Voici quelques conseils pour travailler sur un passage du poème en réfléchissant aux subordonnées.


Ce que dit le texte officiel

Le candidat répond à la question de grammaire posée par l’examinateur au moment du tirage. Cette partie est notée sur 2 points. La question porte uniquement sur le texte : elle vise l’analyse syntaxique d’une courte phrase ou d’une partie de phrase.


On pourrait à l’oral vous interroger sur les propositions subordonnées dans un extrait de “Promenade de Picasso”.

Commencez si nécessaire par revoir dans une grammaire ce que sont les propositions indépendantes et les propositions subordonnées.


Relevez les propositions subordonnées dans les vers 20 à 23.

et c’est alors
que le peintre de la réalité
commence à réaliser
que toutes les apparences de la pomme sont contre lui

C’est un passage intéressant.

Rappelez en tout premier lieu ce qu’est une proposition subordonnée. On distingue en grammaire la phrase, qui est autonome, qui se suffit à elle-même si vous voulez, et les propositions qui la composent lorsqu’elle est complexe. La subordonnée dépend d’une proposition qui est principale… par rapport à elle. Elle est incluse dans celle-ci.

  • La proposition subordonnée à identifier est celle-ci : “que toutes les apparences de la pomme sont contre lui”. C’est une proposition subordonnée complétive : sa fonction est d’être le complément d’objet du verbe réaliser. On dit aussi proposition subordonnée conjonctive introduite par que.
  • Prenez soin d’indiquer quelle est la proposition principale qui l’inclut : “le peintre de la réalité commence à réaliser (…)”. On a bien, dans la principale comme dans la subordonnée, un sujet et un verbe.

Ce qui est intéressant, c’est la présence au vers 20 d’un pronom relatif, que (le mot est le même mais ce n’est pas la conjonction de subordination que dans la subordonnée évoquée ci-dessus).

En effet, la construction emphatique “C’est alors / que le peintre de la réalité…” contient une proposition subordonnée relative. Voici comment l’analyser :

  • Cette structure est très connue de vous, en tout cas souvent utilisée par vous : à l’oral, on dit souvent “c’est untel qui… c’est à ce moment-là que…”. Cette tournure emphatique, dite grammaticalement parlant phrase clivée, met en évidence un élément entre le présentatif “C’est” et le pronom relatif.
  • On peut paraphraser cette phrase : elle donnerait : “C’est à ce moment-là que…”. On peut faire disparaître la structure clivée : “À ce moment-là, le peintre…” ou bien “Alors, le peintre…”. On voit comme l’adverbe “alors”, qui est complément circonstanciel, a été mis en évidence par cette formulation.
  • La structure syntaxique est la suivante : présentatif (Ce + verbe être conjugué), adverbe, pronom relatif que, lié à l’adverbe, qui ouvre une proposition subordonnée relative (“que le peintre de la réalité / commence à réaliser / que…”).


Pourquoi parle-t-on de phrase clivée ?

Reconstituons la phrase de départ :

Alors, le peintre de la réalité commence à réaliser que toutes les apparences de la pomme sont contre lui.

Elle a bien été séparée en deux, en une proposition principale : “C’est alors…” dont dépend une proposition subordonnée relative “que le peintre de la réalité… lui”. D’où le terme clivée.

Ce qui est remarquable, c’est que ce procédé de focalisation (de mise en évidence si vous préférez, mais focalisation est grammaticalement le terme le plus juste) insiste sur le complément circonstanciel “alors”, tandis que dans la proposition subordonnée relative se trouve l’information essentielle.


Autre extrait

Vous pouvez travailler aussi sur les vers 42 à 44, où vous identifierez notamment une subordonnée relative et une subordonnée circonstancielle comparative introduite par “comme”.

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