Préambule : phrase complexe, pensée complexe : de la photo au film
Observation, manipulation, analyse
Ci-après, et en cours, je dirai souvent : « complétives ». On désignera par là les propositions subordonnées conjonctives complétives.
Ici, on étudie les cas les plus fréquents dans la langue.
Les complétives sont fréquentes dans la langue de tous les jours.
J’espère que tu vas revenir vite.
Je voudrais que l’on puisse voir le lever de soleil.
Complétez chacun de ces débuts de phrase par une complétive.
J’aimerais…
Je crois…
Il faut…
Quels sont les points communs entre ces propositions ?
- Elles sont introduites par que.
- Elles sont situées après un verbe (c’est le cas le plus fréquent en français).
- Elles sont (du point de vue de la construction de la phrase) équivalentes à un GN : J’aimerais du chocolat. Il faut du sel.
Autre exemple pour ce dernier point :
Je souhaite que tu reviennes. Je souhaite ton retour.
À retenir
Trois points à avoir en tête : comment les construit-on ? Quelle fonction occupent-elles ? Comment les reconnaître ?
Entraînement 1
Voici des extraits du premier texte extrait de Pour un oui ou pour un non que nous avons étudié.
Les questions que je vous invite à vous poser pour mener votre analyse :
- Combien de verbes conjugués cette phrase comprend-elle ? Donc, combien de propositions ?
- Quelle est la proposition qui dépend de l’autre (la subordonnée par rapport à la principale) ?
- Par quel mot cette proposition subordonnée est-elle introduite (ici, une conjonction de subordination, d’où le mot « conjonctive ») ?
- Pourquoi peut-on dire que cette proposition subordonnée est une conjonctive complétive ? Trois tests à réaliser : suppression, déplacement, remplacement par un GN.
- Quelle fonction occupe-t-elle ?
Les deux dernières questions (vos deux dernières peuvent être interverties.
Entraînement 2
Lisez le second extrait de Pour un oui ou pour un non que nous avons étudié. Repérez des propositions subordonnées complétives, puis analysez-les comme ci-dessus. Un indice pour vous aider : toutes ici sont compléments d’objet direct du verbe.
Aller plus loin
La complétive peut occuper d’autres fonctions :
- Attribut du sujet : L’objectif est que tu puisses atteindre le sommet. C’est fréquent.
- Complément du nom, quand ce nom nécessite un complément (parce qu’il n’a pas de sens seul) : Le fait que tu viennes me fait plaisir. L’idée que l’on parte bientôt me réjouit. Ce cas est fréquent également.
- Sujet : Que l’on parte bientôt me réjouit. C’est assez rare aujourd’hui, mais l’effet rhétorique est intéressant : le sens de la phrase est suspendu jusqu’à l’énoncé du verbe. Si vous regardez bien, c’est très proche du cas précédent.
