Livre ancien ouvert sur une table

Compléments et aide à la relecture de la scène autour du vers de Verlaine (lecture 3/16)

en cours d’écriture au 3 novembre ; séance en cours.


Le PDF avec les quatre textes étudiés au cours du premier chapitre

Vous trouverez ci-dessous les trois extraits de la pièce que nous étudions, ainsi qu’un texte écho issu d’une pièce de Michel Vinaver, lui aussi travaillé dans la perspective de l’explication de texte à l’oral du Bac.

Attention, ne prêtez pas d’attention à la mention « chapitre II » : c’est un reliquat du document de l’an dernier, que je n’ai pas jugé indispensable de reprendre. Merci de votre compréhension.


Délimitations de l’extrait

De : « H. 2, l’observe un instant. S’approche de lui, lui met la main sur l’épaule : »

à : « H. 2 : Quel bout de lard ? »


Pour situer le texte

H.1, vexé à la suite d’un long échange sur le bonheur qui a considérablement accru la tension entre eux, a failli quitter les lieux. Mais sur le départ, il s’est arrêté pour regarder au dehors.

Notre extrait commence donc alors que la tension, qui avait atteint dans la pièce un premier point haut, paraît retomber.


Compléments

Le poème de Verlaine que cite H. 2, consciemment ou non

« Le ciel est, par-dessus… »

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu’on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l’arbre qu’on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

– Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

Paul Verlaine, Sagesse (1881)


Le « petit pan de mur » : une autre inspiration du côté de Vermeer (et de Proust) ?

J. Vermeer, Vue de Delft, 1660-1661

Dans le cinquième tome d’À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, intitulé La Prisonnière et publié en 1923, le romancier Bergotte, qu’admire le narrateur, s’écroule et meurt alors qu’il est en train d’admirer « le petit pan de mur jaune », un détail situé à droite du tableau de Vermeer, Vue de Delft (Johannes Vermeer est un célèbre peintre hollandais du XVIIe s.).

Voici l’extrait en question :

Enfin il fut devant le Ver Meer qu’il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu’il connaissait, mais où, grâce à l’article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu’il veut saisir, au précieux petit pan de mur. “C’est ainsi que j’aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune.” Cependant la gravité de ses étourdissements ne lui échappait pas.