Montaigne invite ses contemporains à reconsidérer la représentation qu’ils se font des “Cannibales” ; voici des compléments, qui font écho à son œuvre, et qui nous permettent d’enrichir notre réflexion sur la façon dont on se représente et dont on représente l’Autre, le Sauvage, le Cannibale, le Barbare.


À l’époque de Montaigne : représentation du cannibalisme dans les Singularités de la France Antarctique d’André Thevet, 1557

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Équarrissage de la victime - Scène d’anthropophagie

Repères sur André Thevet

Thevet, cosmographe du roi (et catholique), a écrit Les Singularités de la France Antarctique et une Cosmographie universelle. Il décrit la cruauté du cannibalisme de manière à inciter à la colonisation et à l’évangélisation. C’est lui qui est visé par Montaigne derrière le pluriel de « cosmographes ».

Jean de Léry (protestant) lui répondra dans son Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil (que Montaigne a lue). Léry, chassé de Fort Coligny (à cause des assauts des Portugais ?), vit plusieurs mois avec les Tupinambas, que décrit Montaigne dans son chapitre “Des Cannibales”. Il réprouve leur cannibalisme mais admire leur façon de vivre. L’ouvrage de Jean de Léry nourrit amplement la réflexion de l’humaniste.


Une représentation de “Cannibales australiens” en 1885

Entre André Thevet au XVIe siècle, avec sa Cosmographie universelle et surtout son ouvrage sur les Singularités de la France Antarctique (1557), et cette affiche montrant la supposée cruauté des aborigènes australiens datant de 1885, rien n’a changé.

Male and female Australian Cannibals - 1885


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