Je récapitule le travail à faire en Français pour la rentrée, le 5 novembre.


Récapitulatif

  1. Dans le cadre du café littéraire, lire au moins deux romans parmi ceux qui ont été proposés.
  2. Lire un roman de Clara Dupont-Monod au choix. Nous vous recommandons les deux derniers, qui tous deux ont pour figure centrale Aliénor d’Aquitaine : Le roi disait que j’étais diable (en poche) et celui que Mme Beaubatie a présenté, La révolte.
  3. Lire un recueil de poèmes parmi ceux qui ont été proposés au cours de la période précédente, si vous ne l’avez pas déjà fait.
  4. Enregistrer un oral et le déposer sur Pearltrees. Pour cet oral, choisissez un texte parmi ceux étudiés jusqu’au vendredi 19 octobre, et une question parmi celles indiquées ci-dessous. Je proposerai de nombreux conseils sur Lettrines dans la première semaine des vacances.
  5. Écrire un texte selon la consigne ci-dessous.

Questions possibles pour la 1re partie de l’oral

Mise à jour du 24 oct. : je vous propose des rappels et des conseils ici.

Questions imaginables pour le fragment 141 des Feuillets d’Hypnos (texte 1)

  • En quoi peut-on parler d’un poème de résistance ?
  • En quoi le titre du recueil, ”Feuillets d’Hypnos”, prend-il tout son sens dans ce poème ?
  • Comment Char lutte-t-il ici contre la terreur ?

Questions imaginables pour “Pour fêter une enfance - II” (texte 2)

  • Comment ce poème célèbre-t-il le monde de l’enfance ?
  • Comment la réalité de l’enfance se trouve-t-elle ici recomposée par l’écriture poétique ?
  • Comment le poète retrouve-t-il ici le regard de l’enfant sur le monde ?

Questions imaginables pour “À une passante” (texte 3)

  • De quelle manière et dans quel but le poète retranscrit-il cette rencontre ?
  • Qu’est-ce qui fait l’originalité de ce poème de rencontre ?
  • En quoi la forme poétique sert-elle le dessein de l’auteur ?
  • Comment Baudelaire métamorphose-t-il un instant tout à fait banal ?
  • Peut-on dire qu’il s’agit d’une véritable rencontre ?
  • Que représente “la passante” pour le poète ?
  • Ce poème permet-il de comprendre pourquoi Baudelaire a été nommé “poète de la modernité” ?

Questions imaginables pour “Le cygne” (texte 4)

  • Comment ce poème exprime-t-il la mélancolie du poète ?
  • Comment ce poème sublime-t-il la mélancolie du poète ? (attention, le changement de verbe modifie la question : il faut d’embler envisager la mélancolie comme sublimée, c’est-à-dire dépassée, transformée dans et par le poème)
  • Ce poème permet-il de comprendre pourquoi Baudelaire a été nommé « poète de la modernité » ?
  • Comment ce poème exprime-t-il le sentiment de l’exil ?
  • En quoi, dans ce poème, tout devient-il allégorie ?

Écriture d’un poème en prose

À la façon des “Fenêtres” de Baudelaire, et à partir d’un des lieux de votre “Territoire du quotidien”, tel que vous l’avez donné à voir en Géographie (cf. votre travail rendu sur Pearltrees ou au format papier), écrivez un poème en prose qui fasse l’éloge d’un lieu, ou d’un objet présent en un de ces lieux de votre environnement familier.

Repartez donc d’une de vos photographies ou illustrations. Vous déposerez le texte dans ce dossier “Territoire du quotidien” sur Pearltrees ou me le remettrez en classe.

Je proposerai ci-dessous quelques conseils pour l’écriture pendant les vacances.


Brève relecture du poème “Les fenêtres” et conseils

Ajouts du mardi 30 octobre.

Un poème apologue

Le poème “Les fenêtres” fonctionne comme un apologue : il ne fait pas seulement l’éloge paradoxal des fenêtres fermées, aimant pour l’imaginaire ; il en dégage une leçon, une morale pour l’existence. C’est en observant une fenêtre fermée, un être humain qui passe, que l’on peut, en changeant de corps et de vie momentanément, se sentir vivre avec plus d’intensité.

On peut relire, en écho, ce passage des “Veuves”, autre poème extrait du Spleen de Paris, dans lequel Baudelaire dit que les poètes

« (…) se sentent irrésistiblement entraînés vers tout ce qui est faible, ruiné, contristé, orphelin.
Un oeil expérimenté ne s’y trompe jamais. Dans ces traits rigides ou abattus, dans ces yeux caves et ternes, ou brillants des derniers éclairs de la lutte, dans ces rides profondes et nombreuses, dans ces démarches si lentes ou si saccadées, il déchiffre tout de suite les innombrables légendes de l’amour trompé, du dévouement méconnu, des efforts non récompensés, de la faim et du froid humblement, silencieusement supportés. »

Le critique Max Milner dit de Baudelaire qu’il écrit et peut-être vit suivant un principe d’ « annexionnisme égocentrique ». Baudelaire vit la vie d’autrui avec compassion, mais pour mieux revenir à lui in fine, mieux sentir qu’il existe, mieux se comprendre peut-être aussi (mais la fin du poème “Les fenêtres” évoque la sensation, non le savoir).

Votre poème pourrait donc être tel, puisque je vous demande de vous rapprocher de celui de Baudelaire : éloge paradoxal et réflexion sur ce que tel ou tel lieu ou partie d'un lieu vous permet ou vous a permis de vivre.


Une musicalité qui mime les mouvements de la pensée et de la rêverie

En second lieu, quelques mots sur la musicalité du poème en prose, qui serait au fond ce qui reste de la poésie versifiée.

Baudelaire écrit dans la lettre dédicace du Spleen de Paris adressée à Arsène Houssaye :

« Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ? »

Cette dernière énumération non seulement évoque la vie intérieure, mais en mime également le mouvement : et c’est ce mouvement que le poème en prose devrait tenter de reproduire musicalement.

N’est-ce pas ce qu’on sent ici :

“Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle.”

Ou encore là ?

“Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.”

Et maintenant, à vos plumes !

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