Afin de bien vous préparer à l’oral blanc, je vous ai demandé d’enregistrer un oral correspondant à la partie dite “exposé”, la première de l’épreuve. Après nos deux séances d’octobre, voici quelques repères et conseils pour terminer de bien appréhender cet exercice.


Au sommaire


Questions possibles pour la 1re partie de l’oral, proposées pour votre enregistrement

Questions imaginables pour le fragment 141 des Feuillets d’Hypnos (texte 1)

  • En quoi peut-on parler d’un poème de résistance ?
  • En quoi le titre du recueil, ”Feuillets d’Hypnos”, prend-il tout son sens dans ce poème ?
  • Comment Char lutte-t-il ici contre la terreur ?

Questions imaginables pour “Pour fêter une enfance - II” (texte 2)

  • Comment ce poème célèbre-t-il le monde de l’enfance ?
  • Comment la réalité de l’enfance se trouve-t-elle ici recomposée par l’écriture poétique ?
  • Comment le poète retrouve-t-il ici le regard de l’enfant sur le monde ?

Questions imaginables pour “À une passante” (texte 3)

  • De quelle manière et dans quel but le poète retranscrit-il cette rencontre ?
  • Qu’est-ce qui fait l’originalité de ce poème de rencontre ?
  • En quoi la forme poétique sert-elle le dessein de l’auteur ?
  • Comment Baudelaire métamorphose-t-il un instant tout à fait banal ?
  • Peut-on dire qu’il s’agit d’une véritable rencontre ?
  • Que représente “la passante” pour le poète ?
  • Ce poème permet-il de comprendre pourquoi Baudelaire a été nommé “poète de la modernité” ?

Questions imaginables pour “Le cygne” (texte 4)

  • Comment ce poème exprime-t-il la mélancolie du poète ?
  • Comment ce poème sublime-t-il la mélancolie du poète ? (attention, le changement de verbe modifie la question : il faut d’embler envisager la mélancolie comme sublimée, c’est-à-dire dépassée, transformée dans et par le poème)
  • Ce poème permet-il de comprendre pourquoi Baudelaire a été nommé « poète de la modernité » ?
  • Comment ce poème exprime-t-il le sentiment de l’exil ?
  • En quoi, dans ce poème, tout devient-il allégorie ?

Rappels (repères) sur l’oral

Modalités de passage

  • Vous vous présentez à un horaire donné.
  • L’examinateur vous indique le texte à travailler et vous pose une question à laquelle votre oral devra répondre.
  • Vous préparez votre prestation pendant 30 minutes.
  • Vous passez ensuite à l’oral durant 10 minutes, pour gagner jusqu’à 10 points.
  • La seconde partie de l’oral consiste en un entretien de 10 minutes, qui met également 10 points en jeu. Nous travaillerons dessus au retour des vacances de la Toussaint.

Quelques conseils pratiques

Si on bafouille

Il faut simplement prier l’examinateur de vous excuser s’il y a un accroc trop important.

Sur la lecture
  • La lecture du texte doit quant à elle être expressive et bien sûr correcte sur le plan de l’élocution.
  • Pour le théâtre se pose toujours la question de la lecture des noms de personnages et des didascalies. Nous en reparlerons lors de la séquence sur cet objet d’étude.
  • Si le texte est long, c’est l’examinateur qui vous interrompra. S’il est court, lisez-le intégralement. Pour le 5 novembre, seul “Le cygne” appelle une lecture incomplète, du fait de sa longueur. On pourrait imaginer que ne soit lue que la première partie.
Trois conseils pour organiser son brouillon

Un brouillon clair et pratique vous fera gagner de nombreux points !

Conseil n°1 : numérotez au moins les lignes, voire les citations.

Je l’ai dit, je le rappelle, beaucoup d’élèves se perdent dans le va-et-vient entre texte et brouillon, et livrent alors un propos confus et ponctué de blancs. Le résultat est souvent sanctionné, quelle que soit la qualité de la réflexion. Au minimum, pensez donc bien à noter dans votre brouillon les numéros des lignes que vous voulez citer au cours de votre développement.

Un système particulièrement efficace consiste à numéroter chaque “couple idée-citation” et à reporter ces numéros en face des passages à citer. En choisissant une couleur par partie, on s’assurer de ne pas s’emmêler les pinceaux.

Conseil n°2 : rédigez l’introduction, la conclusion, les phrases de transition et d’introduction aux différentes parties.

Tout le reste est abrégé et au mieux semi-rédigé. C’est une question de temps, mais aussi de qualité de l’oral : vous éviterez ainsi de lire vos notes.

Conseil n°3 : réservez une page pour chaque section de votre prestation.

  • Introduction
  • Conclusion
  • Partie 1
  • Partie 2
  • (Partie 3 éventuelle)

Entraînez-vous !

  • Préparez au moins une question par texte, et de préférence deux pour la première session d’oraux blancs.
  • Enregistrez-vous même pour vous-même, en plus de l’oral que je vous demande : vous pourrez progresser sur le plan de la clarté de votre propos ; vous améliorerez votre capacité à bien gérer votre temps de parole ; vous pourrez vous évaluer aisément.
  • Entraînez-vous en groupe : chacun vient en ayant préparé un texte (ou une question sur un texte travaillé par tous) ; vous passez à tour de rôle et commentez vos prestations respectives. Vous gagnerez en confiance et profiterez des atouts des autres.

Les étapes

L’introduction comprend plusieurs étapes.

  • Une première phrase, facultative mais utile, qui permet de relier votre propos à la situation d’énonciation, c’est-à-dire à la situation de l’examen en cours de passage. “C’est un poème de Saint-John Perse que vous m’avez aujourd’hui invité à relire…”
  • Une présentation brève de l’auteur, de son œuvre, de la pièce elle-même. “De son vrai nom Alexis Leger, le poète Saint-John Perse naît en Guadeloupe…”
  • Une présentation succincte de l’extrait, obligatoirement situé dans l’œuvre. “Pour fêter une enfance, II est le second poème, ou chant à travers lequel Saint-John Perse célèbre le paysage, les figures et les heures de son enfance.”

Après l’introduction :

  • lisez le texte ;
  • rappelez la question posée ;
  • annoncez votre plan.

Conseils pour réussir l’introduction

Les premiers éléments de “l’entonnoir” (présentation de l’auteur, de l’œuvre, de l’extrait), normalement, varient peu d’une question à l’autre. Mais je vous invite néanmoins à adapter ces premiers points au texte et à la question posée.

Conseils pour l’ensemble du développement

  • Charpentez votre propos à l’aide de liens logiques, de phrases-charnières qui marquent bien le passage d’une idée et d’une partie à une autre. Vous trouverez des exemples de liens logiques en bas de cette page.
  • Faites un va-et-vient efficace entre vos idées (par lesquelles il faut commencer de préférence), le texte et l’analyse, à l’aide de verbes-charnières comme ceux proposés ci-dessous, en bas de page.

La conclusion se fait en deux temps :

  • on répond à la question en s’appuyant sur le bilan de chaque partie développée ;
  • on termine la conclusion par une ouverture vers un autre texte, une autre œuvre, ou par exemple ici, sur la suite de l’œuvre. L’ouverture présente toujours un lien avec ce qui a été dit tout au long de la prestation, sans quoi elle tombe comme un cheveu sur la soupe.

Exemples d’oraux d’élèves

Je vous propose d’écouter deux oraux sur “À une passante”, le premier, relativement satisfaisant malgré des erreurs aisées à corriger ; le second, moins réussi mais intéressant. Comme lorsque je vous propose, pour l’écrit, de lire les copies d’élèves réunies dans Interros des lycées, il s’agit de vous donner à entendre des oraux avec leurs défauts et leurs qualités.

Désolé pour le son, pas toujours de qualité quant à lui.






Bien sûr, je joins les évaluations attenantes, en pdf. Elles figurent en annexe ci-dessous.


Compléments pratiques

Utilisez des liens logiques pour structurer votre propos

  • Introduire, organiser le propos : en premier lieu, premièrement, dans un premier temps… ; en second lieu… ; D’une part… d’autre part…
  • Ajouter un élément : de plus, de surcroît, en outre, par ailleurs…
  • Avancer une idée équivalente : de même, de la même façon, à l’instar de…
  • Avancer une explication : c’est pourquoi, en effet, effectivement, ainsi,…
  • Introduire une nuance, une opposition : mais, en revanche, cependant, néanmoins, toutefois, pour autant…
  • Insister sur un point : non seulement…, mais encore ; c’est pourquoi
  • Avancer une dernière idée : enfin
  • Conclure : en définitive (à éviter toutefois pour la première phrase de la conclusion), en somme, en conclusion, pour conclure…

Exemples de verbes-charnières pour articuler fond et forme

Ces verbes sont bien entendu les mêmes que ceux que vous employez dans un commentaire littéraire.

  • Mettre en évidence, mettre en lumière, mettre en relief, mettre l’accent sur
  • Suggérer, évoquer, exprimer, provoquer, susciter, révéler
  • Montrer, manifester, souligner, témoigner de, attester, accentuer, renforcer, donner de l’ampleur à
  • Conférer, donner (à)
  • Symboliser, représenter
  • Dénoncer, critiquer, blâmer
  • Faire l’éloge de, louer, valoriser
  • Se caractériser par, être empreint de, être marqué par, être placé sous le signe de, être placé sous le sceau OU être marqué du sceau de…

Ce billet est une reprise d’un billet publié précédemment dans la rubrique Méthodologie.

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