Livre ancien ouvert sur une table

Compléments et aide à la relecture de la scène autour de Verlaine (lecture 3/16)

en cours d’écriture au 11 oct. Cours à venir


Le poème de Verlaine que cite H. 2, consciemment ou non

« Le ciel est, par-dessus… »

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu’on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l’arbre qu’on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

– Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

Paul Verlaine, Sagesse (1881)


Le « petit pan de mur » : une autre inspiration du côté de Vermeer (et de Proust) ?

J. Vermeer, Vue de Delft, 1660-1661

Dans le cinquième tome d’À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, intitulé La Prisonnière et publié en 1923, le romancier Bergotte, qu’admire le narrateur, s’écroule et meurt alors qu’il était en train d’admirer « le petit pan de mur jaune », un détail situé à droite du tableau de Vermeer, Vue de Delft.

Voici l’extrait en question :

Enfin il fut devant le Ver Meer qu’il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu’il connaissait, mais où, grâce à l’article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu’il veut saisir, au précieux petit pan de mur. “C’est ainsi que j’aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune.” Cependant la gravité de ses étourdissements ne lui échappait pas.