À venir :
Des conseils pour bien se préparer en amont de l’exercice. Jusqu’à présent (au 2 octobre 2026), ce que vous trouvez ici, ce sont des conseils pour faire une dissertation.
À écouter : explications sur la démarche adoptée ici
Commencez par écouter cette introduction à notre travail :
Un conseil essentiel
Exemple de sujet de dissertation
Exemple de sujet sur Pour un oui ou pour un non, de Nathalie Sarraute :
Dans Pour un oui ou pour un non, le langage permet-il aux personnages de s’entendre ?
Dans l’immédiat, pour de simples raisons pratiques et de calendrier, je laisse très temporairement de côté les indispensables étapes d’analyse du sujet, de problématisation, de recherche d’arguments et de fabrication d’un plan pour construire une dissertation sur ce sujet. Nous y reviendrons ensemble.
Supposons que dans le développement d’une dissertation sur ce sujet, je défende, entre autres, la thèse suivante : du fait même du langage, les personnages ne parviennent pas à « s’entendre », (verbe que provisoirement je propose d’interpréter dans le sens de « comprendre »). Cette thèse serait l’idée directrice d’une des parties du développement.
Ébauche de plan de dissertation
Voici une ébauche de plan de dissertation, que je ne fournis ici que pour que vous situiez le paragraphe donné plus loin en guise d’exemple : je l’explique dans l’audio ci-après. C’est un tout à fait fictif, vous l’aurez compris : ici, je rédige une sous-partie alors que mon plan est inachevé. Dans la réalité, ce sera bien sûr l’inverse.

Exemple d’argument
Mais si les personnages peinent à s’entendre, c’est aussi parce que chacun d’eux a sa façon particulière de s’exprimer, son idiolecte, en partie inaccessible à l’autre.
Exemple de paragraphe (= de « sous-partie » de dissertation)
On vous demande souvent, en français comme dans d’autres matières, de « développer ». Retenons que développer, c’est expliquer, ou, si vous préférez, déplier. Déplier un argument, c’est le rendre clair, compréhensible par votre lecteur.
C’est aussi l’illustrer par un ou plusieurs exemples précis, situés dans l’œuvre, eux-mêmes clairement expliqués. On pourra donner corps à chaque exemple par des citations.
Mais si les personnages peinent à s’entendre, c’est aussi parce que chacun d’eux a sa façon particulière de s’exprimer, son idiolecte, en partie inaccessible à l’autre. C’est le cas tout particulièrement de H. 2 : les images, notamment, abondent dans ses répliques. Face à ses voisins, il accuse par exemple H. 1 de toujours vouloir « l’attirer là-bas », dans les « régions » que ce dernier habite. Alors que la métaphore est ordinairement un instrument éclairant, elle tend ici à opacifier le sens : ce que l’on pourrait plus clairement appeler milieu social, ou encore cercles au sein desquels évolue H. 1, H. 2 le nomme ainsi obliquement, par des images, ce qui suscite l’incompréhension, voire l’agacement de ses interlocuteurs. Mais dans ses propos, l’implicite aussi peut être en cause : alors qu’il nie avoir sciemment cité Verlaine l’air de rien, et tenté par là de se faire valoir, H. 1 lui rétorque : « Si. Tu l’as dit. Implicitement. » Le reproche est particulièrement sec et péremptoire. Les images, les imprécisions, l’implicite gênent la compréhension ; pire, ils sont susceptibles de provoquer la colère de l’autre, parce qu’ils sont entachés de soupçons : H. 2 ne parle-t-il pas ainsi exprès ?
Entraînez-vous à la rédaction d’un paragraphe (= une sous-partie)
Reprenez le sujet ci-dessus. Supposons que vous défendiez l’une de ces deux thèses opposées :
- Il arrive que le langage permette aux personnages de s’entendre.
- Le langage contribue aux mésententes voire au conflit entre H. 1 et H. 2.
Pour défendre l’une de ces deux pistes, relisez mentalement les scènes de la pièce que vous avez retenues, peut-être celles que vous avez choisi de lire à voix haute en cours. L’une d’elles peut-elle permettre de justifier une de ces thèses ? Si tel est le cas, vous disposez d’un exemple. Quel argument pouvez-vous en tirer ?
S’il vous est plus aisé de formuler un argument avant de penser à une scène qui en offrirait une illustration, vous pouvez aussi procéder ainsi : pour quelle raison peut-on affirmer que (thèse 1, ou thèse 2) ? Une fois l’argument énoncé, adossez-le à un exemple tiré de la pièce.
Puis rédigez votre paragraphe.
Exemple de copie d’élève
Sur un sujet qui portait sur Les Fleurs du mal de Baudelaire, voici des extraits d’une copie d’élève.


Quelques explications, si nécessaire, en audio (enregistrement ancien) :
La conception de la dissertation complète
Si j’en ai le temps, j’éditerai cette vidéo en ajoutant du texte. J’explique ici les étapes que je vous recommande de suivre pour concevoir une dissertation complète.
Les étapes que je vous recommande de suivre
- En quelques minutes, constituer un mémento de l’œuvre (un inventaire des citations).
- Circonscrire et analyser le sujet, dégager une problématique.
- Rechercher des arguments (avec, à l’esprit, votre problématique et votre mémento de l’œuvre) // Structurer vos arguments (= élaborer un plan). Ces deux étapes peuvent se faire successivement, dans l’ordre qui vous convient, ou en même temps, dans une sorte de constant aller-retour de l’une à l’autre. Un conseil : ne figez pas votre plan trop tôt, de crainte qu’un argument ou un exemple intéressant et tardivement trouvé ne puisse y trouver place par la suite.
- Idéalement, rédigez une première version de l’introduction et de la conclusion.
- Rédigez l’ensemble de votre copie. Consacrez la moitié du temps à cette étape, guère moins.
Attention, ce que dit cette séquence de travail occulte le fait qu’on repasse souvent d’une étape à une autre ; d’autre part, lorsque vous rédigez, il vous faut avoir sous les yeux votre problématique et le sujet, pour éviter le hors-sujet. L’erreur la plus fréquente, ces dernières années, consiste en une dissertation intéressante, nourrie de l’œuvre, mais qui ne répond pas à la question posée.
Comment se préparer à la dissertation, en amont de l’exercice ?
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
- Apprendre par cœur des dissertations toutes faites sur des sujets qu’on espère voisins du sujet de Bac (ou de DST) : en procédant ainsi, non seulement on ne comprend pas la démarche dissertative (penser par soi-même une question), on ne travaille pas sur l’œuvre non plus, mais surtout, on essaie, le jour J, de répondre à la question posée avec d’autres éléments de réflexion que ceux que l’on pourrait et qu’il faudrait développer : on fait un hors-sujet.
- Apprendre des citations toutes faites, supposément extraites de l’œuvre, piochées sur le web ou produites par une IA (de surcroît, le texte de Pour un oui ou pour un non n’est pas dans le domaine public : une IA inventera des phrases imitées de Nathalie Sarraute à partir de fragments du texte). En procédant ainsi, on n’entretient là encore aucun rapport personnel à l’œuvre ; on reproduit des citations que d’autres reproduiront aussi (cela se verra) ; on prend le risque (important) d’écrire des citations inexactes.
- Apprendre et appliquer sans réflexion des types de plans, avec une sorte de moule figé, du pré-pensé. Chaque sujet est en réalité susceptible de donner lieu à des plans différents. Les sujets de Bac depuis 2019 sont particulièrement ouverts. Connaître des types de plans peut vous rassurer, certes (plan thématique, plan analytique, plan dialectique…). Mais cela n’aide guère en situation dans l’analyse du sujet. Et c’est oublier qu’un plan, c’est une pensée qui progresse : penser le plan sans la pensée qui en est le contenu n’a aucun sens.
Ce qui fonctionne
- Lire et relire l’œuvre, stylo en main. Prélever des extraits riches de sens à vos yeux, tout au long de l’œuvre ; les commenter pour vous-même, à l’écrit. Puis les mémoriser.
- Mettre par écrit, puis mémoriser la structure de l’œuvre, telle qu’elle vous apparaît après la lecture, et à l’aide des cours. L’objectif est d’être capable de faire défiler l’œuvre mentalement en quelques instants, en ayant ses grands jalons en mémoire.
- S’entraîner sur des sujets existants, d’abord sans limite de temps, puis en travaillant en temps limité.
