Voici le dernier guide de relecture du premier chapitre de notre année. Il porte sur le début du célèbre poème de Blaise Cendrars. Bonne relecture !


Proposition de synthèse

Pour vous aider, je fais réapparaître entre parenthèses les questions à partir desquelles je vous propose systématiquement de faire la récapitulation de ce que nous nous sommes dit, et qui peuvent aussi bien être mobilisées lorsque vous entrez dans une lecture, par exemple avant de commenter un texte à l’écrit.

  • (Qu’est-ce que ce texte ?) La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France est un long poème essentiellement en vers libres : ils n’appartiennent à aucun « mètre » traditionnel (alexandrin, décasyllabe… le mot « mètre » est le terme savant qui désigne un type de vers), pour la plupart. Les vers libres sont donc des vers, comme l’indique le retour à la ligne, mais il n’y a pas obligatoirement de rime (ici, nous n’en avons pas), ni de « mètre » reconnaissable. Nous avons lu le début de ce long poème, et vous présenterez les 42 premiers vers.
  • (Qu’évoque-t-il ?) Le poème dit l’arrivée du poète en jeune homme à Moscou, sur la Place rouge, avant son départ dans le Transsibérien, en un temps où voyager, rappelons-le pour nous qui avons au voyage un accès aisé, demeure exceptionnel. L’épisode, réel, bien qu’il puisse être transformé par l’écriture, renvoie à la vie de Cendrars, qui a voyagé en Russie en 1905.
  • (Quelle signification donner à ce poème ? Quelle est sa portée ? Comment l’interpréter au-delà du sens littéral ?) Plus profondément, le poème élabore une épopée personnelle, en pleine jeunesse ardente, un voyage synonyme d’aventure vers l’ailleurs et vers soi-même. Le poète, nous l’avons dit, paraît mettre sa propre vie en légende. En même temps, la poésie de ce début de XXe siècle, auquel le vers libre donne son dynamisme et sa vigueur, procède d’une déconstruction de la poésie traditionnelle, celle, peut-être, des « voies anciennes ». Nous nous sommes moins attachés à ce point en classe, je vais tâcher de le faire ci-dessous.

Projets de lecture possibles, parmi d’autres

Nous verrons comment ce poème transforme un épisode de jeunesse en moment d’aventure presque merveilleuse.

Nous nous proposons de voir en quoi ce poème, qui raconte un voyage du poète alors adolescent, fonde une légende personnelle, qui célèbre l’adolescence ardente et le monde enchanté par le merveilleux, tout en s’inscrivant dans une forme poétique nouvelle.

Rappelez-vous, on formule le projet de lecture, le fil directeur de notre démonstration APRÈS la lecture, et avant le développement.


Comment relire ce poème en vue de l’oral ?

Une explication linéaire, à l’oral, je le rappelle, c’est une reconstitution de tout le travail de lecture fait en cours, puis prolongé chez vous ; on suit les mouvements du texte, sa progression, comme si on le découvrait au fur et à mesure, alors qu’on sait précisément quelle interprétation d’ensemble on souhaite en donner.

Nous n’avons ici que le tout début de ce long poème, les 42 premiers vers (en cours, je vous avais donné un extrait un peu plus long). Ce début est composé de quatre ensembles, quatre mouvements, que l’on pourrait nommer strophes, en prenant garde de nous rappeler qu’il s’agit de vers libres, et que seul le blanc (et non, par exemple, un système de rimes) indique le passage d’une strophe à une autre. La première compte 11 vers, la seconde, 12, la troisième, 15, la dernière, 4 (c’est le début de la 4e strophe que j’ai conservé exprès).

Notre explication se développera donc en interprétant successivement la première strophe, qui campe le début de cette aventure qu’est le voyage en Russie, puis la seconde, qui donne à voir un Moscou enchanté par le merveilleux et le regard de l’enfant, la troisième, qui opère un retour au poète et à sa façon de voir le monde, (“Pourtant, j’étais fort mauvais poète”, v. 24), avant de nous arrêter aux quatre derniers vers, qui opèrent une boucle avec le début.


Pour préparer cette lecture reconstituée, voici quelques conseils.

  • Relisez le texte que vous avez écrit dans votre carnet ou dans votre classeur sur la façon dont vous perceviez Cendrars, dont vous l'imaginiez sur la Place rouge. C’était le fruit de votre première rencontre avec le poème. Et votre intuition, votre écoute vous ont permis de le mettre en scène, de créer une image mentale liée à tel ou tel passage du poème : cela ouvre une voie de compréhension du texte, selon la posture que vous avez visualisée, l’arrière-plan… Relire et vous remettre votre propre texte en tête, si court soit-il, c’est vous assurer de donner à votre lecture future, si vous passez sur ce poème, une réelle singularité.
  • Reprenez vos notes, bien entendu. Il vous faut, avec la synthèse proposée ci-dessus et ces dernières, reconstituer une interprétation globale du poème, pour que vous n’en perdiez pas le sens, au moment où vous préparerez une explication linéaire (c’est-à-dire une relecture, expliquée dans le détail, qui suivra la progression du texte).
  • Aidez-vous du guide de relecture ci-dessous.
  • Aidez-vous des conseils, après le guide de relecture, pour composer une introduction et une conclusion efficaces.

Guide de relecture et de préparation à l’explication

Le titre évoque le voyage, la modernité, la tradition, et pour en rendre compte, le renouvellement de la poésie.

  • Le terme prose renvoie à une forme non versifiée ; ce qu’aujourd’hui nous appelons vers libre est identifié par Cendrars à de la prose. Contrairement au vers, qui se caractérise avant tout par un retour à la ligne, la prose (du latin prosus oratio : discours simple, direct, continu, qui va tout droit… comme le désir d’aventure, comme le train) est généralement associée à l’évocation de réalités ordinaires, triviales. Même si Cendrars choisit le vers libre, sa poésie est caractéristique de ce début de XXe siècle, qui accorde au réel ordinaire (une ville, des vitrines, des citadins…) une place croissante.
  • Par sa longueur, par la graphie archaïsante du prénom Jeanne dans le titre, et du fait de la dédicace (“Dédiée aux musiciens”), le poème rappelle plutôt la poésie médiévale (qui pouvait être chantée et qui comportait des refrains).
  • Si le Transsibérien est un symbole de modernité en 1913 (date de la publication), la forme du titre emprunte, elle, aux codes d’une poésie ancienne et traditionnelle. Le poème naît dans ce paradoxe.

La première strophe articule l’évocation d’un voyage à Moscou et l’élan de l’écriture, tendue vers une époque et une aventure personnelles presque mythifiées.

  • Quelle interprétation feriez-vous du complément circonstanciel qui ouvre le poème : “En ce temps-là” ? Dites-le à voix haute pour ressentir l’effet de la formule.
  • Le caractère autobiographique s’énonce presque aussitôt ; vous serez attentif à l’expression, elle aussi assez solennelle (“J’étais adolescent” aurait été plus simple). Que déduire de cette solennité, de ce souffle inaugural ? Que s’attend-on à lire ?
  • Vous aurez noté que les vers 1 et 3 comptent 12 syllabes : comment interpréter ces vers d’emblée perçus par l’oreille comme classiques, mais entre lesquels s’intercale un vers qui ne correspond à aucune scansion traditionnelle ? Quel genre de poésie semble vouloir écrire Cendrars ?
  • Dédiée aux musiciens, cette Prose… rapidement fait entendre sa musicalité, mais affranchie de toute contrainte marquée : comment le fait-elle au vers 3, par exemple ?
  • Est-ce selon vous un voyage synonyme de sortie de l’enfance, voire de l’adolescence ? Un voyage initiatique ? Je vous invite à ré-interpréter le second vers.
  • Que suggère le tourbillon de chiffres et le rapprochement entre l’âge et la distance géographique (par-delà l’effet musical engendré par la répétition) ?
  • Vous aurez veillé à la simplicité de la langue, à son prosaïsme : par exemple, l’anaphore « j’étais » contribue à structurer la première strophe. Autrement dit, dans ce poème, le verbe le plus fréquent de la langue française est très présent. Là encore, quel genre de poésie Cendrars entend-il créer ainsi ?
  • Comment interpréter les hyperboles des vers 4 et 5, et le complément à valeur d’épithète homérique après ville dans le vers 4 ? Revoyez si nécessaire ce qu’est une épithète homérique, comme « Ulysse aux milles ruses ».
  • Déjà dans la première strophe se dit la faim de voyage : “je n’avais pas assez…” Montrez que le poète insiste sur cette faim et cette soif.
  • Ayez soin d’insister sur la façon dont Cendrars nous rend sensibles à l’ardeur de l’adolescence.
  • Le voyage est à la fois spatial et temporel : relisez le vers 6 (le temple d’Artémis à Éphèse brûle en 356 av. J.-C.).
  • Prenez soin de reconnaître le jeu poétique avec le mot ardeur qui étymologiquement signifie feu (ardor en latin : chaleur brûlante).
  • Nous avons évoqué ensemble le jeu sur la couleur rouge de la place (en Russe le mot rouge veut dire à la fois rouge et beau, et c’est probablement le second sens qui est à l’origine du nom).
  • Noter la longueur du vers 7 : pourquoi ce vers en particulier se devait-il d’être long ? Que mime ce choix selon vous ?
  • Que seraient ces “voies anciennes” éclairées par le poète ? Nous n’avons pas pris le temps, en cours, de nous pencher sur l’interprétation à construire ici. Première hypothèse : des rues de Moscou, peut-être ? Ou bien, si le poème parle de la création poétique (il le fait par ailleurs), faut-il y lire une allusion aux voies, aux manières anciennes de créer de la poésie, et que renouvellerait ici Cendrars ? Que signifierait le fait que ses yeux “éclairent des voies anciennes” ? Qu’ils déploient, par l’imaginaire, une poésie nouvelle, ou plutôt une poésie faite d’ancien (le vers) et de nouveau (le vers libre, dont la longueur change à chaque ligne, avec des mots simples, prosaïques) ?
  • Il est en tout cas question de poésie dans les deux derniers vers. Comment comprendre cet auto-dénigrement ? Faut-il croire que Cendrars ne sait pas aller au bout… d’un vers ? De la perfection d’écriture que l’on associe traditionnellement à la poésie ?
  • Au terme de la lecture de la première strophe, ce qu’on a lu, c’est un récit, fondé sur un voyage personnel, que transforme l’écriture poétique. Cette dernière change la réalité, pour dire l’ardeur de la jeunesse, le désir de voyager et l’émerveillement. C’est un poète qui métamorphose une errance personnelle en légende, littéralement (“légende” signifie : qui doit être lu), tout en faisant preuve de distance à l’égard de sa propre poésie… comme le suggérait le titre (prose s’oppose en effet à poésie).

La seconde strophe met en scène le paysage moscovite, entre le réel et un imaginaire nourri d’enfance.

  • Relisez la première comparaison : qu’évoque-t-elle ? Songez au jeu sur le mot tartare, qui désigne un peuple vivant entre l’Oural et l’Océan pacifique (en Sibérie notamment).
  • La métaphore du gâteau est filée sur plusieurs vers : Cendrars donne à voir un monde sous la forme d’un dessert géant. Il fait littéralement de l’or, non avec de la boue, mais avec les édifices de la Place rouge : c’est un autre type d’alchimie que celui que nous avons vu chez Baudelaire. On percevrait ici moins la place que l’émerveillement de cet adolescent qui voit le monde comme un enfant.
  • Sur le vieux moine et la légende de Novgorode : il est difficile de savoir à quoi exactement fait allusion le poète, qui après avoir proposé une description enfantine, évoque un « vieux moine ». La légende de Novgorode (très ancienne ville de Russie, la plus ancienne a priori) serait un récit écrit par Cendrars, mais que personne n’a jamais lu. Est-ce une façon de suggérer encore le désir de voyager, mais cette fois-ci dans le temps (comme avec le temple d’Éphèse) ?
  • Soyez attentifs à la brièveté du vers 17 : « j’avais soif » : pourquoi selon vous isoler ces mots en un vers ? Quel effet cela produit-il ?
  • De nouveau, Cendrars mêle le temps présent - le début du XXe siècle russe, fantasmé, et un temps ancien : la légende de Novgorode, les caractères cunéiformes (relatifs à l’écriture mésopotamienne, auxquels l’écrivain compare peut-être les caractères de l’alphabet cyrillique). Son voyage n’est pas seulement un voyage dans l’espace. C’est aussi un voyage dans le temps, dans des histoires, dans l’écriture (l’écriture cunéiforme est la plus ancienne forme d’écriture connue). Un monde est à déchiffrer, une écriture nouvelle à inventer pour le fixer sur la page.
  • Le poète continue de privilégier l’imparfait, comme au premier vers : c’est toujours le début d’un conte ; pourtant l’imparfait ici est celui de l’habitude (tout à coup les pigeons s’envolaient). Ce sont des images que le poème fixe, grâce à la valeur aspectuelle de l’imparfait, qui montre les événements dans leur épaisseur, inachevés, dans leur déroulement (contrairement au passé simple, qui les évoque comme déjà terminés).
  • Le mot réminiscence apparaît ensuite pour désigner ces images fixées par l’écriture.
  • L’envol des mains signale-t-il que le poète trouve sa voie ? L’allusion à un célèbre poème de Baudelaire est évidente ; que signifierait cet envol ?
  • L’église du Saint-Esprit, détruite depuis, est une des plus anciennes églises de Moscou. Ce qui est intéressant, ici, c’est que Cendrars ne mentionne pas l’église : par ce raccourci, les pigeons sur le toit de l’église du Saint-Esprit devient “les pigeons du Saint-Esprit”. Quel effet selon vous cette économie poétique produit-elle ?
  • Comment interpréter l’insistance sur l’adjectif “dernier” à la fin de la strophe : de quel voyage s’agit-il ? Le dernier voyage, celui de la mort, comme dans “Le voyage” de Baudelaire que vous avez commenté, et qui lui aussi évoque la mer ? Comment Cendrars pourrait-il dès lors en avoir des réminiscences, alors qu’il n’a pas voyagé en mer pour gagner la Russie ? Sont-ce des réminiscences… de poèmes, d’œuvres littéraires qu’il aurait en mémoire ? Qu’en dites-vous ?Quoi qu’il en soit, le voyage poétique proposé par Cendrars transfigure le réel.

La troisième strophe, quant à elle, opère un retour au poète, comme si le récit de ce voyage devenu mythe personnel offrait l’occasion de s’interroger sur lui-même, sur l’ardeur de sa jeunesse, autant créatrice… que destructrice.

  • Comment comprendre ce « pourtant » ? Est-ce parce que le poète aurait effectivement comme les pigeons, soutenus par le Saint-Esprit, dans une atmosphère mystique, pris son envol ?
  • Vous retrouvez l’auto-dénigrement de nouveau, avec la répétition de la même formule, légèrement modifiée.
  • Après la soif, la faim apparaît au vers 26 : s’agit-il de camper Cendrars en poète désargenté, maudit, marginal ? Ou bien, est-ce métaphoriquement une faim de découverte ?
  • L’énumération qui succède à l’évocation de la faim développe celle-ci, comme si l’appétit de Cendrars se déployait dans le réel (un insatiable appétit de s’aventurer et d’écrire ?). Faut-il comprendre que la destruction fait partie de cet appétit, qu’elle lui donne sa force ? Faut-il lire la force destructrice qui s’exprime comme une métaphore de ce qu’est la création poétique à l’époque de Cendrars, à savoir, une rupture avec les formes traditionnelles, par une poésie éclatée, en vers libres, qui a le dynamisme de la modernité du XXe siècle, et qui s’attache au réel, à la ville ?
  • Observez la répétition grammaticalement inutile de la conjonction “et” (c’est ce qu’on appelle une polysyndète, puisque certains “et” sont là en plus, sans être nécessaires). À quoi sert-elle selon vous ?
  • Vous insisterez dans votre explication sur le recours aux verbes synonymes de “détruire”.
  • Comment se dit, au vers 35, le mélange d’appétit destructeur et de désir charnel, d’éveil des sens ?
  • À cette fureur adolescente correspond la révolution (non pas celle d’octobre 1917 dont Cendrars ne peut avoir d’idée encore, mais un épisode de révolte réprimée datant de 1905).
  • Cette strophe s’achève sur l’image du “brasier”, qui concentre à la fois le paysage, rouge et beau, la dévoration du monde par les yeux du poète, et son ardeur sensuelle d’adolescent.

Les premiers vers de la quatrième strophe opèrent une boucle, en revenant aux tout premiers vers du poème.

  • La répétition du premier vers relance le texte, et n’est pas sans évoquer l’effet de refrain d’anciennes formes poétiques disparues, comme la ballade. Vous pouvez insister sur l’une ou l’autre de ces lectures. Mais peut-être percevez-vous cette répétition autrement ?
  • Observez le changement opéré entre le premier vers du poème et le vers 40. Comment l’interprétez-vous ?
  • Vous retrouvez deux motifs essentiels de ce début de poème au vers 41, concentrés en une image (il est plus efficace de parler de motifs que de champs lexicaux : vous voyez comme j’évite cette expression qui, souvent, entrave l’analyse plus qu’elle ne l’aide).
  • Notre extrait s’achève sur le vers 42, lui aussi une variante de vers précédents, et notamment du vers 5. Mais l’image est nouvelle : que deviennent ici les gares ? Comment le poète met-il en avant le rôle que joue son regard sur le monde ?

Quelques éléments pour l’introduction

Des phrases éclairantes, qui pourraient vous aider à amorcer votre propos le jour de l’oral

  • Picasso a dit du poète le célèbre mot suivant : « Cendrars, le poète qui est revenu de la guerre avec un bras en plus ». On se rappelle que Cendrars a perdu un bras lors du premier conflit mondial.
  • Philippe Soupault, figure du Surréalisme encore à naître alors que Cendrars écrit son long poème, aura cette formule, que j’ai évoquée en cours : « Il m’apprit (…) qu’il fallait vivre la poésie avant de l’écrire ».
  • Le poète Henri Michaux, dont vous vous rappelez peut-être, puisqu’il a été de ceux qui nous ont aidés à inaugurer notre année (“J’appelle”), dit de Cendrars : « Lui et ses problèmes avaient le voyage dans le ventre ».
  • Laissons pour finir la parole au poète : évoquant la Prose du Transsibérien…, il dit : « Toute vie n’est qu’un poème, un mouvement ».
  • Et un mot de lui encore, en réponse au journaliste Pierre Lazareff, qui lui demande s’il a vraiment pris le Transsibérien : « Qu’est-ce que ça peut faire puisque je l’ai fait prendre à tous ». Ce propos malicieux fait penser au dernier paragraphe du poème en prose “Les fenêtres” de Baudelaire (à qui l’on doit d’avoir donné au poème en prose ses lettres de noblesse, bien qu’il n’en soit pas l’inventeur), qui après avoir rêvé la vie d’une femme entraperçue à la fenêtre de chez elle, s’exclame : “Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ? »”

Pour bâtir la suite de votre courte introduction, je pense que vous êtes largement prêts désormais. Vous savez à présent comment construire ce propos progressif ; vos notes doivent vous permettre de présenter brièvement le poète, son nom, le titre de son recueil, sa vie de voyage ainsi mise en poésie, vécue sans doute, même si elle l’a été en partie par l’imagination, puis le poème, publié dans une édition magnifiée par le travail pictural de Sonia Delaunay. Référez-vous si nécessaire aux autres guides de relecture proposés sur Lettrines et Pearltrees.

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