Livre ancien ouvert sur une table

Qu’est-ce qu’une proposition subordonnée complétive ?

Pourquoi étudier la langue, en particulier les propositions subordonnées ?

Étudier, comprendre, nommer, classer : ces gestes vont vous aider, in fine, à affiner votre expression et votre compréhension des énoncés élaborés. Je m’explique ici en deux temps :


Qu’est-ce qu’une phrase simple ? Qu’est-ce qu’une phrase complexe ? Qu’appelle-t-on proposition ?

Voici quelques rappels. N’ayez aucune honte à les écouter, même si vous êtes en Première. Sans ces fondements, impossible de travailler sereinement sur la suite. Si vous êtes très à l’aise avec ces aspects fondamentaux du fonctionnement de la langue, passez à la suite.

Qu’est-ce qu’une phrase simple ?

Exemples : Je lis un livre. Je suis lycéen.


Qu’est-ce qu’une phrase complexe ?

Exemple : Je lis un livre que tu m’as prêté.


Comprendre ce qu’est une proposition subordonnée conjonctive complétive

J’écris et dis parfois dans ces audios et vidéos : complétive, tout court. Le nom complet est : proposition subordonnée conjonctive complétive. Tout est expliqué dans la vidéo.

Un bref audio pour commencer : avec une complétive, on retrouve, au sein d’une phrase complexe, la structure même de la phrase simple (sujet, verbe, complément) :

Exemple : Je veux que tu reviennes.

Analyse : Je = sujet ; veux = verbe ; que tu reviennes = complément (la complétive est donc… complément du verbe, ce que vous connaissez sous le sigle de COD : complément d’objet direct).

Voici l’explication détaillée :

Exemple de phrase (je souligne la proposition subordonnée) : Je veux que tu reviennes.

  1. Test de suppression : *que tu reviennes n’est pas une phrase complète. C’est une proposition qui dépend d’une autre (qui est subordonnée à une autre proposition). Symétriquement, *Je veux nécessite aussi d’être complétée. Le test montre que la suppression d’une complétive est impossible.
  2. Test de déplacement : *Que tu reviennes je veux : ce test révèle l’impossibilité du déplacement d’une complétive.
  3. Test de remplacement : Je veux du chocolat ; je veux ton retour ; je le veux. On peut remplacer une complétive par un groupe nominal (ou un pronom, qui en est l’équivalent : ici, le pronom LE).

Bilan

Pour comprendre ce qu’est une subordonnée conjonctive complétive :

  • pour analyser une phrase complexe et identifier ses propositions, repérez d’abord les différents verbes de la phrase : chacun est le noyau d’une proposition. Il y autant de propositions que de verbes dans une phrase complexe.
  • Une proposition est subordonnée si elle est incluse dans une autre proposition : que tu reviennes est emboîtée dans Je veux […].
  • Une complétive permet qu’une phrase soit complète, parce que dans la plupart des cas, elle occupe la place d’un constituant essentiel de la phrase : sujet ou complément du verbe. Exemples : Je veux que tu reviennes (complétive COD). Que tu rentres à la maison me fera plaisir (complétive sujet).

Pour la reconnaître :

Pour reconnaître une proposition subordonnée conjonctive complétive, faites les trois tests suivants :

  1. suppression (elle doit être impossible),
  2. déplacement (il doit être impossible),
  3. remplacement par un groupe nominal ou GN (elle doit être possible).

Pour l’employer :

Fabriquez des complétives avec les débuts de phrase suivants, en imitant ce que propose la première phrase :

Je souhaite que tout se passe bien.

Il désire…

Elle craint…

Il faut…

Ci-dessous, la complétive est sujet de la phrase ; écrivez la proposition principale, sur le modèle de la première phrase :

Que ce film soit réussi est une certitude.

Qu’il faille rentrer plus tôt…

Que le train soit en retard…

Que le temps soit clément…


Pour aller plus loin

Quel rôle une complétive peut-elle jouer dans une phrase, c’est-à-dire quelle fonction peut-elle occuper ?

On a vu qu’une complétive pouvait être remplacée par un groupe nominal : c’est le troisième test proposé ci-dessus pour la reconnaître. On peut en déduire qu’une complétive peut occuper les mêmes fonctions qu’un GN dans une phrase :

– le plus souvent COD, c’est-à-dire complément d’objet direct du verbe de la proposition principale : J’ai l’espoir que tout recommence.

– Plus rarement, sujet : Que ce roman soit complexe est une évidence.

– Assez fréquent, attribut du sujet : Le plus impressionnant est qu’il ait tenu jusqu’à la fin.

– Dans quelques cas, compléments du nom, lorsque que nom n’a pas de sens à lui seul : L’idée qu’il vienne me réjouit. Le fait que tu aies réussi me fait très plaisir. Dans ces cas-là, on peut supprimer « le fait », « l’idée », et on retrouve des complétives sujets.


Passez à la pratique : employez une complétive sujet dans vos projets de lecture.

Que cette scène soit l’apogée de la tension entre les deux personnages, c’est ce que je vais tenter de démontrer au cours de mon explication.

Que cette scène offre une exposition paradoxale, tel sera le fil conducteur de ma lecture.

La complétive dynamise la phrase : l’intonation monte jusqu’au deuxième membre de votre phrase (ici, jusqu’à « personnages »).


Entraînez-vous en vue de la question de grammaire à l’oral du Bac

Extrait de la lecture 2/16 : la scène avec les voisins, dans Pour un oui ou pour un non.

« H. 1 : […] Mais je dois dire qu’il a toujours gagné sa vie. »


À vous d’analyser celle-ci :

« H. 2 : Il faut vous dire d’abord que jamais, mais vraiment jamais je n’ai accepté d’aller chez lui. »