Quelques compléments : un article très éclairant sur le topos des ruines, prisé par les romantiques, et sur l’histoire de la photo du Baiser de l’Hôtel de ville par R. Doisneau.

De quoi étoffer votre réflexion sur la quête de beauté de Baudelaire, toujours à l’affût de l’éternel à extraire du transitoire d’un moment ou d’une époque.


Sur le thème des ruines

Rappelons que j’ai évoqué ce thème, typique du Romantisme, pour montrer d’une part combien ce qui a priori était détruit pouvait devenir beau dans les yeux des contemporains de Baudelaire (et même de ses prédécesseurs : je songe à Chateaubriand). Les romantiques prisent les ruines, allégorie de ce qu’on appellera le “mal du siècle” ; mais leur goût est aussi le ressort d’une véritable réflexion sur leur conservation.

Il est intéressant, par parenthèse, de comparer ce goût des ruines à la préférence pour l’art classique de l’Antiquité typique du Classicisme (qui prisait, lui, les formes antiques dans leur caractère achevé).

D’autre part, il s’agissait, par cet exemple, de vous expliquer combien le regard novateur de Baudelaire sur la beauté procédait du Romantisme.

Vous trouverez ici un article du site Filiation sur les ruines et le Romantisme (3 pages), très intéressant et éclairant.

Voici un autre article sur le même thème sur le site Wodka, illustré de nombreux tableaux : même à parcourir comme une galerie, c’est très intéressant.


Sur la fameuse photo de Robert Doisneau

De nombreux documents existent ; je vous invite à lire l’article du Monde référencé ci-dessous. Ici, l’intérêt est de prendre conscience de notre vision moderne de l’art, héritée d’une conception de la beauté que théorise Baudelaire. La beauté ne réside plus dans la perfection de l’objet observé ; elle procède de l’acte d’observation (et, chez lui, de re-création par l’écriture), qui extrait la beauté de la mode, voire de la laideur contemporaine.

Vous aurez compris qu’il s’agit ici de répondre, dans une large mesure, à la problématique qui sous-tendait l’ensemble de notre parcours poétique : voilà comment, entre autres, le poète renouvelle notre regard sur le monde dans ce qu’il a de plus prosaïque, de plus banal, de plus trivial.

Article du Monde sur le Baiser de l’Hôtel de ville de Robert Doisneau

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