Vous trouverez ici nos documents de travail, ainsi que quelques compléments.

Lundi 11

Téléchargez les notes prises en classe ci-dessous.


Corrigé du sujet 1 (sur le théâtre)

Téléchargez et lisez le corrigé donné aux correcteurs en 2011.

Vous pouvez télécharger le corrigé du sujet étudié ce matin. Vous verrez pour le commentaire que le corrigé commence par la portée du texte : faites-moi confiance, préférez terminer par là, dans une logique de progression.

Lisez cette proposition de projet de lecture et de plan

Projet de lecture

Comment Giraudoux, avec légèreté, ironie et gravité, met-il ici en scène une transformation porteuse d’une critique de la nature humaine ?

Plan

Un plan intelligent, même en deux parties, pourrait consister en la formule suivante (je vous propose ici les premières phrases de chaque partie, qui serviraient aussi de charpente à l’annonce de plan en introduction) :

  1. Giraudoux propose met en scène un dialogue drôle et enlevé.
  2. Sous les yeux du spectateur s’opère une transformation physique, mais aussi morale.
  3. Cette transformation révèle la valeur d’apologue de l’extrait, qui invite ironiquement à méditer sur la nature humaine.

Si vous regardez bien, chacune des trois questions qui permettent de cerner le texte progressivement (voir le document Word) permet d’aboutir à ce plan.


Mémoriser les figures de style en les classant par famille

Tout n’est pas à connaître, bien entendu. Je réagis ici à un propos de ce matin ; la table des matières d’un de mes livres de référence fournit un classement efficace.

Classer les figures de style, par pgdanset

Mardi 12

Sujet n°2 sur le théâtre et l’argumentation (thème du corpus : le conflit)

Dissertation

Vous avez très justement pointé le risque du catalogue avec le sujet proposé. Il faut en effet éviter un inventaire : une dissertation demeure une démonstration, un raisonnement.

Néanmoins, il est logique que vous soyez amenés à déployer l’éventail des « ressources » dont dispose le théâtre, ainsi que l’arc des conflits possibles qu’il est à même de représenter. L’organisation de votre dissertation sera en somme thématique, et devra éviter l’impression d’une succession de « Il y a… ». C’est une affaire de rhétorique, de formulation. Il faut donc, comme toujours, ménager la progression de votre raisonnement, du plus évident au plus fin. Il faut également continuer de penser à l’objet d’étude : ce qui est intéressant, c’est la relation complexe entre le texte et sa ou ses mises en scène : les ressources diffèrent d’un plan à l’autre, mais aussi, en même temps, la signification. Le conflit représenté par Molière dans Le Tartuffe est-il exactement celui que met en scène Ariane Mnouchkine ?

Enfin, comme nous veillons à ne pas nous enfermer dans de stériles types de plans, si utiles soient-ils dans le premier temps de l’apprentissage, nous pouvons imaginer un plan qui à la fois déploie l’arc des ressources dont dispose le théâtre pour représenter les conflits humains, mais qui interroge aussi celles qui sont les siennes lorsqu’il s’agit de représenter la paix, l’accord, la fin de la conflictualité.

Plan possible

I. Le théâtre met en scène des personnages et des histoires : c’est là, en premier lieu, sur le plan de l’imaginaire, qu’il puise pour représenter des antagonismes.
II. Mais le théâtre est, dans sa matérialité, fait de paroles, d’espaces et d’objets, qui servent la représentation des conflits.
III. Et cependant, le théâtre peut aussi être particulièrement à même de représenter, voire de permettre la résolution des conflits entre les hommes.

Autres possibilités

Consacrer :

  • une première partie au texte théâtral,
  • une seconde à ce que permet la mise en scène par rapport aux virtualités du texte, s’agissant de la représentation des conflits.

On peut aussi imaginer :

  • une première partie qui montre comment le théâtre représente les conflits entre les hommes,
  • puis une seconde qui évoque les conflits intérieurs, ceux qui opposent l’homme à lui-même, qui mettent en scène sa complexité,
  • et ceux, enfin, qui le confrontent à la transcendance (Phèdre face à Vénus et au fatum).

Vous avez aussi pensé à l’agencement suivant :

  • Le théâtre met en scène les conflits sur le plan de la parole,
  • et sur le plan physique.

Bien sûr, on pouvait imaginer une partition texte / scène, même si les autres plans présentent l’avantage de sans cesse penser la relation entre texte et scène, au sein de chaque partie.


Commentaire du texte de Koltès

Plan possible, à l’aide du questionnement progressif suivant :
  • Qu’est-ce que c’est ? Une scène d’affrontement.
  • Qu’est-ce que ça dit ? Comment ? Le texte oscille entre une violence verbale (et physique) faite d’insultes assez prosaïques et une expression quasi shakespearienne.
  • Quelle en est la portée ? L’enjeu visible, c’est une maison, une propriété. Mais l’héritage familial a surtout une dimension symbolique : deux visions de l’existence et du monde s’opposent ici.
Projet de lecture possible

Nous verrons en quoi cette scène d’affrontement violent oppose non seulement un frère et une sœur, dans un classique conflit de succession, plus aussi plus profondément deux façons de vivre et de penser.


Mardi 12

Travail sur le roman

Question sur corpus

Rappelez-vous : la question sur ce très beau corpus présentant des personnages penchés sur des photographies pouvait nous inciter à construire une réponse comme suit :

  • Nous verrons dans un premier temps comment les textes décrivent les photographies,
  • avant d’examiner le regard que les personnages portent sur elles.

L’inverse était possible aussi :

  • Nous verrons quel regard portent les personnages sur les photographies,
  • avant d’étudier la description de ces images pour comprendre l’origine de l’émotion qu’elles suscitent.

Esquisse de projet de lecture et de plan pour le commentaire du texte de J. Ferrari

Nous verrons en quoi cette première page, à partir de la description d’une photographie familiale, permet au lecteur d’entrer dans la conscience du personnage qui l’observe et de comprendre sa méditation sur l’absence.

  • En premier lieu, ce texte décrit une photographie familiale.
  • Mais la photographie compte peut-être moins que le regard du personnage qui la contemple.
  • En réalité, cette description révèle une méditation sur l’absence et sur la perte.

Vous retrouvez là les premières phrases de chaque partie, à écrire impérativement au brouillon comme je l'indiquais plus haut et n'ai cessé de le répéter. Ainsi vous les cisèlerez, les penserez ensemble également : elles donneront une trajectoire claire au correcteur.

Esquisse de plan pour la dissertation qui portait sur les “mondes intérieurs”

  • Certes, le roman est un moyen privilégié d’accès à l’intériorité, en premier lieu celle des personnages.
  • Mais par-delà le monde du personnage, c’est aussi celui de l’auteur qui nous est en partie offert.
  • En réalité, le roman ne serait-il pas un moyen d’accéder à notre propre monde intérieur, à nous, lecteurs ?

Autre possibilité : introduire une nuance - autrement dit, une dose de plan dialectique.

  • Certes, le roman est un moyen privilégié d’accès à l’intériorité.
  • Mais le genre est propre aussi à mettre en scène l’inaccessibilité, l’opacité mystérieuse de toute conscience.
  • En réalité, n’est-ce pas plus largement à l’intériorité de l’auteur, c’est-à-dire au regard qu’il porte sur le monde, que le roman donne accès ?

Travail sur l’oral : le fragment 141 des Feuillets d’Hypnos

La question était :

Comment Char fait-il ici en sorte que la nature contre la terreur ?

  • Rappelez-vous : le sujet est premier, le texte second. Partez de la question, non du texte ou de votre souvenir du texte. Votre pensée s’organisera mieux, avec moins de stress lié à la pompe à mémoire que vous mettriez en route sans cela, et permettra vraiment de répondre à la question.
  • Nous ne l’avons pas dit en classe, mais à l’image des plans esquissés pour les différentes questions sur corpus que nous avons étudiées, ici peut s’imposer une organisation en deux temps : en premier lieu, Char réunit des fragments de nature ; en second lieu, s’il les réunit, c’est pour faire face à la terreur et lui ôter de sa force destructrice.

Reconstitution d’un cheminement possible, pour aller vite au plus juste, avec sérénité

Plusieurs d’entre vous ne peuvent trouver le plan qu’après-coup : qu’ils suivent comme Montaigne le cours de leur pensée, elle a sa cohérence.

1. Par exemple, j’ai procédé ainsi mardi en trouvant, comme autant d’éléments de réponse successifs, les points suivants :
  • Char énumère des éléments de la nature, tout simples ; c’est peut-être la raison pour laquelle il adopte aussi une forme simple (au moins en apparence) : le poème en prose.
  • Il accorde une attention particulière à des détails ; il rassemble ce qui est dispersé.
  • Il énumère des sensations fines et délicates (contrairement à celles que provoque la terreur).
  • Elles s’expriment au travers d’une recherche d’équilibre sur le plan du rythme et de douceur sur le plan de la musicalité et des sonorités.

À ce stade, j’avais ces premières notes en tête ; il me fallait faire trois choses : continuer à chercher et à lire le texte ; préparer des citations et des explications attenantes ; organiser le tout. Je n’ai pas pris le temps de travailler sur les citations dans le cadre de notre entraînement ; en revanche, je suis revenu à la question pour commencer à organiser ma réponse et à trouver d’autres choses à dire.

Je me suis ainsi dit qu’il fallait peut-être commencer par parler de l’évocation de la terreur. Et il m’a semblé qu’il fallait faire une place à la façon dont la nature ainsi recomposée fortifie l’homme.

2. Cela a donné, en intégrant ce que j’avais déjà trouvé :
  • L’ouverture et la clôture du poème disent son enjeu explicitement : contrer la terreur.
  • Char forge à l’orée du poème un néologisme très dense et très sonore - dont les sonorités d’ailleurs contrastent avec tout le reste du poème.
  • L’exclamation finale dit la liberté conquise.
  • Char énumère des éléments de la nature, tout simples ; c’est peut-être la raison pour laquelle il adopte aussi une forme simple (au moins en apparence) : le poème en prose.
  • Il accorde une attention particulière à des détails ; il rassemble ce qui est dispersé.
  • Il énumère des sensations fines et délicates (contrairement à celles que provoque la terreur).
  • Elles s’expriment au travers d’une recherche d’équilibre sur le plan du rythme et de douceur sur le plan de la musicalité et des sonorités.
  • L’élan anaphorique dit la force retrouvée ou qui se reconstitue.
  • L’humanité, dans ce contact retrouvé avec la nature, retrouve du courage : explication sur le compagnon accroupi.
  • Une image dit ce lien entre l’homme et la nature recomposée et rassurante : celle qui est peut-être une allusion au tableau de Georges de La Tour.
3. Restait à faire confiance à ce cheminement de pensée et à faire apparaître ses grandes articulations, c’est-à-dire ses parties :

1. L’enjeu du poème est bien de contrer la terreur.

  • L’ouverture et la clôture du poème disent son enjeu explicitement : contrer la terreur.
  • Char forge à l’orée du poème un néologisme très dense et très sonore - dont les sonorités d’ailleurs contrastent avec tout le reste du poème.
  • L’exclamation finale dit la liberté conquise.

2. Pour contrer cette terreur, Char fait appel à la nature, il la rassemble.

  • Char énumère des éléments de la nature, tout simples ; c’est peut-être la raison pour laquelle il adopte aussi une forme simple (au moins en apparence) : le poème en prose.
  • Il accorde une attention particulière à des détails ; il rassemble ce qui est dispersé.
  • Il énumère des sensations fines et délicates (contrairement à celles que provoque la terreur).
  • Elles s’expriment au travers d’une recherche d’équilibre sur le plan du rythme et de douceur sur le plan de la musicalité et des sonorités.

3. Ainsi le poème, comme l’art, permet-il à l’homme de retrouver force, courage et dignité.

  • L’élan anaphorique dit la force retrouvée ou qui se reconstitue.
  • L’humanité, dans ce contact retrouvé avec la nature, retrouve du courage : explication sur le compagnon accroupi.
  • Une image dit ce lien entre l’homme et la nature recomposée et rassurante : celle qui est peut-être une allusion au tableau de Georges de La Tour.

Forger après-coup mes premières phrases de partie, mes phrases charpentes m’a permis de m’assurer que je répondais à la question et d’avoir sous les yeux une réponse à la fois riche, organisée et progressive.


Mercredi 13

Travail sur la poésie : sujets 5 et 6

Nous avons vu comment il était possible d’organiser aisément une réponse à la question sur corpus. Je vous renvoie à ces sujets.

Questions sur corpus - Sujets d’entraînement sur l’écriture poétique et la quête du sens, juin 18, par pgdanset
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