Kurdi, ou plutôt les deux photos, d'une part l'originale, d'autre part celle modifiée, montre le passage d'un événement tragique mais somme toute commun à un événement certes mis en scène mais plus frappant. Le message en est plus facile à transmettre et à appréhender. L'idée se retrouve dans le tableau de Delacroix : la concentration des victimes dans un champ restreint montre la volonté de l'artiste de frapper le lecteur par l'horreur de la situation, la profusion de victimes et leur terreur. Enfin, dans son poème "L'enfant", Hugo choisit de situer le cadre spatio-temporel de l'événement (les ruines de l'île de Chio après le passage des Turcs). Il met également en scène le sentiment en lui même par la seule et unique intervention de l'enfant à la fin du poème : "Je veux de la poudre et des balles". Ainsi, l'enfant qui n'en est plus un répond en deux vers aux lamentations du poète étendues sur vingt-deux vers. Le sentiment est stylistiquement parlant mis en avant. Nous ne pouvons donc que constater que dans leur démarche de dialogue et de transmission, les romantiques (et la presse actuelle) ont fait le choix de modifier ou de mettre en scène leurs paroles pour les rendre plus évidentes.
Un autre point est l'aspect désespérée de ces oeuvres. Ces trois oeuvres communiquent les lamentations des artistes sur la perte, la destruction, la fuite du temps, le désespoir. Toutes ces oeuvres traitent de tragédie.
Enfin, il est intéressant de mettre en avant le système établi entre le lecteur et l'oeuvre, particulièrement saillant chez Hugo et la photo d'Aylan. Dans le poème, le narrateur est absent de l'oeuvre : pas de "Je", mais des questions s'étendant sur plus de trois strophes, cassées par les deux dernières répliques de l'enfant. Un jeu d'aller retour est établi entre le lecteur et l'oeuvre : le narrateur invisible est une projection du lecteur. Tout homme censé poserait ces questions devant ce spectacle de désolation : voici la réponse. Dans la photo d'Aylan, le garde côte est ainsi un projection du spectateur, le confrontant à ces sentiments. Chez Delacroix, cet aspect est moins présent , si ce n'est par la représentation de victimes de tout sexe et de tout âge ou par des détails picturaux.

12. Le lundi 2 avril 2018, 20:40 par Audrey Bocquez

Dans le poème " L'enfant " de Victor Hugo, un homme parle à un enfant grec, seul sur une île, victime du massacre des Turcs. Ce dernier a perdu toute trace d'innocence et pureté à cause de ce ravage. On retrouve cette similitude dans le tableau de Delacroix " scènes des massacres de Scio " lorsque l'on voit les victimes au premier plan, seuls face à des envahisseurs Turcs. On remarque aussi qu'ils sont de tout âge et que leurs visages sont déformés par l'humiliation, la même que celui qu'a décrit Victor Hugo pour l'enfant grec.
Ces deux œuvres cherchent à dénoncer des événements de leurs temps et à nous sensibiliser à ces derniers en utilisant des personnes quelconques et de n'importe quels âges comme " témoins " pour que quiconque puissent se sentir concerné. Mais elles nous fait aussi penser aux événements qui nous occupent aujourd'hui comme par exemple la photo du petit Aylan Kurdi. Et peut être que nous pouvons dire qu'à part le temps séparant ces événements, le sujet génère toujours la même empathie et la prise de conscience de chacun.

13. Le mardi 3 avril 2018, 12:25 par Marie M

D’une certaine façon, Victor Hugo nous appelle à nous émouvoir en évoquant l’enfant qui sommeille en chacun d’entre nous. Le début du poème commence au milieu des ruines et du deuil, plein de nostalgie de ce que le lieu a pu être. L’enfant au regard bleu, comme l’espérance, semble faire revenir la vie au milieu de ce chaos. Le poète s’interroge sur ce qui pourrait ramener le sourire sur ses lèvres, mais la réalité fait soudain irruption avec ce souhait de prendre les armes; l’enfant devient un jeune homme, un combattant qui veut venger les siens et défendre sa cause. Le courant de pensée et d’émotion semble alors s’inverser ou nous surprendre pour le moins…
Eugène Delacroix semble lui aussi faire appel aux mêmes sentiments. Nous ne pouvons qu’être émus par cette scène qui évoque le désarroi, la peine, la souffrance de ces pauvres gens, hommes, femmes et enfants…Au premier plan, il évoque la tendresse des rapports humains et la sauvagerie des combats, en arrière plan, à droite, un soldat à cheval témoigne de la force employée. Lui aussi, cherche à nous ramener après nous avoir émus, à la réalité contemporaine, aussi cruelle et désespérée soit-elle…
Les deux artistes nous font réfléchir d’une façon comparable, tout aussi humaine et romantique l’un que l’autre; en faisant appel tour à tour à l’émotion pour mieux amener au final la réalité. En effet, l’évocation sentimentale fait place à la vision de la société telle qu’elle est mais avec un degré certain de romantisme qui lui donne un reflet tout particulier, tant dans le poème que sur la toile.

14. Le mardi 3 avril 2018, 17:22 par Emilie Cougouliègne

Dans le poème de Victor Hugo « L’enfant » et la photo du petit Aylan, on peut remarquer que l’on évoque le sort de deux enfants ayant eu une enfance brisée.
L’un, l’enfant dans le texte de Victor Hugo, après avoir vécu l’horreur de la guerre a encore le courage de se battre et préfère prendre les armes plutôt que de retrouver son innocence d’enfant. Le deuxième, le petit Aylan, lui n’a plus cette possibilité, mais grâce à son image, cette photo terrible de son corps échoué face dans le sable, il a donné à de nombreuses personnes l’envie de se battre à sa place.
Dans le tableau d’Eugène Delacroix, représentant le massacre de familles grecques, on peut observer que les visages des « martyrs » sont éclairés tandis que ceux des Trucs sont dans l’ombre le tout dans un paysage chaotique. Les turcs ont une expression qui montre qu’ils n’ont aucune compassion, ils restent neutre face à l’expression de supplication de certains tandis que d’autres paraissent résignés. Un enfant est aussi présent, à plat ventre comme Aylan mais encore bien vivant, il semble d’ailleurs presque chercher le sein de sa mère, ne voulant pas abandonner la vie.

On s’aperçoit dans ces trois documents que beaucoup de gens ont pris l’habitude de côtoyer la mort et parfois si souvent qu’ils ne s’en soucient plus, afin peut-être de se protéger. D’autres ne sont que des voyeurs qui se délectent du malheur d’autrui.
La photo non retouchée du petit Aylan le montre clairement.
En effet, on peut observer sur la photo deux hommes qui continuent à vivre leur vie alors que la mort n’est qu’à quelques mètres d’eux, comme si cette mort était tout à fait insignifiante. Un photographe, présent sur cette image, donne également cette impression. Il se retourne après avoir pris la photo du petit corps afin de continuer son travail sans montrer d’émotions face à cet évènement. Son collègue, lui, a les épaules courbées laissant imaginer qu’il se recueille devant cet enfant mort si tôt.
Finalement, la photo retouchée, ne représentant que l’enfant et cet homme, la seule à avoir été médiatisée, est plus touchante et humaine.
Pour faire réagir l’opinion seule l’émotion parait fonctionner. Permettant de livrer un combat pour ces enfants qui ont perdu leur innocence dans des conflits qui n’étaient pas les leurs.

Dans les trois œuvres, l’enfant est là comme un signe de pureté, pureté brisée par la folie guerrière des hommes. C’est peut-être pour cela que l’image de l’enfant est si souvent utilisée afin de faire avancer certaines causes.

15. Le mardi 3 avril 2018, 18:56 par Eva Ren

Ces trois œuvres: « l’enfant » de Hugo,  « la scène des massacres de Scio » de Delacroix et la photo du petit Aylan Kurdi nous montre tous les trois une façon différente de mettre en relief des réalités et des émotions, pour les partager. En effet Hugo utilise la poésie pour cela, Delacroix la peinture et la photographie pour la photo du petit Aylan.
Dans le poème de Hugo, le texte prend tout son sens au dernier vers « je veux de la poudre et des balles » ce dernier vers nous montre que le poète cherche à jouer avec nous en nous tendant une voile avec le titre « l’enfant » qui crée une illusion. Il cherche à retourner l’enfant dans son enfance alors que cet enfant n’en est plus un. La guerre a détruit l’innocence de l’enfant. En mettant l'anonymat sur cet enfant, Hugo nous montre que cette innocence peut se perdre à chaque moment et peut toucher chaque personne.
Le tableau de Delacroix surligne encore plus le fait que la guerre peut frapper à tous les âges. En effet nous voyons bien des enfants, des femmes, des hommes et des personnes âgées, tous par terre vaincu par l’ennemi. Même si ce sont les victimes, ils restent éclairés alors que les turcs vainqueurs sont dans l’ombre. Une vague de compassion s’exprime lorque nous voyons ce tableau. Le fait de jouer avec les couleurs donne une autre façon de montrer le chaos. Dans « la scène des massacres de Scio » le désordre règne, le choix du sujet de Delacroix nous oblige à regarder le tableau durant son époque, pour comprendre ce qu’il s’est réellement passée ( la guerre d’indépendance de la Grèce ). L’anonymat des personnes de l’oeuvre est encore une fois présent. Donc la guerre ne détruit pas seulement une ville, elle détruit également l'innocence des enfants et la pureté des Hommes.
La photo du petit Aylan, nous fait compatir encore plus, le fait que cet incident s’est produit quelques années précédentes joue un rôle important dans nos émotions lorsque nous voyons la photo. La réalité est encore plus mise en valeur. La photo recadrée nous emmène sur un autre point de vue que la photo réelle. La photo ajustée nous induit à une connexion entre l’enfant et l’homme, une sorte de bulle se crée et on se perd dans nos ressentis, dans nos émotions. Alors que la photo originale ne donne pas dutout cet effet, nous voyons trois homme prenant une photo de la victime sans aucune émotion, ils font leur travail et partent. On passe de la compassion à la colère. Donc le fait de rectifier une photo compromet la compréhension du sens voulu.
Les victimes de la guerre et du drame humanitaire est nécessaire pour nous ouvrir les yeux sur le fait que ce monde est cruel.

16. Le mardi 3 avril 2018, 19:01 par Gabin Glaenzer

Le romantisme est une manière forte de mettre en relief des réalités et des émotions pour les partager.
Delacroix est un peintre romantique. Le tableau que nous avons étudié montre le massacre de Scio. Il y dépeint via un débordement des personnages du cadre et l’asymétrie la douleur et la souffrance des grecs. Il en ressort un chaos important.

Par contre, Hugo dans son « L’enfant » se met en scène avec un « enfant » rescapé du massacre. A la lecture du poème, on à l’impression qu’Hugo échange avec cet enfant. Or, l’enfance de ce dernier a disparu. Effectivement, on le comprend à la lecture du dernier
« Je veux de la poudre et des balles ». Cette compréhension est d’autant plus accrue par la répétition du mot enfant.

Ces derniers vers suscitent une émotion très forte chez le lecteur, tout comme la photo recadré du petit Aylan face contre terre. En effet, la photo telle qu’elle a été diffusée nous fait ressentir de vive émotions entre peine et colère. Cependant, la photo originale, montrant des hommes relever le corps de ce malheureux enfant , exprime la lassitude et la banalité de cette scène.

17. Le mardi 3 avril 2018, 20:24 par Simon CAILLY

Au XIXème siècle, de nombreux artistes s'engagent pour des causes qu'ils jugent noble de défendre. C'est le cas de deux membres du mouvement romantique, le peintre Eugene Delacroix et l'écrivain Victor Hugo. Là où les artistes classiques puisent leur inspiration dans l'Antiquité, ces deux artistes, à l'image de tout le mouvement romantique décident de s'intéresser au présent, de montrer la réalité, dans ce cas, une réalité sanglante et empreinte de douleur : la guerre.
Ainsi dans Scènes des massacres de Scio, Delacroix nous montre le résultat du massacre d'un village grec. Il choisi de peindre la détresse d'inconnus pour inviter le spectateur à s'émouvoir du désespoir de toute une population (les victimes ne sont pas personnifiées par des figures connues) alors que les peintres classiques ont plutôt tendance à peindre des personnalités religieuses, mythologiques ou royales facilement reconnaissables par le public. Le peintre prend le contrepied de la composition classique d'une peinture : il refuse les règles usuelles de symétrie et de mesure (notamment en surchargeant le premier plan du tableau au détriment de l'arrière plan), ce qui créé une impression de désordre, rendant l'horreur et la désolation de la scène du premier plan encore plus violente.
Dans L'enfant, Victor Hugo construit toute sa poésie sur la chute du dernier vers : le texte entier nous dépeint un enfant au yeux bleu et aux cheveux blond (allégorie de l'innocence enfantine) pour lequel on est pris d'empathie connaissant son destin tragique alors qu'en réalité, comme nous l'apprend la chute, celui-ci a perdu toute sa candeur qui caractérise sa condition et est désormais uniquement animé par son désir de vengeance. Le titre peut avoir plusieurs signification : il peut, comme l'entièreté du texte, servir à préparer l'effet de surprise de la fin mais il peut aussi faire écho à cette fin en insistant sur le fait qu'il est du ressort de ses contemporains de venir en aide aux victimes de désastres et de rendre leur enfance à ceux qui l'ont perdue.
Ces deux œuvres, par leur capacité à émouvoir le lecteur et à le pousser à se mobiliser, peuvent être comparées à la photographie du petit Aylan Kurdi, un enfant kurde retrouvé mort sur une plage turque. Sur cette photo, nous pouvons voir le corps inanimé de l'enfant en question, la tête plongée dans le sable tandis qu'un homme de dos le regarde. La photographe veux ainsi faire bouger cette situation catastrophique en émouvant le spectateur à l'aide de l'image choquante d'un enfant mort à cause d'une persécution dont il fait l'objet et dont il ne connait même pas la cause. Elle veux montrer au monde entier que ces populations nécessitent en toute urgence d'une aide internationale.

18. Le mardi 3 avril 2018, 20:27 par Oryane Guyat

Le tableau de Delacroix et le texte d’Hugo ont tous deux pour sujet la guerre en Grèce sur l’île de Chio. Ce thème incite le lecteur/spectateur à être ému et à éprouver de la compassion face, d’un côté, aux corps malades, et de l’autre, à un enfant. Mais cela l’oblige également à s’intéresser à ce qu’il se passe autour de lui et ainsi à réagir.
Delacroix choisit de représenter une scène de chaos, de violence et de guerre avec plusieurs personnes d’âge différent. Son tableau est d’autant plus surprenant car il met en scène des corps malades de personnes inconnues alors qu’à l’époque le seul corps malade représenté était celui du Christ et on avait plutôt l’habitude de montrer des personnages connus.
De son côté, Hugo surprend également son lecteur. En effet, tout au long du poème Hugo l’invite à éprouver de la pitié pour un “pauvre enfant“, un “enfant aux yeux bleus“. En insistant sur le mot “enfant“, Hugo renforce l’idée qu’il s’agit d’un enfant grec, pur et innocent qui cherche simplement à oublier toute l’horreur de la guerre. C’est ce qui rend la chute plus brutale et puissante car avec le dernier vers “Je veux de la poudre et des balles“ on voit finalement que l’enfant n’en n’est plus un et n’en sera plus jamais un. Il y a donc un contraste entre l’ensemble du poème et le dernier vers. Peut-être Hugo souhaitait ainsi montrer que la guerre est destructrice et qu’elle change les enfants, les Hommes.
Pour conclure, ces deux œuvres invitent à réfléchir et à réagir face à la guerre. C’est donc un moyen pour les artistes de la dénoncer.

19. Le mardi 3 avril 2018, 20:37 par Victor Chen

Le tableau " Scène des massacres de Scio" de Eugène Delacroix illustre des familles grecs qui sont victimes de la guerre. Cette scène de massacre représente le chaos par la non-symétrie du tableau. Aussi le choix des personnages de tout âge et la lumière qui éclaire le visage permettent de susciter de la compassion. Ainsi De la Croix veut représenter la souffrance et la douleur puis ce tableau oblige le spectateur de s'intéresser à son époque.
"L'enfant" de Hugo présente un enfant grec banal et innocent. Dans ce poème, nous avons l'impression que Hugo discute avec l'enfant mais cette discussion se termine par la disparition de l'enfance "Je veux de la poudre et des balles". Ce vers nous incite le lecteur a revenir sur le titre et cette chute brutal permet de faire une insistance sur le mot "l'enfant.
Nous revenons aux XIXème siècle, la photo d'Aylan parut en 2015, montre un enfant nommé Aylan qui a été retrouvé mort sur une plage turque et deux journalistes autour de l'enfant mais cette photo a été détournée pour que le spectateur soit attiré par l'enfant car dans la photo originale, l'un des deux journalistes regarde surtout son appareil photo au lieu de secourir l'enfant mais ceci peut être compréhensible puisque c'est le métier du journaliste de capturer cette scène à son état pur. Aussi, la photo a été modifié pour susciter de la compassion et la violence du monde de maintenant sur un être innocent.
Donc les trois œuvres que nous avons étudié permet de partager des sentiments de n'importe quelle époque et de montrer la réalité de ce monde comme par exemple "le vœu de Louis XIII" qui montre Louis XIII et des personnages divins: la vierge, les anges.Tous ces personnages sont très connus et ne représentent pas la réalité alors que ces trois œuvres montrent des personnages anonymes.

20. Le mardi 3 avril 2018, 20:38 par Naya Brancadoro

Le tableau de Delacroix et le poème d' Hugo se répondent; ces deux artistes cherchent à illustrer la souffrance de ces scènes à leur manière. Si le lecteur ou spectateur suscite de l' empathie en voyant et lisant ces deux œuvres sa vision n'est pas la même pour les deux.
En effet, comme nous l'avions évoqué en classe, Delacroix fait un choix de personnages divers, de tout âge; tandis qu' Hugo décrit un seul enfant comme nous l'indique le titre. La notion de massacre est plus appropriée pour le tableau car il met en évidence un véritable chao notamment par le nombre de victimes mais aussi par la lumière qui éclaire leur visage. Le poème d' Hugo procure un effet plus "apaisant" grâce à la poésie et l'insouciance d' un enfant qui n' en n' est pas un; la naïveté d' Hugo le rend touchant face à cet Homme qu' il essaye de protéger devant à cette destruction.
Je pense que le tableau de Delacroix est plus marquant et plus authentique car il incarne toute la violence qui illustre ces horribles scènes cependant le poème d' Hugo est plus touchant.

21. Le mardi 3 avril 2018, 20:43 par Capucine Nisole

La similitude entre ces trois éléments réside dans le chaos et la détresse des enfants qui n’en seront plus, à cause de la souffrance qu’ils ont accumulé.
Le cadavre du petit Aylan provoque à peu près la même émotion que le tableau de Delacroix, voir même plus car ici, c’est la réalité qui parle, et de véritables photos qui dénoncent. Sur l’image, le minuscule corps étendu sur le sable émouvrait n’importe qui, du moins c’est ce que nous pourrions croire, mais le photographe tournant le dos à l’enfant, uniquement préoccupé par la photo qu’il vient de prendre, nous invite à penser le contraire (c’est d’ailleurs sans cette personne que la photo a été médiatisée, afin de provoquer de la compassion et non de l’indignation) : à force de côtoyer des cadavres d’enfants, ces derniers finissent par ne plus atteindre. Il en va de même pour les personnages du tableau de Eugène Delacroix, mais pour d’autres raisons : les Ottomans, tueurs froids et insensibles, ne discernent dans leur massacre ni les vieillards, ni les enfants des civils valides. L’absence d’état d’âme des Ottomans, ainsi que les visages effrayés (ou résignés pour certains) des grecs provoque une émotion forte chez le spectateur, comme la photo de l’enfant, car au final ces deux images ont beaucoup de choses en commun : corps morts, personnes insensibles devant la scène…
Le poème de Victor Hugo « L’enfant » suscite une toute autre émotion. En effet, il provoque de la pitié, mais non pas de la pitié agrémentée de tristesse, plutôt de la pitié dans le sens ou cet enfant est devenu mentalement adulte avant l’heure, mais un adulte plein de rancœur, et avec un désir de vengeance qui ne s’estompera pas. Mais, malgré cette différence, le fond reste le même que celui la photo et de la peinture : un enfant terrorisé au milieu d’une guerre qui n’est pas la sienne, et qui lui prendra à jamais son innocence d’enfant.
C’est pourquoi la photographie du petit Aylan, le tableau de Eugène Delacroix et le poème de Victor Hugo ont en commun l’injustice de la scène, et la réaction du spectateur (ou lecteur) : pour le poème et la photo, un enfant perdu dans un combat à l’intérieur duquel il est impliqué malgré lui, et pour la peinture de Delacroix, le massacre d’un peuple innocent. L’émotion suscitée est donc dans les trois cas principalement de la pitié, sous toutes ses formes.

22. Le mardi 3 avril 2018, 20:45 par Marion Lopez-pia

Ces trois œuvres se présentent de manières différentes (poème, peinture et photographie), pourtant elles cherchent toutes trois à nous faire comprendre un message commun.
Dans l'enfant de Victor Hugo, un enfant aux yeux bleus et aux cheveux blonds victime d'une guerre est mis en scène. Au début du poème, cet enfant est encore naïf et innocent mais s'endurcit au fil des mots. La chute concentré dans l'avant dernier et le dernier vers, nous fait brutalement comprendre que cet enfant n'est plus, qu'il est devenu un adulte dans un corps d'enfant, il en vient à ne plus demander des jouets mais des balles pour se battre. Cette chute amène le lecteur à réfléchir sur les aspects autant morals que physiques de la guerre. Dans le texte de Victor Hugo, c'est un aspect plutôt moral qui est ici évoqué à travers le changement d'attitude et de personnalité de l'enfant.
Dans le tableau de Delacroix, un aspect physique y est évoqué. Il y expose les victimes du conflit qui sont autant des enfants, que des adultes, que des vieillards. Les visages éclaircis des cadavres que les survivants prennent dans leurs bras peuvent émouvoir le spectateur et lui transmettre de la compassion et de la pitié pour les centaines de familles déchirées.
Ces deux œuvres peuvent s'appliquer au monde d'aujourd'hui. En effet, les aspects physiques et morals évoqués chez Hugo et Delacroix sont toujours actuels : les enfants sont toujours pervertis par les balles, les victimes physiques et les familles déchirées sont toujours plus nombreuses.
La photographie d'Aylan met en scène ces aspects. On imagine la douleur de la famille de ce petit garçon qui est une victime physique de ce conflit syrien. Le recadrage de la photographie de ce petit enfant de trois ans échoué sur une plage grec possède un côté dramatique et nous rempli de tristesse et de colère. Pourtant cette photographie témoigne de la triste et dure réalité des victimes de guerre.
Ces trois œuvres, mises ensemble, nous exposent les violences des conflits, les victimes physiques et morales et appellent peut être le peuple à la révolte.

23. Le mardi 3 avril 2018, 20:48 par Chevillotte Paul

Nous avons étudié le poème « l’Enfant » de Victor Hugo et en parallèle, le tableau « Scène des massacres de Scio » d’Eugène Delacroix. Voici ce que nous pouvons en résumer :
Après avoir consciencieusement lu et regardé ces deux œuvres, ont remarque rapidement que l’ambiance et l’atmosphère de ces deux documents se ressemblent, voir se rejoignent. En effet la représentation de la guerre chez Delacroix est illustrée en partie par les mots de Victor Hugo dans son poème. Le travail de composition du tableau montre de manière très précise et soignée la douleur, la souffrance ou encore la mort de cette population anéantie. La lumière baigne les visages souffrant tandis que les agresseurs sont exemptés. Le refus de la symétrie du tableau et des personnages permet de montrer la réalité du désordre d’un génocide. Nombreuses de ces caractéristiques montrent un désir d’appartenance au mouvement du romantisme par Delacroix. Hugo, auteur romantique également décrit à travers son texte la rencontre imaginaire entre l’auteur et cet enfant. Cet enfant qui est seul, nous invite à penser que sa famille a probablement été décimée par une guerre ou un génocide (« Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil »). Le vers final « Je veux de la poudre et des balles » donne tout son sens au poème et assomme le lecteur par la révélation de cet enfant : il n’est plus un enfant. Eugène Delacroix et Victor Hugo obligent donc le public à se confronter à la réalité de leur monde et du comportement humain à travers l’exemple de cette évènement marquant encore gravé dans les esprits des populations du XIXe siècle. Ces deux œuvres aux caractères intemporelles permettent d’émouvoir le public et nous invite à réfléchir sur les comportements que certains pays peuvent avoir.
Une réflexion supplémentaire est venue compléter cette fin de séance à propos de la « célèbre » photo du petit Aylan Kurdi. En effet il existe deux clichés de cette photographie : l’une est retouchée, la seconde est l’originale. La photo retouchée nous montre un enfant âgé d’au moins 4 ans, étendu seul sur la plage et décédé. L’homme en face de lui prend note du malheureux évènement. Du moins c’est ce que tout le monde veut croire et voir. En réalité la photo originale nous montre simplement la routine qu’effectuent les gardes côtiers dans un pays émergent. La brutalité de cette photo tend à émouvoir et à frapper les esprits un peu comme le faisaient les auteurs romantiques deux siècles avant.

24. Le mardi 3 avril 2018, 20:57 par Amicie de Tanoüarn

Le romantisme est un courant artistique qui partage des émotions au travers de texte de texte ou de peintures des émotions. Dans les trois documents qui nous sont proposés le massacre de Scio, L'enfant et la photographie d'Aylan, on ressent un sentiment de pitié pour ces victimes de "guerres".
Dans l'enfant on peut observer un important contraste entre le paradis qu'est Scio : vers 28 " Ou le fruit du tuba" (dans le Coran il est écrit que le tuba est un arbre du paradis) ce qui fait aussi un lien avec la religion de l'empire turc.
Ce paradis sur terre a été totalement détruit et ses habitants avec. En effet l'enfant grec qui au début du texte était décrit comme un enfant pur et innocent demande de la poudre et des balles pour se venger et devient lui-même un démon.
Le massacre de Scio nous montre des personnes qui sont morts, mourants et viennent de subir un important traumatisme. Les personnages représentés sont faibles. Delacroix veut nous faire réagir pour nous montrer que la civilisation n'a rien pu faire mais qu'il faut tout de même agir. Comme dans l'Enfant, Delacroix nous montre une vision chaotique du monde.
La photographie d'Aylan m'a choqué du fait que c'était un tout jeune enfant et qu'en plus il était couché la tête dans la sable un peu comme s'il dormait.
Toutes les personnes représentées dans ces différentes œuvres ont pour point commun de mourir à cause de la civilisation.

25. Le mardi 3 avril 2018, 21:17 par Elisa Chen

Le poème « L’Enfant » est un extrait du recueil « Les Orientales » de Victor Hugo, publié en 1829. Il a été écrit dans un contexte violent, durant les massacres réalisés par les Turcs envers les Grecs, habitants de l’Île de Chios.
Le tableau « Scènes des massacres de Scio » peint par Eugène Delacroix en 1824, est un tableau représentant les massacres à Chios encore une fois, en avril 1822 par les Ottomans lors de la guerre d’indépendance grecque.
Ces deux œuvres ont donc pour but commun, de représenter la guerre d’indépendance grecque.
Le poème de Victor Hugo aborde un massacre entourant un enfant. Le poème tourne principalement autour de celui-ci, dans la majorité de ses strophes, il explique la tristesse de l’enfant et essaye de retrouver sa gaieté, mais sans succès. Finalement, alors que l’enfant reste muet durant tout le poème, celui-ci finit par répondre qu’il veut « de la poudre et des balles » (v.36). On repère une chute, car l’enfant qui semblait si triste et si innocent devient « violent ». On comprend donc que la guerre touche tout le monde, mais qu’il change aussi la personnalité et la vision des personnes victimes.
Le tableau de Delacroix représente la violence, le chaos, la souffrance, l’état des victimes durant la guerre. On ne repère aucune symétrie et la toile semble comme trop étroite pour montrer cette scène. De plus, il y a une variété dans le choix des protagonistes au niveau de l’âge, du sexe, mais aussi de l’espèce, la guerre frappe donc tout le monde.

Il est nécessaire de montrer les victimes de la guerre et de tout drame humanitaire, car il est important que tous comprennent les conséquences et les souffrances que celles-ci apportent. Le montrer permettrait peut-être de réduire la violence, car ceci pourrait susciter de la compassion et de la peine chez le spectateur, ainsi, il serait possible que celui-ci décide d’empêcher certains crimes par exemple, une part de bonne foi et de volonté pourrait donc se développer. Néanmoins, il n’est pas suffisant, car l’émotion ressentie, lorsqu’on a un proche victime de ces violences ou spectateur direct, est différente à celle ressentie lorsqu’on est loin du carnage. Par exemple, lorsqu’on lit le poème, on éprouve à l’achèvement de celui-ci, un sentiment de peine envers cet enfant qui semblait si innocent et si doux, mais qui est finalement devenu un personnage sans pitié après la guerre. D’ailleurs, Victor Hugo insiste plusieurs fois sur le mot « enfant » (v. 35) avant d’écrire son dernier vers (chute). De même pour le tableau de Delacroix, on ressent de la peine à voir des personnages écroulés, persécutés, inquiets. Mais ces deux œuvres ne suffisent pas à changer le public, malgré les émotions apportées. Cependant, elles peuvent être un chemin menant à la prise d’une décision humanitaire, comme on le dit avant, pour venir en aide aux victimes ect… mais elles pourraient aussi nous mener à la raison, c’est-à—dire décider de choisir la paix au lieu de la violence par exemple. Malgré tout, ce que ces oeuvres cherchent à défendre et à transmettre ne se ressent pas toujours, tout reste une réflexion personnelle, certains pourraient être menés à l’envie du changement , contrairement à d’autre. On peut aussi mettre ces deux œuvres en perspective avec la guerre de Syrie, dont la photographie d’Aylan Kurdi est devenu un symbole, car on éprouve à nouveau de la peine, mais ceci ne nous change pas forcément. Le travail de recadrage permet d’ailleurs d’insister sur les émotions qu’on cherche à transmettre, mais à la fin le conclusion reste la même, elle ne va pas obligatoirement donner l’envie à tous d’agir pour essayer de trouver une solution à toutes ces guerres voire de les arrêter.

Il est donc nécessaire de montrer les victimes, mais ceci n’est pas suffisant, car les émotions ressenties ensuite ne mènent pas certainement à des décisions et à la raison.

26. Le mardi 3 avril 2018, 21:18 par marina

Ces trois œuvres, diffusent des idées communes et nous font part de façons différentes les conséquences déchirantes de la guerre des siècles précédents mais également de notre société.
Le poème de Victor Hugo nommé l’Enfant pourrait désigner par excellence la personnification du romantisme, de part et d’autre avec cet enfant blond aux yeux bleus, véhiculant la pureté. Il désigne l’allégorie du peuple grec lors de ce conflit avec les Turcs. Ainsi Hugo décide de nous transmettre toutes les souffrances d’un peuple tiraillé et permet à la fois de nous émouvoir tout en nous tenant mobiliser grâce à cet enfant.
En outre, L’Enfant n’est pas la seule œuvre qui nous permet de manière choquante d’apporter une réflexion tout en étant émue sur un fait tragique passé. Le dernier vers « Je veux de la poudre et des balles » nous ramène aux visages des grecs du tableau de Delacroix, qui expriment le même désir. En effet, le tableau de Delacroix intitulé Scènes de Massacres, met en avant un chevalier turc qui intimide une assemblée de grecs, hommes, femmes, enfants et vieillards confondus. Ils sont déshabillés, quelques uns d’entre eux semblent agoniser et tous ces faits réussissent à faire surgir de la pitié en nous. Malgré les siècles passés, aujourd’hui la guerre continue de faire ravage comme nous le montre la photo du petit Aylan Kurdi, échoué sur la plage, ayant tenté d’échapper à la guerre dans son pays qui aura finalement trouvé la mort. Contrairement aux œuvres ci-dessus, cette image pourrait révéler en nous de la colère puisque c’est un fait récent et nous amène donc à nous demander si les mentalités de la société d’aujourd’hui ont évoluées

27. Le mardi 3 avril 2018, 21:25 par Marguerite YANIV

Les différentes œuvres étudiées en classe (le tableau de Delacroix, Scènes de massacres de Scio, la photo d’Aylan Kurdi, le poème de Hugo, L’Enfant, et le tableau de Ingres, le Vœu de Louis XIII) nous ont permis de définir le romantisme mais aussi de découvrir en profondeur le texte de Victor Hugo, L’Enfant.
La définition du romantisme esquissée en classe a été définie avec la comparaison d’un tableau classique, le Vœu de Louis XIII, et d’un tableau romantique, Scènes de massacres de Scio. Nous avons défini que le romantisme cherche tout d’abord à contrer la symétrie omniprésente dans les tableaux classiques en chargeant le premier plan, comme dans le tableau de Delacroix, pour montrer le désordre, la violence, la démesure, le chaos et la souffrance présents dans le tableau. Ensuite, le romantisme choisis de représenter des personnages anonymes, que personne ne connaît contrairement au classicisme qui choisis des personnages connus de tous comme des rois ou des personnages religieux. En dernier, le romantisme a plutôt une portée politique, actuelle, qui cherche à faire réfléchir les contemporains de son époque et à rendre les personnages dignes de pitié tandis que le classicisme a une portée religieuse et monarchique.
Ensuite, avec le poème de Victor Hugo, nous avons continué dans l’analyse du romantisme. A la première lecture, ce poème parle d’un enfant donc d’innocence. Au fil des vers, Hugo essaye de le distraire. Mais à la fin, on se rends compte que l’enfant n’est plus un enfant, il a perdu toute son innocence. A travers la deuxième lecture, on s’aperçoit que finalement, Hugo cherche à redonner son innocence à ce petit garçon en vain. Victor Hugo joue avec le lecteur pendant tout le poème jusqu’aux derniers vers où il rend la chute brutale avec le mot enfant répété de nombreuses fois.
Grâce à ce poème, nous pouvons ajouter que le romantisme serait une façon forte de mettre en relief des réalités et des émotions.
En conclusion, nous pouvons dire que (avec le tableau de Delacroix, la photo d’Aylan et le poème d’Hugo) toutes ces œuvres ont une dimension tragique et pitoyable, en représentant dans chacune des personnages anonymes et plus particulièrement des enfants, ce qui nous rends plus sensibles à ces œuvres.

28. Le mardi 3 avril 2018, 21:43 par Jade VAUTIER

À quoi tient l’efficacité de la chute du poème de Hugo ? Qu’est-ce qui la prépare ?

Dans ce poème, Victor Hugo décrit d’abord les ravages de la guerre puis introduit l’enfant, symbole de l’innocence, qui est en réalité le « personnage principal » de ce poème et en est même le titre, qui tisse un voile d’illusions sur la vraie nature de l’enfant. Le lecteur s’attend donc à ce que l’enfant tienne un discours qui correspond à son âge.
Cette impression est détruite par le dernier vers, qui concentre la chute du poème en quelques mots : « Je veux de la poudre et des balles ». Ce vers révèle que l’enfant innocent décrit tout au long du chapitre n’en est pas un, plus un. De plus, l’avant-dernier vers insiste encore sur le mot « enfant », ce qui rend la chute deux fois plus brutale et efficace.
Nous pouvons aussi faire le rapprochement avec le tableau d’Eugene Delacroix, « Scènes des massacres de Scio » et avec la photo du corps du petit Aylan retrouvé sur une plage, prise par Nilüfer Demir, une photographe turque.
Le tableau de Delacroix nous montre une scène d’horreur absolue, renforcée par la violence de la situation des personnages attendant la mort.
Le point de vue plus resserré (une fois recadrée) de la photo se concentre sur un aspect plus émouvant de la scène, qui vise à susciter l’émotion du spectateur en ne montrant plus qu’un point de vue sur le sujet.
Ce poème, ce tableau et cette photo visent donc tous trois à émouvoir le spectateur mais aussi à provoquer son indignation face à leur violence. Tous les trois peignent une scène ravagée par les guerres de toutes sortes. Le poème par l’utilisation de mots brutaux, « ruine », « deuil », « ravage » … le tableau par la mise en scène sauvage qui fait ressortir la barbarie des massacres de Scio et enfin la photo par le choix d’un angle de vue rapproché sur le petit Aylan.

29. Le mardi 3 avril 2018, 21:50 par LE LEAP Marie

La guerre ? quel drôle de mot n'est-ce pas ? n'est-il pas vrai que le premier mot auquel nous pensons en entendant "guerre" est souffrance ? pourtant il y a tant de souffrances que nous ne pouvons ni voir ni ressentir. A première vu on se demande comment des textes et des images si différentes peuvent avoir un lien. Pourtant ici c'est bien le cas un seul lien les relies " la souffrance ", la souffrance d'un jeune garçon abandonné, la souffrance d'un peuple massacré et la souffrance suscité en nous a la vue de ce pauvre garçon retrouvé mort sur une plage. Le monde évolue certes mais la souffrance ne peux être apaisée au cours des siècles ce qui rend le texte de Victor HUGO encore plus beau et plus proche de l'image de ce garçon prise il y a de cela 2 ou 3 ans.L'atmosphère de cette image est glaciale lugubre il n'y a aucun détails qui suscite en nous de l'espoir ,comme les refus des règles que l'ont retrouve dans "l'enfant" avec cet effet de contraste entre la situation de l’enfant abandonné et les solutions qui pourraient l'aider et le consoler de même pour le tableau de DELACROIX avec la mise en lumière de certains des personnages de son tableau qui nous détache de la souffrance et nous rapproche de l'empathie. C'est ainsi pour moi la photo ce cet enfant sur la plage qui me fait le plus réagir, elle nous ramène à la dur réalité et l'hypocrisie qu'est devenu ce monde en voyant ces journaliste prenant des photos de cet enfant à la dignité ruinée par la société. Aucun espoir de vie ni même d'empathie envers ce petit garçon. A travers le poème d'Hugo et le tableau de DELACROIX nous avons pu voir quel était le romantisme et quel rôle jouait-il au sein de la population.

30. Le mardi 3 avril 2018, 22:04 par Sarah SÉNOVILLE

Les trois oeuvres étudiées, à savoir "L'Enfant" de Victor Hugo, les "Scènes des massacres de Scio ; famille grecque attendant la mort ou l'esclavage" d'Eugène Delacroix, et la photographie du petit Aylan, échoué sur une plage turque présentent un but commun : faire réagir le lecteur ou spectateur et l'amener à se confrontrer avec son temps. Pour cela, ces oeuvres vont susciter l'émotion et provoquer plusieurs sentiments chez le lecteur ou spectateur, comme la pitié, la colère ou encore la tristesse, ce qui pourra l'amener construire une réflexion . Les artistes utilisent différents procédés afin de montrer l'atrocité de ces événements : une chute, une représentation, ou encore un recadrage.

 L'oeuvre de Victor Hugo, "L'Enfant", présente cette capacité à provoquer plusieurs émotions et sentiments chez le lecteur. Dès le premier vers du poème, l'auteur nous rappelle que des actes de violence ont eu lieu à Chio, lors de la répression par l'Empire ottoman, entrainant la destruction de l'ile. Ces vers provoquent un sentiment de tristesse chez le lecteur, ainsi qu'un sentiment d'empathie. Les vers suivants, décrivant quant à eux, un enfant aux yeux bleus, symbole d'innocence et de paix, attendrissent particulièrement le lecteur. Puis, l'auteur se met à proposer plusieurs choses à l'enfant, afin de lui redonner le sourire et sa joie de vivre, comme "un cheval au galop", "un oiseau merveilleux" ou encore "un beau fruit", ce qui émeut et attendrit davantage le lecteur, qui peut se remémorer la période de l'enfance. Le dernier vers donne son sens à tout le poème. Cette chute fait comprendre au lecteur que l'enfant n'en est plus un, et provoque un brusque retour à la réalité chez le lecteur. Ce dernier vers dénonce la violence et l'horreur de la guerre. Le fait que le lecteur ait cru tout au long de sa lecture que "l'enfant" en était un et en son innocence, sa pureté rend la chute encore plus brutale et réveille encore une fois un sentiment de tristesse, de mélancolie chez le lecteur.
L'oeuvre de Delacroix, représentant une scène de massacres, complète celle de Victor Hugo ; elles font référence au même événement. Tandis que le poème de Victor Hugo fait réagir le lecteur avec sa chute brutale, la peinture, quant à elle, parvient à atteindre son objectif en représentant des familles grecques, affalées à terre, attendant la mort ou l'esclavage. Plusieurs catégories de personnes sont représentées : des femmes, des hommes, des personnages d'ages murs, des enfants...Cela montre bien que toute personne-sans exception- est touchée par les conséquences dévastatrices de la guerre, de cette haine, et qu'il n'y a pas d'issue afin d'y échapper. Ces éléments éveillent encore une fois un sentiment de pitié, d'empathie, de compassion, de profonde tristesse chez le spectateur, mais aussi un sentiment de colère, d'hargne, face à ce spectacle macabre qui révèle une triste réalité. Cette peinture dénonce un aspect sombre du monde qui nous entoure, mais aussi un aspect lugubre de la nature humaine. Une sorte de chaos se dégage de l'atmosphère générale du tableau, qui fait référence au chaos désastreux qui résulte de l'horreur de notre monde, mais aussi à la déshumanisation des humains.
 Enfin, la photographie du petit Aylan, provoque tout comme les deux autres œuvres, plusieurs sentiments. Cependant, cette oeuvre peut provoquer ces sentiments de manière plus puissante, puisque ce n'est ni une représentation, ni une peinture, ni un poème mais une photographie capturant le corps "réel" d'un petit enfant de trois ans, échoué sur une plage turque, après avoir essayé d'échapper à la terreur qui régnait dans son pays d'origine et avoir recherché l'espoir d'une vie meilleure. Cette photographie provoque la haine du spectateur, de part le fait qu'un nombre considérable d'humains doivent fuir leurs pays, et l'horreur qui domine dans ces derniers afin de préserver leurs vies et, en particulier pour les parents, espérer offrir une meilleure vie et éducation à leurs progénitures. Cette photographie attristre profondément le spectateur, d'une part par le fait qu'elle capture l'image d'un enfant, être innocent et pur, mort. Mais elle l'attriste de manière plus considérable, et provoque un sentiment de rage plus marqué chez le spectateur lorsqu'on compare les deux photographies : la première photo, recadrée, représentant l'enfant, échoué ainsi qu'un photographe, prenant des notes et la deuxième photo, sans le recadrage, qui ajoute un deuxième journaliste à la scène, sur le point de s'en aller, et fixant la photo qu'il vient de prendre. Cela provoque l'incompréhension du spectateur, qui peut se révolter contre le fait que le journaliste reste visiblement insensible face au fait qu'un enfant, ne faisant plus parti de ce monde, se trouve à quelques centimètres à lui. Il semble plus concerné par la photographie qu'il vient de prendre plutot que par l'atrocité de ce qu'il capture. En découvrant ce genre de photographies, le spectateur peut ressentir une profonde douleur et même un choc.
 Toutes ces œuvres présentent donc un objectif commun. En provoquant plusieurs sentiments chez le lecteur ou spectateur, elles l'amènent à réagir et à se confronter à la réalité du monde dans lequel il vit.  Elles utilisent des manières différentes de susciter ces émotions chez le lecteur ou spectateur, mais parviennent toutes à atteindre leur objectif. Même si l'émotion est un bon moyen de faire réagir le lecteur ou spectateur, ce dernier doit  construire une réflexion en interprétant les éléments qu'il observe pour parvenir à se confronter aux événements du monde dans lequel il vit.
31. Le mardi 3 avril 2018, 22:07 par Amaury LEMOINE

Que ce soit dans le tableaux d’Eugène DELACROIX, du poème de Victor HUGO, ou de la photo du petit Aylan; on peut remarquer de nombreux aspects similaires et une certaine ambiance commune.

Toutes les trois mettent en avant la mort que ce soit les corps mis en lumière sans la peinture, « Je veux de la poudre et des balles » chez Hugo , ou encore l’enfant retrouvé sans vie sur une plage sur la photographie.
Ces oeuvre ont pour but de nous faire ressentir de la pitié mais il ne faut oublier de les recontextualiser à leur époque. Il y a une certaine sorte de mise en scène dans la photo d’Aylan Kurdi du fait du recadrage qui dramatise la situation : un secouriste seul sur la plage avec a ses pieds un jeune garçon décédé. Alors que la photographie non recardé est moins choquante elle semble « banal » : un camion au loin sur la route, deux hommes discutant a une cinquantaine de mètre du corps du jeune garçon et surtout le photographe en train de partir surement habitués à ce genre de scène maintenant.
Dans la « Scènes des massacre de Scio » chaque élément est positionné de façon a nous faire ressentir la pitié pour le peuples massacré et de la haine pour les Turcs; En effet les visages de Turcs sont sombres tandis que ceux des grecs sont illuminés comme pour les lettres en valeurs.
L’artiste cherche a nous montrer l’horreur et l’atrocité qu’on du vivre ces personnages
On peut observer que dans ces trois oeuvres que les personnages représenté sont inconnus et sont donc considéré comme innocents par le spectateurs.

32. Le mardi 3 avril 2018, 22:25 par Lola Quesnel

Ce tableau se nomme Scène des massacres de Scio et a été peint par Eugène Delacroix. Il représente la révolte de 1822 par les grecs contre l’Empire Ottoman. Ce tableau décrit un paysage hostile. En effet, le peintre met en évidence le chaos et le désordre notamment par le choix de couleurs chaudes, souvent associées à des émotions négatives. Aussi, d’autres éléments picturaux comme la vieille femme illuminée, au premier plan, nous suggère que la guerre n’épargne personne. De plus, la silhouette de l’homme turque à l’extrémité droite montre davantage le rapport de domination et de violence pendant les combats. Le spectateur ressent ainsi de la compassion envers les personnages souffrants. Pour le 19e siècle, ce tableau est un scandale car on ne représente que ce qui est digne d’être représenté. Or, cette œuvre montre explicitement des personnes inconnues, auxquelles les spectateurs peuvent facilement s’identifier, et décrit des scènes d’horreurs des habitants des régions touchées par les guerres.

De plus, Victor Hugo dans l’Enfant, écrit en 1829, décrit aussi des horreurs de la guerre. Cette guerre a transformé un enfant grec en combattant. Le narrateur et le spectateur veulent donc que cet enfant demeure jeune et innocent. Malgré cela, la guerre lui a « volé son âme d’enfant » pour la substituer à l’âme d’un combattant. Le dernier vers donne au poème son sens car il nous indique que l’enfant n’est désormais plus un enfant.

Comme Delacroix, Hugo met en scène des victimes de guerres et souhaite émouvoir le spectateur pour le confronter aux duretés de son temps.

33. Le mardi 3 avril 2018, 22:32 par Charlotte Hiblot

Lorsqu’on compare un tableau à une photo, on peut parfaitement s’attendre à des similitudes comme à de nombreuses différences. Ici, le tableau de Delacroix, Les massacres à Scio, et la photo du petit Aylan ont le même objectif: informer, et émouvoir le spectateur, de ce qu’il se passe plus loin que chez lui. Par un chemin différent, c’est aussi ce que propose Hugo, dans L’enfant, en recherchant de la pitié pour cet enfant grec, qui est jeune, innocent, et qui ne mérite rien de ce qu’Hugo décrit dans son texte. Jusqu’à que toute notre vision sur cet enfant ne s’écroule à la lecture du dernier vers. On peut rattacher le tableau de Delacroix, qui lui, ne nous prends pas de court, mais nous montre directement le témoignage de la violence en Grèce, nous prenant par les émotions, mais sans nous faire espérer la moindre chose positive pour ces personnages, rappelons-le, anonymes.

34. Le mardi 3 avril 2018, 23:19 par Naomi Yvinec

À quoi tient l’efficacité de la chute du poème de Hugo ? Qu’est-ce qui la prépare ?
"Plus l'élévation est grande, plus la chute est profonde."
Ki-Kiun-Tsiang ; Les pensées choisies (XIIIe s.)
Dans son poème, "L'Enfant", Hugo nous dépeint le portrait d'un jeune enfant grec ayant vu la guerre sous ses yeux innocents et nous émeut par la description de cet enfant si pure. "Un enfant aux yeux bleus" "pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus" ... Hugo mentionne à 4 reprises la couleur bleu des yeux de l'enfant et le désigne d'enfant a la "tête blonde", cette description qu'il nous offre, crée dans notre esprit l'esquisse d'un ange par la pureté représenté par la couleur bleue et le caractère divin de la chevelure blonde. Déjà, le poème commence avec la description de Chio qui est celle d'une ville ravagé, de "ruine et deuil", "plus qu'un sombre écueil" et cette description est immédiatement opposé ( mais presque mise en abîme) au deuxième paragraphe dans lequel, y est présenté la description de l'enfant. Cependant, la chute n'en est que plus brutale, car, lorsque la pitié et l'attachement pour cet enfant si innocent et a qui Hugo offre le monde pour qu'il retrouve sa candeur et son enfance perdue est a son paroxysme, Hugo insiste, plus lourdement encore en en inscrivant a deux reprises le mot enfant dans le même vers. Et c'est alors, que, nous achevant en quelque mots, Hugo évince cet enfant de tout reste d’ingénuité ou de pureté qu'il avait pourtant tout au long du poème mis en place avec brio.

Ainsi, tout le génie et l'efficacité de cette chute tient au contraste qu'Hugo impose et a inattendu. Cette réponse si froide et digne d'un adulte sort du cadre du poème et de ce que l'on en aurait attendu. Elle choque et reste gravé dans notre mémoire.

C'est ainsi que se joignent ce poème et la peinture "Scènes des massacres de Scio ; familles grecques attendant la mort ou l’esclavage" de Eugène Delacroix, (1824) Ces deux derniers ont en communs qu'ils heurtent le publique a une nouveauté, ils le marquent, le frappent... Effectivement, ce tableau est ce que l'on pourrait qualifier d'inconventionnel a cette époque, le romantisme viens tout juste d’apparaître au grand jour mais les contemporains de De Lacroix et d'Hugo ont pour la plus part, toujours leurs yeux tournés vers le classicisme. Cependant le romantisme choque, offusque, indigne et frappe, il transmet son message par l'expression de sentiments forts, il refuse d'être retenu dans un cadre et prend le contre-pied du classicisme en ceci (qu'en peinture ou en littérature,) le romantisme bouleverse les règles et se veut libre. Dans cette peinture, aucune règle de bienséance, on y voit cadavre, de tout age, sexe et religion, le cadre et la symétrie imposés par le classicisme ont disparu, au premier plan, presque entassés, des corps, des anonymes vivants et morts tous mélangés sont présentés. A nouveau, la chute est conséquente entre la perfection la délicatesse et la grâce contenue dans les peintures et œuvres classiques opposés drastiquement aux textes et représentations inattendus et novatrices de ce tableau et du poème.
Dans ces deux œuvres, on cherche a provoquer des sensations, a émouvoir, remuer, chambouler le publique par (comme dirait Julien Grac) des voies obliques et imprévues, le nouveau cadre, les nouvelles règles et libertés proposés ici sont ce qui nous touche et permettent aux "artistes" de mettre en relief et d'offrir sous un nouvel angle, des réalités et des émotions fortes afin de les communiquer.

Nous pourrions aussi comparer ces œuvres a la photo du petit Aylan, un jeune garçon immigré retrouvé mort sur une plage, une photo recadré a circulé dans le monde, en effet, de cette photo avait été retiré un homme tournant le dos a la scène ne regardant que le reflet de la réalité a travers son appareil photo tant ces faits son habituels pour une personne de cette profession. Cependant, une fois recadré, la phot ne montre que le jeune Aylan et un homme tête baissé devant lui. L'homme ne fait surement que prendre des notes de la scène mais, a première vue, il semble regarder l'enfant. Le fait que cette photo recadré ai tant bouleversé, au point d'être vue partout et diffusé a échelle mondiale, montre a nouveau que par une autre manière de présenter une scène, sous un nouvel angle ou même un recadrage, les émotions transmises sont bien plus fortes et touchantes.

C'est ainsi que dans ces trois œuvres, nous retrouvons la racine même du romantisme, les représentations choquantes et la réalité exprimé durement mais avec réalisme. De plus, dans chacune est impliqué le détail important de l'enfance. Nous pouvons effectivement voir des enfants sur le tableau de De Lacroix mélangés a la crasse, au désordre et aux cadavres, Aylan dans la photo et le personnage du poème d'Hugo. En effet, dans ces 3 œuvres, les "artistes" ont choisis de dépeindre la dure réalité par le biais de la représentation de la pureté même, de l'innocence et de ce qui transmet au mieux la compassion, les enfants.

35. Le mercredi 4 avril 2018, 15:25 par Louise MURARASU

Hugo nous appelle à nous émouvoir et à nous mobiliser.
Dans le poème “l’Enfant”, il nous incite à la tristesse et à la pitié. Il choisit comme personnage un enfant car il représente l’innocence, la pureté et la fragilité. L’enfant n’est pas censé se retrouver sur une scène de guerre. Bien qu’on ne connaisse pas la raison de sa présence, on comprend dans le dernier vers que ce n’est plus un enfant mais un être blessé et avide de vengeance.

Dans le tableau de Delacroix, les Grecs sont des femmes, des enfants, des vieux sans arme. La lumière du tableau est centrée sur eux pour montrer que ce sont les victimes alors que les soldats Turcs sont dans l’ombre. Ainsi, notre regard se pose plus sur les victimes pour nous toucher.

La photo recadrée d’Aylan nous rend triste tous comme les autres œuvres car elle est centrée sur l’enfant. Mais lorsque nous voyons la photo originale, nous sommes plus “révoltés” car on se rend compte que les hommes ne font que prendre des notes. Nous sommes plus révoltés en pensant que c‘est cruel de voir ces hommes sans émotion apparente.

L’ensemble de ces œuvres essaye de nous mobiliser contre la guerre et surtout les victimes innocentes de la guerre. Hugo, Delacroix et le photographe ont utilisés la même méthode pour nous sensibiliser à la cruelle réalité de la guerre.

36. Le mercredi 4 avril 2018, 20:42 par Amaury LEMOINE

Que ce soit dans le tableaux d’Eugène DELACROIX, du poème de Victor HUGO, ou de la photo du petit Aylan; on peut remarquer de nombreux aspects similaires et une certaine ambiance commune.

Toutes les trois mettent en avant la mort que ce soit les corps mis en lumière sans la peinture, « Je veux de la poudre et des balles » chez Hugo , ou encore l’enfant retrouvé sans vie sur une plage sur la photographie.
Ces oeuvre ont pour but de nous faire ressentir de la pitié mais il ne faut oublier de les recontextualiser à leur époque. Il y a une certaine sorte de mise en scène dans la photo d’Aylan Kurdi du fait du recadrage qui dramatise la situation : un secouriste seul sur la plage avec a ses pieds un jeune garçon décédé. Alors que la photographie non recardé est moins choquante elle semble « banal » : un camion au loin sur la route, deux hommes discutant a une cinquantaine de mètre du corps du jeune garçon et surtout le photographe en train de partir, surement habitués à ce genre de scène.
Dans la « Scènes des massacre de Scio » chaque élément est positionné de façon a nous faire éprouver de la pitié envers le peuples massacré et de la haine pour les Turcs; En effet les visages de Turcs sont sombres tandis que ceux des grecs sont illuminés comme pour les mettres en valeurs.
L’artiste cherche a nous montrer l’horreur et l’atrocité qu’on vécu ces personnages. Son but est peut-être de faire changer les choses en montrant des scènes jusqu’a lors choquantes pour son époque, de faire changer les mentalités.
Dans le poème d’Hugo « L’enfant », cet enfant symbole de l’innocence de pureté et de naïveté ( l’enfant au yeux bleus et a la tête blonde) devient un homme un guerrier (« je veux de la poudre et des balles » une phrase inhabituel pour un enfant).
ll dénonce les transformations que la guerre peut opérer sur des enfants. On peut retrouver cette similitude dans le photographie d’Aylan; car sa famille a surement du quitter leur pays pour des raisons de conflits armés.
On peut observer que dans ces trois oeuvres que les personnages représenté sont inconnus et sont donc considéré comme innocents de par leur description, leur positionnement ou encore le point de vue, par le spectateurs.