Je vous invite à travailler la question de grammaire dans “Le cygne” de la façon suivante.

“Le cygne” est un texte intéressant dans sa construction, si on l’étudie sous l’angle grammatical.


Ce que dit le texte officiel

Le candidat répond à la question de grammaire posée par l’examinateur au moment du tirage. Cette partie est notée sur 2 points. La question porte uniquement sur le texte : elle vise l’analyse syntaxique d’une courte phrase ou d’une partie de phrase.


Vous observerez que Baudelaire déploie tout un décor ; la description des lieux et du moment appelle assez naturellement des propositions subordonnées relatives ; les précisions sur le temps et le lieu expliquent aussi l’abondant recours à des compléments circonstanciels.

En voici deux exemples, dans les vers 13 à 17 :

Là s’étalait jadis une ménagerie ;
Là je vis, un matin, à l’heure où sous les cieux
Froids et clairs le travail s’éveille, où la voirie
Pousse un sombre ouragan dans l’air silencieux,

Un cygne qui s’était évadé de sa cage, …

Propositions subordonnées relatives

Revoyez ce que sont les propositions subordonnées, dans une grammaire et en vous appuyant sur les billets consacrés à “Promenade de Picasso” et “Harmonie du soir”. Voyez ensuite ce que sont les propositions subordonnées relatives.

Vous pourrez les identifier ici : on en compte trois.

  • où sous les cieux froids et clairs le travail s’éveille
  • où la voirie pousse un sombre ouragan dans l’air silencieux
  • qui s’était évadé de sa cage

Quel pronom introduit chaque relative ? Quel est l’antécédent de chaque relative ?

La fonction de ces relatives peut être identifiée en les remplaçant par des adjectifs : “à l’heure sombre”, “un cygne fatigué”, par exemple. Elles sont donc épithètes.


Compléments circonstanciels

Vou reverrez ce que sont les compléments circonstanciels, que l’on appelle aussi parfois compléments de phrase, parce qu’ils s’ajoutent à une phrase existante et qui n’a pas besoin d’eux pour être grammaticalement correcte. Ce qui importe, c’est moins leur sens (temps, lieu, manière…) que les critères permettant de les reconnaître : mobilité dans la phrase (souvent en tête ou en fin de phrase), suppression bien sûr. On peut les enlever et conserver une phrase grammaticalement correcte ; mais sur le plan du sens, quand ils sont nombreux, la phrase y perd beaucoup.

Les compléments circonstanciels abondent ici, parfois simplement sous forme adverbiale, comme dans le vers 13, avec “là” et “jadis”. On retrouve “là” au vers suivant, ainsi qu’ “un matin” et “à l’heure… s’éveille”. Je vous laisse poursuivre.

Bien sûr, un complément circonstanciel peut être inclus dans une proposition subordonnée relative (puisqu’une telle proposition est une phrase qui dépend d’une autre phrase). C’est le cas avec “dans l’air silencieux”.

Réduite à sa plus simple expression grammaticale, notre phrase donnerait :

Je vis un cygne.

C’est dire si l’enrichissement grammatical, au sein d’un groupe nominal (avec une relative), et en plus d’une structure phrastique minimale (pour les circonstanciels), participe du déploiement du paysage parisien ici.


À vous à présent de travailler sur d’autres extraits de la première partie !

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