Voici une proposition de relecture de notre travail, qui vise à vous accompagner dans votre préparation à l’examen. Ce n’est qu’une aide, destinée à vous donner confiance, à densifier votre propos avec des explications précises. Sachez à la fois proposer une relecture personnelle et qui révèle tous les reliefs de l'écriture, et vous réussirez !


Proposition de synthèse : pour vous remettre le poème en tête.

  • C’est un sonnet issu des “Tableaux parisiens”. (Ce premier élément sera à enrichir en vue d’une brève introduction, qui visera à situer le texte : vous rappellerez la création de cette section, qui comprend les derniers poèmes en vers de Baudelaire, contemporains du projet d’épilogue dans lequel il s’adresse à Paris pour évoquer l’alchimie qu’il a opérée, en faisant de sa « boue » de « l’or »).
  • Le poète y évoque une rencontre avec une passante impressionnante de beauté, qu’il dépeint dans les quatrains ; puis il s’adresse dans les tercets à cette femme qu’il sait ne plus jamais devoir croiser.
  • Cette rencontre, comme une épiphanie, permet au poète de s’extirper du « Spleen » (mot sur lequel nous reviendrons : le moins mauvais synonyme serait « mélancolie »), dont le chaos parisien devient l’allégorie, pour connaître un intense moment d’extase. La passante le séduit parce qu’elle incarne l’Idéal de beauté baudelairien, tout en paradoxes : elle charme autant qu’elle effraie ; son deuil la magnifie, mais sa beauté fait presque d’elle une nouvelle méduse. L’adresse mélancolique du poète est à la fois une méditation sur ce moment disparu et regretté, et un travail de l’imagination, qui sublime et immortalise la rencontre, en supposant qu’elle aurait pu vraiment se vivre - en projetant dans l’esprit l’idée qu’en réalité, il y a bien eu rencontre, échange de regards.

Pour faire cette synthèse, je me suis appuyé sur trois questions dont on a vu, en demi-groupe, qu’elles aident aussi à envisager le plan d’un commentaire dans le cadre de l’épreuve écrite : qu'est-ce que c'est ? qu'est-ce que ça dit ? qu'est-ce que ça signifie ?


Comment le relire en vue de l’oral ?

Une explication linéaire, à l’oral, c’est une reconstitution de tout le travail de lecture fait en cours, puis prolongé chez vous ; on suit les mouvements du texte, sa progression, comme si on le découvrait au fur et à mesure, alors qu’on sait précisément quelle interprétation d’ensemble on souhaite en donner (je vous renvoie aux projets de lecture que nous avions envisagés en cours, ainsi qu’au troisième point de la synthèse, qui répond à la question : “Qu’est-ce que ça signifie ?”).

Ces mouvements du texte, cette progression que nous aurons repérée en classe, bien explicitée à l'oral, permet de donner à votre prestation une architecture ; elle contribue à la clarté de votre propos. Concrètement, vous ne ferez pas en disant : "Au vers tant, il y a...".

Pour préparer cette relecture en vue de l’épreuve, voici quelques conseils.

  • Reprenez vos notes, bien entendu. Il vous faut, avec la synthèse proposée ci-dessus et ces dernières, constituer pour vous-même une interprétation globale du poème, qui sera énoncée après la lecture du texte à voix haute.
  • Aidez-vous du guide de relecture ci-dessous.
  • Aidez-vous des conseils, après le guide de relecture, pour composer une introduction et une conclusion efficaces.

Guide de relecture et de préparation à l’explication : à quoi s’attacher ?

En-dehors de ce qui vous aura paru essentiel, et sur quoi je vous inviterai, texte après texte, à mettre l’accent, pour faire de votre explication une lecture singulière, qui vous soit propre, voici quelques points de passage, sans doute incontournables dans ce poème.

Dans les quatrains, Baudelaire raconte une apparition foudroyante (premier mouvement).

  • Le premier vers exprime de façon condensée le tapage de la rue, et son caractère agressif. Il campe un espace spleenétique d’où surgira bientôt une femme à l’opposé de l’agressivité urbaine. Je vous invite à revoir comment grâce aux remarques faites en classe sur le travail très dense sur les sons.
  • L’apparition se déploie, en une phrase, mais sur les quatre vers suivants, comme cela a été bien dit en cours - elle déborde ainsi le cadre de la strophe. Relisez ce qui témoigne du caractère impressionnant de la passante, de l’élégance de sa démarche, des paradoxes qu’elle laisse apparaître, déjà. Attachez-vous aux assonances (ici, en AN), au rythme ternaire de certains termes (par exemple : “sou-le-vant”, qui imprègne les vers 3 et 4. Revenez vers moi si cela vous est difficile.
  • Attachez-vous à ces éléments de description : “agile et noble, avec sa jambe de statue”. L’antithèse entre la statue et la mobilité peut étonner ; le singulier de la jambe également. Qu’évoque ici Baudelaire ? La perfection de la silhouette et du mouvement de cette femme ? L’impression tellement durable qu’elle lui a laissée, qu’il a fixé l’image en son esprit, en faisant lui-même une statue ? On sait Baudelaire esthète, amateur d’œuvres d’art : n’est-il pas sous nos yeux en train de faire d’une femme une œuvre d’art dans ce “tableau parisien” ?
  • Rappelez-vous les très bonnes remarques faites en cours à propos de cette description, qui en réalité est davantage une évocation : de ces quelques traits, il est difficile de tirer un portrait précis. Pourtant, l’empreinte de cette femme dans l’esprit du poète est très sensible.
  • Le second quatrain évoque la stupeur du poète - revoyez comment, en vous attachant à la construction de la phrase dans le vers 6, notamment (interrogez-vous l’effet du pronom “moi” et de sa situation dans la phrase : on pourrait tout à fait supprimer). Puis la vision de la passante se précise et prend un tour très baudelairien. Est-ce l’imagination qui prend le dessus ? Les paradoxes en tout cas s’accentuent.
  • Comment comprendre l’antithèse entre “la douceur qui fascine et le plaisir qui tue” ? Pourquoi cette mort symbolique à l’horizon de la rencontre ? Le poète se sent-il tué par un regard de marbre (après tout, elle ressemble à une “statue”) ? Ou bien est-ce la perspective du “passage” de cette femme, qui ne s’arrêtera pas, qui est douloureux ? Réfléchissez, faites un choix, proposez à votre auditeur une hypothèse.
  • Attardez-vous sur un point sur lequel, en classe, nous avons passé trop peu de temps : parmi les paradoxes de cette femme, il y a sa dimension effrayante, avec cet “ouragan” qui germe dans “l’œil livide”. La passante n’est pas sans faire penser à une sorte de Méduse du Paris moderne, dont le regard pétrifie les hommes lorsqu’ils le croisent.

Le sizain - ou les tercets - sont fondés sur une adresse à la passante en allée (second mouvement).

  • Si nécessaire, revoyez bien ce qu’est un sonnet et un sizain : je rappelle que cette strophe de six vers apparaît séparée en deux, mais que cette séparation typographique, faite pour l’élégance visuelle, peut nous faire oublier qu’il s’agit bien d’une strophe : observez les rimes pour vous en convaincre. D’une certaine manière, la rime en “-aître” du premier tercet attend sa réponse dans le second.
  • La volta du sonnet au vers 9 - vous rappellerez ce qu’est la volta, ou le tournant du sonnet (vous pouvez très bien dire tournant), si l’on se réfère à la tradition italienne qui le voit naître à la Renaissance - paraît concentrer tout le sens du poème, en quelques mots et signes de ponctuation étonnants : revoyez pourquoi.
  • Dans le premier tercet, vous serez attentif à la façon dont la parole du poète prend son élan pour s’adresser à la passante et pour évoquer son effet sur lui. Je pense notamment à ce qu’on appelle en versification un contre-rejet, avec “Fugitive beauté” (voir la fiche sur la versification que je vous propose sur Pearltrees), mais aussi aux assonances en É : beauté, m’a fait, renaître : les derniers É sont légèrement plus ouverts que celui de beauté.
  • Le dernier tercet exprime le regret de façon très sensible : comment ? Regardez comment sont les pronoms qui représentent les deux personnages de la scène, le poète et la femme, sont disposés dans le vers pour suggérer l’éloignement. Puis expliquez la manière dont Baudelaire évoque l’espace et le temps.
  • L’ultime vers enfin parachève un parallélisme qui fait écho au chiasme du vers précédent, pour engager une rêverie sur l’amour qui aurait pu naître si cette rencontre n’avait pas été qu’éphémère. Commentez le temps choisi par Baudelaire au début du vers (un plus-que-parfait du subjonctif, qu’aujourd’hui nous remplacerions par un conditionnel passé : j’aurais aimée). L’autre caractéristique du sonnet, c’est de proposer, parfois, dans le dernier vers, une chute, comme dans le très célèbre poème de Rimbaud, “Le dormeur du val” : un moment de révélation. Ici, la chute du sonnet, ce serait justement cette révélation que pour Baudelaire, il y a bien eu échange de regards.

Pour aller plus loin : une relecture de la rencontre dans les tercets, à l’aide des rimes

Ce qui suit n'est pas forcément à maîtriser ; vous gagnerez à le connaître.

Les exclamations, dans le second tercet, disent la puissance du regret que cette rencontre ait été “fugitive” ; le vers 12 insiste sur l’éternité… de la séparation, dans l’espace (“Ailleurs, bien loin d’ici !”) comme dans le temps (“trop tard ! jamais peut-être !”).

Le vers 13 souligne à quel point les directions prises par le poète et la passante sont diamétralement et irrémédiablement opposées. Un parallélisme, d’une part, met en scène l’ignorance qu’a chacun des deux êtres de la trajectoire de l’autre : “j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais”. Un chiasme, par ailleurs, mime l’éloignement, en ordonnant ainsi les pronoms personnels : je - tu - tu - je.

Et pourtant, dans cette séparation, le vers 14 réintroduit une forme de réciprocité, comme si la rencontre avait eu lieu, même s’il ne fallait considérer en elle qu’un échange de regards - ce que ne disait pas clairement le second quatrain : seul le poète semblait avoir vu (et comme bu la vision de) la passante. En effet, le parallélisme et l’anaphore choisis par Baudelaire cette fois insiste sur ce que ces deux êtres avaient en commun : la conscience de ce coup de foudre :

“Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !”

Le plus-que-parfait du subjonctif, s’il marque l’irréel et le regret (on dirait en français moderne “que j’aurais aimée”, avec le conditionnel passé), précède l’imparfait de l’indicatif, comme si Baudelaire avait dans les yeux de la passante lu qu’elle l’aimait aussi, ou du moins qu’elle était ouverte à cet amour - ou, à minima, à la connaissance de cet amour.

Le premier tercet suggère qu’un échange de regards a eu lieu (“Un éclair…”), que dans la possible ellipse dessinée par les points de suspension s’est jouée l’amorce d’une rencontre, et que tous deux en ont eu simultanément conscience, alors qu’il semblait en son début insister seulement sur la séparation, ce qui nous aurait laissé l’impression d’un coup de foudre à sens unique.

L’analyse des rimes finales renforce cette interprétation.

Le propos suivant pourra vous paraître un peu technique, mais il a pour but de nous donner la pleine conscience du geste baudelairien. En premier lieu, il est intéressant de constater que Baudelaire ne respecte pas le schéma de rimes que l’on rencontre habituellement dans un sonnet depuis le XVIe siècle, à savoir :

CCD EED (sonnet marotique, du nom de Clément Marot, poète du début du XVIe s.)


ou

CCD EDE (sonnet Peletier, du nom de Peletier du Mans, poète de la Pléiade, groupe de poètes dont les figures majeures sont Ronsard et du Bellay, qui popularise le sonnet)

Ces deux types d’organisation des rimes, qui remontent donc à l’élaboration du sonnet français au XVIe siècle, sur le modèle offert par Pétrarque (poète italien du XIVe siècle, inventeur du sonnet), donnent une certaine liberté aux tercets, tout en assurant leur cohésion en un sizain (puisque la rime en D du premier tercet en appelle une autre dans le second). Cela correspond bien à l’idée que dans le sizain intervient un changement par rapport aux quatrains.

Cette liberté des tercets, Louis Aragon (poète du XXe siècle, qui a longtemps été une des figures du Surréalisme) la célèbre en évoquant le « corset étroit des quatrains dont la rime est au départ donnée », qu’il oppose à « l’évasion de l’esprit, (la) liberté raisonnable du rêve, des tercets ».

Ces repères étant donnés, observons les rimes dans les tercets du sonnet “À une passante” :

beauTÉ - renAÎTRE - éterniTÉ, peut-ÊTRE - VAIS - saVAIS

Soit un schéma que l’on peut figurer ainsi :

CDC DC’C’ (je note C’ la rime de “vais” et savais”, le son étant seulement légèrement plus ouvert que dans “éternité”.)

Si l’on regarde ces rimes de près, on s’aperçoit que les quatre premières sont croisées, et les deux dernières suivies : CD CD C’C’, comme s’il y avait des retrouvailles finales. En effet, les deux derniers vers riment ensemble, ce qui n'est le cas ni dans le schéma rimique du sonnet marotique, ni dans ce lui du sonnet Peletier. On peut interpréter le choix de ces deux rimes finales comme une insistance sur la réciprocité du coup de foudre et de la conscience que chacun des deux êtres, sans se le dire, en avait (selon le poète).


Textes échos

Ce poème résonne avec bien des œuvres. Si l’on en s’en tient aux textes de Baudelaire, je vous propose de découvrir les possibles échos suivants.

D’une part, ce sonnet a son équivalent en prose dans Le Spleen de Paris, lequel est intitulé “Le désir de peindre”.

Mais on trouve aussi une évocation d’une passante dans un autre très beau poème, extrait du même recueil, à la fin duquel on trouve ceci :

Mais ce jour-là, à travers ce peuple vêtu de blouses et d’indienne, j’aperçus un être dont la noblesse faisait un éclatant contraste avec toute la trivialité environnante.
C’était une femme grande, majestueuse, et si noble dans tout son air, que je n’ai pas souvenir d’avoir vu sa pareille dans les collections des aristocratiques beautés du passé. Un parfum de hautaine vertu émanait de toute sa personne. Son visage, triste et amaigri, était en parfaite accordance avec le grand deuil dont elle était revêtue. Elle aussi, comme la plèbe à laquelle elle s’était mêlée et qu’elle ne voyait pas, elle regardait le monde lumineux avec un œil profond, et elle écoutait en hochant doucement la tête.

Ce que dans la description de la passante le sonnet condensait se trouve ici développé par l’élan de la prose (cette écriture qui va tout droit, autrement dit qui ne revient pas à la ligne, qui ne se rétracte pas, mais se développe).


2. Préparer l’oral

Au 8 octobre, certains de ces éléments, encore non expliqués en cours, avec des références à des textes non lus encore, pourront vous paraître obscurs. J'y reviens prochainement.

Pour préparer une introduction efficace

L’amorce

Préparez une amorce intéressante, qui contienne en germe votre explication à venir. L’amorce vise à la fois à établir un contact avec l’examinateur, à susciter chez lui, grâce à votre habileté rhétorique, de la bienveillance à votre égard, et à montrer en une phrase que vous avez saisi le texte vers lequel se dirige le propos.

Points de départ possibles pour une amorce (choisissez-en un parmi ceux-ci, ou élaborez votre propre point de départ) :

Rebonjour Madame/Monsieur ; vous m’invitez aujourd’hui à relire le poème “À une passante”. Dans un essai intitulé Le peintre de la vie moderne, Charles Baudelaire écrit que l’artiste doit apprendre à “tirer l’éternel du transitoire”. C’est peut-être ce qu’il parvient lui-même à faire avec ce poème. Né en 1821 et mort en 1867, le poète… (suivent la présentation de l’auteur, du recueil, de la section, et du poème, avant la lecture.)

Rebonjour Madame/Monsieur ; vous m’invitez aujourd’hui à relire le poème “À une passante”. Dans un essai intitulé Exposition universelle, Charles Baudelaire écrit qu’il a trouvé la définition de “son Beau”, et affirme que “le beau est toujours bizarre”. C’est notamment ce qui se dégage de ce poème. Né en 1821 et mort en 1867, le poète… (suivent la présentation de l’auteur, du recueil, de la section, et du poème, avant la lecture.)

Rebonjour Madame/Monsieur ; dans un poème intitulé “Hymne à la Beauté”, Charles Baudelaire s’interroge : “Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîme, / Ô Beauté ?”. La même question pourrait bien traverser le poème que vous m’invitez à relire aujourd’hui. Né en 1821 et mort en 1867, le poète… (suivent la présentation de l’auteur, du recueil, de la section, et du poème, avant la lecture.)

Rebonjour Madame/Monsieur ; c’est sous le signe de la boue et de l’or, matériaux de l’alchimie poétique, que nous avons lu Les Fleurs du Mal de Baudelaire, et notamment le poème que vous m’invitez à relire aujourd’hui. Né en 1821 et mort en 1867, le poète… (suivent la présentation de l’auteur, du recueil, de la section, et du poème, avant la lecture.)

Rebonjour Madame/Monsieur ; si la poésie est une alchimie qui permet de transformer le monde, ou l’image que l’on s’en fait, Baudelaire est sans doute un des poètes qui l’a le mieux illustré, notamment avec le poème que vous m’invitez à relire aujourd’hui. Né en 1821 et mort en 1867, le poète… (suivent la présentation de l’auteur, du recueil, de la section, et du poème, avant la lecture.)

Etc.

Suite de l’introduction

Elle doit demeurer brève encore une fois : en entonnoir, comme indiqué ci-dessus, elle vous conduit progressivement vers la lecture du texte, laquelle doit si naturellement advenir en bouche qu’il vous sera inutile de dire “Et maintenant, youpi, passons à la lecture”.

Après avoir situé le texte dans la section dont il est issu, en particulier pour Les Fleurs du Mal, on le présente en quelques mots : c’est le récit d’une apparition foudroyante, sous la forme d’une très belle femme en deuil, suivi d’une adresse à cette femme, après qu’elle a quitté le champ de vision du poète.

Cette brève présentation du contenu thématique du poème s’appuie sur la réponse à la question inaugurale ou de synthèse “qu’est-ce que ça dit ?”.

Attention, lisez bien le titre ! Il fait partie du texte.

Après la lecture

Au terme de la lecture, avant d’engager l’explication linéaire, indiquez comment vous l’interprétez, c’est-à-dire quel projet de lecture vous comptez proposer (je vous renvoie à notre début de séance sur ce poème). Précisez quelle est la composition du texte. Ces mouvements du texte seront comme des balises pour structurer votre propos et le rendre d’autant plus compréhensible par votre interlocuteur. Ici, il y en a deux : les quatrains racontent la rencontre et décrivent la passante ; les tercets sont une adresse à elle, une fois la passante en allée.

Surtout ne dites pas que le texte est découpé en deux ou trois morceaux. Ce n'est pas une escalope. Préférez simplement indiquer que

le texte est composé de deux mouvements : …

ou que

le texte s’organise autour de…

ou que

le texte s’organise en deux temps : …


Pour préparer une conclusion efficace

C’est sans doute en conclusion que votre interprétation du texte prendra tout son sens. On peut aussi imaginer de la dire avant la lecture, mais il me paraît nettement plus pertinent, à la réflexion (petit correctif par rapport à ce que j’ai dit en demi-groupe le 8 nov.), d’énoncer en toute fin cette interprétation - ce que l’une d’entre vous appelait problématique - mot que je récusais quelque peu.

Ainsi, il sera temps, pour “À une passante”, en conclusion, de mettre en valeur ce qui vous a semblé être le cœur du poème. Reprenez vos notes, votre réflexion, et les éléments qui figurent en troisième point de la synthèse ci-dessus.

La conclusion sera brève.

Facultativement, vous pouvez tenter ensuite une ouverture, en disant par exemple (voir sur Pearltrees les conseils en audio) :

ce poème fait écho à…

Ne dites pas : je vais faire l'ouverture - ou pire, je vais ouvrir le texte (on ne l'ouvre pas plus qu'on ne le découpe). On ne dit pas plus cela que “je vais introduire”. Donc :

ce poème fait écho à… fait penser à… n’est pas sans évoquer…

On peut revenir habilement sur la perspective de lecture de la boue et de l’or, c’est-à-dire de la poésie comme manière de changer la réalité ou notre représentation du réel, dans ce qu’il a de plus laid ou banal, vers ce qu’il peut avoir de plus merveilleux et enchanteur.

Ensuite, enchaînez avec la question de grammaire.

Je vous propose à présent une réponse à la question de grammaire que vous m’avez posée.

Nous travaillerons sur la grammaire après les vacances de la Toussaint.


Constantin Guys - Estaminet - 1847

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